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Shame

Paris, Point Éphémère - 1er décembre 2017

Live-report par Cassandre Gouillaud

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C'est une soirée en provenance directe de Brixton que nous offrait le Point Ephémère en ce début de mois de décembre, réunissant sur une même scène le jeune groupe Black Midi et les inarrêtables fauteurs de troubles de Shame, qui avaient déjà attiré tous les regards lors de leur set au Pitchfork Music Festival Paris l'année précédente.

Si Shame jouaient ce soir là leur premier concert français en tant que headliners devant une salle comble, Black Midi, eux, jouaient pour la première fois en dehors du Royaume-Uni. À défaut d'avoir pu trouver la moindre trace de l'un de leurs morceaux en ligne, le quatuor restait probablement tout à fait inconnu de ceux venus s'enquérir du futur de la scène post-punk londonienne. Le contexte se doit donc d'être mis en place ; Black Midi ce sont donc quatre adolescents, Morgan, Geordie, Matt et Cameron, bien plus jeunes que ceux de Shame, mais au moins tout aussi déterminés. Ils viennent, comme ces derniers, de la scène du Queen's Head de Brixton. Pour tout avouer ils étaient sans doute les plus jeunes présents dans la salle ce soir, ce qui ne leur a pas empêché de donner une excellente leçon à leurs aînés. Black Midi est aussi une énergie incroyable à revendre, à la limite peut-être du trop-plein, mais surtout des lignes de guitare explosives et ambitieuses. Un chant encore trop approximatif et nasillard, mais un groupe qui a cette authenticité et cette sincérité brute qui fait la qualité d'une anglaise que l'on ne cesse d'adorer. Ce soir-ci, la première partie avait sans doute encore moins froid aux yeux que le groupe suivant, et il faut l'avouer, c'était là une sensation bien rafraîchissante.

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Une soirée si bien commencée ne pouvait décemment que continuer sur cette pente ascendante. C'est dû moins la mission que semblaient s'être donné les cinq membres de Shame, lançant leur set sur un Dust On Trial à la tension lancinante. De retour dans une salle dont la taille convient plus à l'expression de leur puissance que l'impersonnelle Grande Halle de la Villette, l'énergie du groupe se veut cette fois encore plus impressionnante et prenante. Alors qu'ils enchaînent ensuite sur Concrete puis sur One Rizla, force est de constater que cette année faite de concerts et de l'enregistrement d'un premier album a conduit le groupe à solidifier des bases musicales encore un peu chancelantes au Pitchfork Music Festival. Alors que cette transe dans laquelle entre le groupe à chaque concert est toujours si vivace, des morceaux plus complexes et denses se révèlent dans toute leur beauté, à l'instar d'Angie. Cette longue escapade post-punk de plus de six minutes nous permet d'entrevoir une version autre, peut-être meilleure encore, de Shame. La lenteur de la montée de ces constructions mélodiques et harmoniques est loin des explosions sans préambule auxquelles le groupe nous avait habitué, mais tout aussi appréciable.

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Cela dit, ce moment ne dure pas, puisque c'est évidemment dans la frénésie la plus chaotique que s'achève le set principal avec Gold Hole, avant de revenir sous les applaudissements pour un court morceau encore inconnu.

Les plus curieux auront d'ores et déjà remarqué les feuilles A4 dispersées dans la salle, qui annonçaient en premier lieu la venue de Shame à la Maroquinerie en avril prochain. Que ceux qui ne s'étaient pas déplacés au Point Éphémère ne manquent pas cette session de rattrapage, au risque cette fois d'être définitivement passé à côté de l'un des groupes les plus prometteurs de 2018.
setlist
    Dust On Trial
    Concrete
    One Rizla
    The Lick
    Tasteless
    Friction
    New One
    Angie
    Lampoon
    Gold Hole
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    New One
photos du concert
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