Chronique album : Tunng - Songs You Make At Night - Sound Of Violence
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Tunng

Songs You Make At Night

Tunng - Songs You Make At Night
Chronique Album
Date de sortie : 24.08.2018
Label : Full Time Hobby
4
Rédigé par François Freundlich, le 7 août 2018
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C'est avec une joie non dissimulée que nous retrouvons les pionniers du genre folktronica, cinq longues années après leur précédent disque Turbines. La bonne nouvelle est que le groupe est revenu à son line-up originel. Sam Genders s'occupait de Diagrams, laissant Mike Lindsay aux commandes malgré ses incartades avec Chiek Mountain Thief et son récent projet LUMP avec Laura Marling. Les deux n'avaient pas collaboré depuis le fameux album Good Arrows en 2007, un retour qui présage évidemment du meilleur.

La symbolique du rêve est omniprésente dans ce Songs You Make At Night qui ne semble être qu'un long songe éveillé aux sonorités flottantes et méticuleuses. Nous retrouvons la voix emplie d'émotions de Mike Lindsay, toujours sur le fil. Elle est souvent doublée par celle de Becky Jacobs, qui prend de plus en plus le lead vocal. Sa voix nous attire alors comme un chant de sirène dans une clarté éphémère. Les sonorités synthétiques prennent toute leur place sur le début du disque, ne laissant l'organique qu'à cette voix monocorde au phrasé particulier mais ornée de reflets colorées. Des basses synthétiques alourdissent la douce mélodie folk qui semble évoluer dans une apesanteur constante. Les synthés deviennent parfois assez rapides pour devenir dansants avec ces influences 80's à l'écho prononcé. On pense parfois à The Notwist ou à Chromatics sur ces trois premiers titres aux instrumentaux multi-couches. La tournure prise est parfois surprenante comme sur Dark Heart et son sample vocal répété, mais super efficace. Ce titre électro au tempo plus élevé n'est pas un remix, mais bien le titre original.

On retrouve l'influence cinématographique de Sam Genders sur certains passages. On pense à Kavinsky sur Sleepwalking, ou à des ambiances fantomatique Burtonienne sur Nobody Here. Les beats acides étouffés prennent leurs droits pour nous tourmenter. Tunng poussent l'expérimentation toujours plus loin en ajoutant une pièce de puzzle Drone à leurs sonorités toujours plus tarabiscotées.
La guitare acoustique apparaît pourtant autant qu'auparavant comme sur Crow, une précieuse ballade qui parvient à nous rafraichir la peau même pendant la canicule. Ce disque ne fait que nous exciter pour mieux nous calmer à l'image des chœurs féminins de Battlefront s'élevant dans un certain psychédélisme. Tunng possèdent cette capacité à produire des singles marquants comme Flatland et sa mélodie simple et berçante en duo vocal masculin féminin. Ses évolutions orientales font parfois penser à Tune Yards. Juste après un autre délire synthétique, Tunng semblent vouloir nous jouer Blackbird au coin du feu sur Evaporate, comme pour nous rassurer et nous dire « Ne vous inquiétez pas : tout va bien ». Mais à un moment on ne les croit plus et on s'attend à tout.

La surprise est une émotion permanente avec Tunng et ce sixième album ne fera pas défaut dans leur riche discographie. On ne peut que conseiller de se perdre dans ses méandres subaquatiques, de préférence la nuit.
tracklisting
    01. Dream In
  • 02. ABOP
  • 03. Sleepwalking
  • 04. Crow
  • 05. Dark Heart
  • 06. Battlefront
  • 07. Flatland
  • 08. Nobody Here
  • 09. Evaporate
  • 10. Like Water
  • 11. Dream Out
titres conseillés
    Flatland, ABOP, Nobody Here
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