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Simian Mobile Disco
autoKratz
Gold Panda

Paris, Bataclan - 15 octobre 2009

Live-report par Laurie

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Jeudi dernier, le Bataclan accueillait la crème de l'électro britannique avec Simian Mobile Disco, Autokratz et Gold Panda.

Tandis que certains ne semblent être là que pour les premiers et décident de rebrousser chemin histoire de siroter quelques verres dans les cafés alentour, d'autres attendent de pied ferme la première partie, autoKratz, l'autre duo star de la soirée.
Amorcé par l'encapuchonné Gold Panda, le début du concert annonce une soirée placée sous l'égide du trip initiatique, à coup d'électro survoltée. Gold Panda, de son vrai prénom Derwin, 28 ans et deux EPs au compteur, décoche les premiers beats de la soirée. Electro froide façon Röyksopp ou délurée genre Aphex Twin, le style de ce dj nonchalant est purement dépaysant et rappelle que Derwin doit probablement autant aux vinyles pop de papa qu'à ses nombreux séjours au Japon. Le premier album est d'ailleurs attendu l'an prochain...

Cette grande bouffée d'air frais ainsi inhalée, il est temps peu avant 22h de retrouver les frétillants autoKratz. Si les Simian Mobile Disco sont connus pour jouer face à leurs machines, l'air désespérément absorbé, autoKratz proposent au contraire une électro ultra-communicative. Petite intronisation en français et voici que nos deux gaillards embrayent directement sur leur album, l'excellent Animal. Très vite, une marrée humaine bondit dans tous les sens. David, la voix du groupe, prend sa guitare et apporte au set une touche résolument organique qui finira de séduire tous les fans de rock à guitares. Always More embarque la salle dans une rave 90's éveillée, hypnotisée par un Russel, en transe derrière son Apple. Surchauffé, le public attend de passer à Simian Mobile Disco... il est déjà plus de 23h.

Leur salut est bref. Très vite, les deux James prennent possession de leur imposante installation cubique, faite de câbles, d'equalizers, de boites à rythmes et d'ordinateurs. Le duo commence par des titres du nouvel et second album, Temporary Pleasure. Joué live, le son intimiste et temporisé de l'opus n'est plus et on a droit à une cavalcade de rythmes et de samples superposés en un monument des plus abstraits. James Shaw ne cesse de se démener autour de la superposition électronique plantée au milieu de la scène tournant le dos à la salle, tandis que son comparse peine à faire dépasser quelques bouclettes par dessus son écran. Le public n'a désormais pour guide que l'explosion sonore qui survient jusqu'à ses oreilles à chaque seconde. Sommes-nous dans un champ boueux ? Un club branché ? Une soirée chez le pote du voisin ? On ne sait plus.
Le groupe suscite l'intérêt du public avec le fameux It's The Beat et I Believe accueillis par des cris et des applaudissements hystériques. Le staff juché au balcon allume clope sur clope, manque de grimper sur les sièges et tape des pieds, admirant le spectacle d'en haut.

Simian Mobile Disco ne faillit pas à sa réputation dans ce set décapant, crachant sur l'ordre bien établi d'un Temporary Pleasure bien sage. La foule est en sueur, et repart le cœur battant certainement sur le même rythme que celui de Hustler...