Plus populaire que jamais, Florence Welch, alias Florence And The Machine, investissait cette semaine le Casino de Paris deux soirs de rang en compagnie des londoniens de Spector. En pleine tournée européenne, l'anglaise à la voix angélique a une fois encore fait l’étalage de toutes ses qualités de scéniques et vocales.

Invités au titre de première partie, les cinq londoniens de
Spector font figure de nouveaux venus. A 20h, lors de leur arrivée sur scène, la salle est d'ores et déjà copieusement remplie mais encore sur la retenue à en observer l'accueil timoré réservé au groupe. Si dans un premier temps les réactions se font polies mais peu enthousiastes, la gouaille et l'aisance de l'impeccable Fred McPherson, dont le rapprochement avec un certain Eddie Argos ne serait pas fantaisiste, vont rapidement faire leur œuvre.
Aux cotés de ses quatre camarades, celui qui avait connu un simple succès d'estime au sein d'Ox. Eagle. Lion. Man. et Les Incompétents porte la prestation sur ses épaules. En mouvement constant lorsqu'il s'empare du microphone, il multiplie également les interventions d'un titre à l'autre, s'attirant une sympathie certaine à en écouter les rires accompagnant ses longs discours emprunts d'humour.
Les trente courtes minutes passées par Spector sur scène s'avèrent amplement suffisantes pour se convaincre des aptitudes de la formation. Le synthé très 80s se mêle ainsi à des guitares plus modernes, le tout nous renvoyant vers l'époque récente où Kaiser Chiefs, Maxïmo Park et consorts régnaient en maîtres sur la scène britannique. Du très classieux
Grey Shirt & Tie à l'ébouriffant
Chevy Thunder, en passant par un
Never Fade Away revisité ou le futur single en puissance qu'est
Celestine, le groupe affirme sa personnalité. Seul un
Lay Low bancal et parsemé de riffs brouillons vient contrebalancer une impression excellente de bout en bout.

Lorsque
Florence And The Machine prennent à leur tour place sur scène, c'est une salle alors en liesse qui leur fait face. Depuis plusieurs minutes déjà, le prénom de la jeune chanteuse est scandé avec une impatience certaine par la foule. Si la scène était décorée à l'image de son univers lors de ses précédentes tournées, l'anglaise semble avoir fait le pari de la simplicité en 2012. En effet, seules des illustrations rappelant des vitraux d'église ornent le mur du fond de la salle, offrant ainsi une meilleure exposition à l'ensemble des musiciens. Des musiciens au nombre de six, en plus d'une choriste, aux côtés de Florence Welch ce soir : ce sont en effet pas moins de deux pianos, une harpe et des percussions que l'on retrouve aux côtés de la guitare, basse et batterie. Lorsque la maîtresse de cérémonie fait son apparition dans une longue robe blanche, une clameur monte du public, les premières notes d'
Only If For A Night étant bruyamment couvertes dans une certaine euphorie.
Comme à son habitude, l'anglaise monopolise l'attention tandis que ses musiciens s'exécutent avec application et discrétion.
What The Water Gave Me et
Cosmic Love, dont le fameux refrain « The stars, the moon, they have all been blown out » déclenche des frissons dans l'assemblée, font rapidement monter la température. Toute aussi impressionnante vocalement qu'à ses débuts, en dépit d'une choriste dont l'omniprésence sur l'ensemble des titres n'était à l'évidence pas nécessaire, Florenche Welch semble s’être assagie depuis son précédent passage. Plus posée, celle-ci n'en demeure pas moins chaleureuse, remerciant plus que de raison le public parisien de sa présence.
Si certaines de ses compositions récentes peinent à convaincre, notamment
All This And Heaven Too ou
Leave My Body, proposée dans une version dépouillée à l'image d'un touchant
Heartlines, d'autres transcendent sans mal un public acquis à la cause de la jeune femme. Les refrains de
Shake It Out ou
You've Got The Love sont ainsi repris en chœur avec passion alors qu'une explosion de joie est à noter dès l'entame du survolté
Dog Days Are Over.
Plus d'une heure s'est alors écoulée et la salle en redemande. Quelques minutes plus tard, Florence And The Machine s'exécutent, interprétant
Never Let Me Go puis un intense
No Light, No Light, non sans adresser quelques remerciements sincères ponctués de multiples « Je t’aime Paris ». Un retour triomphal pour l'une des artistes phare de sa génération en dépit de quelques oublis regrettables (
Kiss With A Fist,
Howl) et d'une spontanéité ayant désormais laissé la place à un certain professionnalisme.