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Reeperbahn Festival

Hambourg, du 22 au 25 septembre 2021

Live-report rdig par François Freundlich le 7 octobre 2021

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Après un vendredi dantesque à tous points de vue, un quatrième jour de festival est toujours un peu compliqué à gérer physiquement mais tout est planifié pour passer un excellent samedi. Le plan ne se passera pas du tout comme prévu puisque des annulations et des concerts complets vont totalement chambouler mon programme. C'est parti pour un dernier jour inattendu au Reeperbahn Festival.

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Je débute l'après-midi tout en douceur devant une scène installée dans un bus sur la place centrale de l'avenue Reeperbahn. La Berlinoise Mulay s'installe accompagnée d'un guitariste acoustique pour nous enchanter de sa douce voix suave. Elle nous transporte avec des ballades flirtant avec une soul rappelant Norah Jones ou des intonations R&B inspirée par fka Twigs. Elle y ajoute quelques intonations trip-hop desquelles ressortent une certaine mélancolie et une langueur toute particulière. Avec ses titres profonds et délicats, Mulay possède une part de mystère insaisissable qui parvient à faire frissonner l'audience.

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Il est temps de rejoindre le village du festival où une toute autre ambiance nous attend avec la pop colorée de Hedda Mae. La norvégienne marche dans les pas de sa compatriote Sigrid mais avec des influences plus vastes allant de Carly Rae Jepsen à Britney Spears. Libérée et accompagnée de son groupe vêtu de polos beiges, Hedda Mae entre en scène comme une pop-star et enchaîne les pop-songs hyper catchy et dansantes. Ses cheveux rouges volent au vent d'Hambourg, qui a enfin retrouvé un soleil brillant. Où est-ce ce groupe qui est parvenu à changer la météo ? Hedda Mae est en tout cas ravie d'être là devant un public qui accueille positivement ces tubes radiophoniques, parfois un brin vintage. On pense parfois aux Jackson Five sur certains claviers groovy, ce qui ne peut qu'inciter à la vibration, comme le ferait la simplicité d'un ABC. Soleil et pop facile, c'est tout ce qu'on demandait pour un réveil en douceur.

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La suite du show est assurée sur cette même scène extérieure par un groupe local de Hambourg assez prometteur : M. Byrd. Le jeune chanteur livre un rock classique aux échos 80's de Dire Straits ou rappelant plus récemment The War On Drugs. Sa voix juvénile fredonnée s'extirpe à peine de solos de guitares à la reverb' languissante et de quelques nappes synthétiques divagantes. M. Byrd laisse s'exprimer de longues plages instrumentales saisissantes pour mieux nous gratifier de l'émotion palpable de sa voix tout en douceur. Son slow rock rafraichissant pousserait presque à s'allonger au soleil et à se laisser transporter. M. Byrd fût l'un des bonnes découvertes de ce samedi avec des morceaux dotés d'une certaine maturité, n'ayant pas laissé indifférent dans les travées.

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Je me dirige vers l'espace des sessions acoustiques pour tenter d'apercevoir les anglais de King Hannah. Ce ne sera finalement d'un seul qui titre qui sera joué par le duo de Liverpool dans une quiétude qui tranche avec l'ambiance du festival. On se laisse charmer par une douce voix fredonnée de Hannah Merrick, rappelant Mazzy Star. D'une rugosité brute, cette folk soyeuse et déchirante nous prend directement par les sentiments. J'espère à ce moment pouvoir en voir plus lors de leur concert dans la soirée...

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Mais c'est le début des chamboulements d'emploi du temps puisqu'alors que j'espère assister au concert de l'excellente songwriter anglo-pakistanaise Nabihah Iqbal, j'apprends dans la file d'attente que sa venue est annulée. C'est le trio de Liverpool All We Are qui monte finalement sur scène pour la remplacer. Composé d'un chanteur et batteur brésilien, d'un guitariste irlandais et d'une chanteuse et bassiste norvégienne, ce groupe atypique déploie des compositions à l'ambiance funky 80's inspiré notamment par Prince. On ne parle évidemment pas là des improvisations et des débordements du Love Symbol puisque leur son est bien plus léché, cadré, maîtrisé et pour ainsi dire, millimétré. On est d'ailleurs surpris par tant d'aisance et de perfection et on aimerait que la machine bien huilée surprenne parfois un peu plus. Les voix sont un peu trop lisses pour me faire vibrer, All We Are restent un peu trop en surface pour émerveiller vraiment. On pourrait comparer leur groove tout puissant à Metronomy car leurs titres sont incroyablement entraînants. Mais même si l'ambiance dégagée est globalement positive dans cette maîtrise totale, il aura manqué cette petite touche qui peut faire tout dérailler à tout moment pour nous exciter réellement.

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Je décide de rejoindre le club Molotow devant laquelle s'étire encore une file d'attente énorme. Mais cette fois, plus de passe-droit pour la presse et me voilà obligé de rester à l'arrière, ce qui est assez normal compte tenu des jauges réduites depuis quatre jours. J'abandonne finalement le concert de Francis Of Delirium déjà complet pour tenter de rejoindre la lointaine Resonanzraum, dans un périple haletant... en trottinette. Malgré tout, essoufflé à l'arrivée, on m'annonce que le concert de Ajimal n'est pas complet : victoire ! Le songwriter de Newcastle s'installe derrière son piano à queue dans cette grande salle habituellement réservée à la musique classique. Le son est effectivement parfait et il ne s'agit pas de poser son verre de vin rouge trop rapidement, sous peine de l'entendre résonner, ou resonanzer comme on dit ici. Les compositions lumineuses de l'anglais Fran O'Hanlon, dit Ajimal, s'adaptent parfaitement au lieu. Il est accompagné d'un DJ producteur qui ajoute quelques beats électroniques au piano-voix voluptueux et intense. La voix s'élève dans des aigues délicieux, à l'image d'un Bon Iver. On retiendra le mélange de classique et d'électro sur How Could You Disappear et la complainte de cette voix qui s'élève pour nous faire frissonner. Dans un passage plus folk, Ajimal se saisit de sa guitare acoustique pour une version bouleversante et souriante de sa ballade intimiste : Above All Else, Be Kind. La mélancolie profonde qui traverse ce titre à l'air intemporel tranche avec son message profondément positif. La beauté de ce guitare/voix dans ce lieu au son parfait restera comme un grand moment de mon Reeperbahn Festival. La simplicité de Ajimal a en tout cas marqué les esprits dans ce concert silencieux, loin des fureurs rock'n'roll des clubs. <

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Étant néanmoins amateur de cette fureur rock'n'roll, je me dépêche de rejoindre le Nochtspeicher pour l'attendu show de King Hannah. Malheureusement la file d'attente est très longue, il vaut mieux abandonner et je rejoins finalement l'église Sankt Pauli en compagnie de quelques locaux rencontrés dans la queue. Il y'a encore de la place pour assister à la prestation de Casper Clausen dans la très progressiste St. Pauli-Kirche. Le Danois est aussi connu pour être le chanteur du groupe Efterklang. Clausen a installé tout son barda devant l'autel : piano à queue, machines, batterie... devant lesquels il va alterner sa présence. Il débute sur un long passage de musique électronique sur lequel il va enchainer les mouvements désarticulés. En véritable électron libre, ce foufou donne l'impression de laisser une grande place à l'improvisation, sans avoir un set fixé et abouti dans sa tête. Ce qui nous change un peu. Entre passages mélancoliques au piano, défoulements rythmiques et envolées vocales, Casper Clausen parvient à nous saluer de la main. Je suis en effet installé au balcon de l'église, surplombant l'espace scénique. Le plus surprenant sera une sorte d'ocarina électrique dans lequel Clausen s'époumone pour sortir un son criard et déroutant. Bougeant dans tous les sens, il finira par s'approcher du public assis et à s'allonger au beau milieu de l'église. Jésus ! Entre folk virevoltante, électro exaltant et cette voix puissante qu'on adorait déjà dans Efterklang, Casper Clausen aura conclu le festival de la plus belle des manières.

Ce samedi fût donc plus calme que prévu puisque je n'ai pas pu assister aux concerts de Nabihah Iqbal, Francis Of Delirium ou King Hannah mais les plans B étaient tout aussi bons avec All We Are, Ajimal et Casper Clausen. Le Reeperbahn Festival 2021 est déjà terminé, et pour une première de mon côté, ce fût un sacré choc musical après tous ces mois sans concerts. De sympathiques locaux m'invitent finalement à terminer la soirée dans un bar pour prolonger la fête car c'est également ça, l'accueil dans cette belle ville du nord de l'Allemagne. Côté musique, je retiendrais cette excellente journée de vendredi avec l'enchainement Pillow Queens, Alice Phoebe Lou et Black Sea Dahu. Mais également les géniales performances de Talk Show, BSÍ, The Hanged Man, ou VEPS. En ce samedi, Ajimal et Casper Clausen furent de parfaites conclusions tout en douceur. Merci au Reeperbahn Festival et à bientôt !
artistes
    John Moods
    Joachim Franz Büchner Band
    Mulay
    Rangleklods
    Scott Matthew
    Lie Ning
    Quarry
    Albertine Sarges
    Betterov
    Trixsi
    Zukunft schreiben | Wie klingt die Gegenwartsliteratur Next.0?
    Ajimal
    Schlindwein
    Hedda Mae
    M.Byrd
    Olmo
    Laura Lee & The Jettes
    Antje Schomaker
    Balbina
    Muff Potter
    Die Höchste Eisenbahn
    Tom Odell
    Blue Lab Beats
    Goldroger
    Máni Orrason
    Nina Chuba
    LUI HILL
    Kein Poetry Slam
    Remme
    William Fitzsimmons
    Mulay
    ROTE MÜTZE RAPHI
    Diana Goldberg
    Nina Chuba
    Amilli
    Millie Turner
    STANOVSKY
    Jada
    K.ZIA
    Albertine Sarges
    M.Byrd
    All We Are
    Quarry
    STANOVSKY
    Keep Dancing Inc
    Hedda Mae
    Luke Noa
    WHT?!
    klebe
    SCHORL3
    Lola Young
    Millie Turner
    King Hannah
    THALA
    Bayuk
    Casper Clausen
    K.ZIA
    nand
    All We Are
    Die P
    futurebae
    ROTE MÜTZE RAPHI
    Dead Star Talk
    Francis of Delirium
    Juno Francis
    Boundaries
    The Pale White
    Mind Enterprises
    Mia Morgan
    The Screenshots
    Jada
    Dopha
    Goss
    Konvent
    Black Sea Dahu
    Isolation Berlin
    Alice Phoebe Lou
    Niklas Paschburg