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The Telescopes
One Unique Signal

Paris, Flèche d'Or - 8 septembre 2012

Live-report par Romain

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La Flèche d’Or faisait sa rentrée samedi dernier en proposant une soirée shoegaze pour démarrer cette saison 2012-2013. Tout le monde était sur le pont : la sécurité, la réception, les barmen, les techniciens... il ne manquait plus que les musiciens. Problème : la délégation du groupe The Telescopes a manqué le Ferry et débarqué à Calais avec beaucoup de retard.

Ouverture des portes à 20h, heure à laquelle devait commencer le concert. Pourtant le public ne s’affole absolument pas. Il profite gentiment de la belle fin d’après-midi sur la terrasse à siroter une petite mousse.

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À 21h30, One Unique Signal, groupe qui assure la première partie de The Telescopes durant toute leur tournée européenne, s’installe sur scène. Avec l’apparence d’adolescents dépressifs, les cinq garçons entament leur set dans une salle peu remplie. Une batterie, une basse et trois guitares, c’est un premier aperçu du shoegazing qu’offrent les membres de One Unique Signal : une voix en retrait, beaucoup d’effets sonores sur les guitares, et des musiciens têtes baissées, les yeux rivés sur leurs chaussures. Dans une atmosphère pesante, emplie de mélodies sombres, le set dure une demi-heure.

À 22h10, c’est au tour de The Telescopes de se présenter devant les amateurs du genre, tout de suite plus nombreux. Dans la lignée des My Bloody Valentine et The Jesus ans Mary Chain, The Telescopes, groupe anglais formé à Burton, fait partie de cette scène shoegazienne depuis 1987. Leur sixième et dernier album, Infinite Suns, est paru en 2008. Les musiciens ne font ni manières ni politesses et commencent à jouer dès leur entrée sur scène. Stephen Lawrie, chanteur du groupe, porte le micro très près de sa bouche et se fait entendre par sa voix rauque et puissante. Les guitaristes Joanna Doran et David Fitzgerald, accompagnés du guitariste/chanteur de One Unique Signal, passent ainsi tout leur temps les pieds sur les pédales. Les sons de guitares rythmiques subissent beaucoup d’effets, tantôt distordus, tantôt fuzzés. Des sons triturés jusqu’à la souffrance.

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À la batterie, Dominic Dillon impose un rythme effréné et cogne comme un sourd. Le bassiste Robert Brooks joue, seul au monde, les yeux dans le vague. La musique téléscopique, à la fois psychédélique et expérimentale, ne connaît pas de temps mort et plonge les spectateurs dans une ambiance brumeuse. La lumière des éclairages reflète d’ailleurs le son à la perfection : peu de couleurs, pas plus de mouvements. Des morceaux plus mélodiques apparaissent en fin de set, ce qui permet à quelques fans du premier rang de se lâcher enfin.
The Telescopes s’éclipsent alors de scène, laissant derrière eux l’émission d’un son crispant, pour revenir quelques instants plus tard sous les applaudissements moins timides de la foule. Un rappel qui s’apparente à un petit rayon de soleil tant le dernier morceau joué prend un ton rock plus classique. Les hochements de têtes sont plus nombreux et les applaudissements plus nourris. Le groupe termine comme il avait commencé : avec un petit signe de la main avant un retour immédiat en coulisses.

Ce ne sont certes pas le genre de groupes que l’on invite à mettre l’ambiance à son anniversaire ou à son mariage, mais One Unique Single et The Telescopes ont présenté une branche moins connue du rock, se situant plutôt du côté obscur. Il n’empêche que bon nombre d’amateurs du genre étaient ravis ce samedi soir de retrouver The Telescopes sur scène.