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UNKLE

Paris, Elysée Montmartre - 17 mai 2010

Live-report par Julien Soullière

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19h30. « Bonsoir, on est la première partie, on est les gens qu'on ne connait pas ». Belle entrée en matière. Visiblement, ils se demandent un peu ce qu’ils font là, les I Come From Pop. A leur décharge, au vu de leur nom et de la tête d’affiche, je me pose exactement la même question. Un sentiment de « ça ne colle pas », de première partie qui peinera à assurer son rôle. Que j’aime avoir tort.

L’arrivée sur scène des brestois se fait dans le calme, tout juste accompagnée de quelques modestes encouragements. Il faut dire qu’à ce moment là, il n’y a pas encore grande monde dans la salle. En un clin d’œil, Papa se faufile derrière sa batterie, Champion enfile sa guitare électrique, et Chef, le bien nommé, accorde sa gratte du haut de son tabouret. Fin prêts, ils débutent alors leur set : les premières notes résonnent dans la salle, et le timbre de voix du chanteur se dévoile. Premier choc. Une voix calme, haut perchée, féminine au possible. Alors, c’est vrai, Chef n’a pas le physique d’un lutteur russe, n’empêche, ça surprend. Et ça aiguise l’intérêt aussi.
Passée la petite ballade pop introductive, les titres s’enchaînent, tout juste entrecoupés de quelques remerciements en direction d’un public décidément très discipliné. Deuxième choc. Les compositions que livre le groupe s’avèrent plus excitantes que prévu : toutes en cassures de rythme, elles alternent impeccablement douce mélancolie et envolées rageuses. Une musique surprenante, à l’image de la fin du set : alors que sont jouées les dernières notes, le batteur, tambour sous le bras, quitte la scène pour s’inviter dans le public. Quelques individus se décident alors à former un cercle autour de lui; dans la salle, les mains s’entrechoquent à mesure que la baguette du musicien frappe la peau de son instrument. Sur scène, guitaristes et tabouret finissent à terre. Fin de la prestation. Le groupe s’en va sous les applaudissements, mérités et fournis, du public parisien.

Il n’est pas loin de 21h et tout semble fin prêt. Dans la salle, ça se ressent, et l’attente devient alors plus difficile. Mais les lumières s’éteignent enfin. Dans l’air, de la tension, de l’excitation, du bruit. Une musique aussi, lourde et annonciatrice de l’arrivée imminente du collectif sur scène. Placé au fond de la salle, derrière la batterie, le grand écran blanc s’anime. Du blanc, du noir, une constellation. Une auréole. Deux ailes. UNKLE.
Suivis de leurs musiciens, James Lavelle et Pablo Clements saluent une foule décidée à se faire entendre. A peine arrivés, ils se réfugient derrière les deux micros positionnés au devant de la scène pour donner de la voix sur The Answer, morceau issu du nouvel album. Un titre qui, d’ailleurs, sonne très U2. Un sentiment d’autant plus fort que James adopte à ce moment là des mimiques que n’aurait pas reniée l’ami Bono. Les hostilités sont en tous les cas lancées avec brio.
Le premier morceau s’achève, la foule exulte et le groupe enchaine avec un des titres phares de War Stories, Burn My Shadow. Si le son est surpuissant, les effets de lumières ne sont pas en reste. Que les épileptiques lèvent la main. Pendant un temps, je décide de me mettre un peu plus en retrait : d’où je me situe, on distingue difficilement les artistes, tout au plus des ombres. Au diable les personnalités. Les hommes s’effacent littéralement derrière un nom.

Un Chemistry plus tard, le combo revient à Where Did The Night Fall par l’intermédiaire de Natural Selection. Un morceau somme toute assez faible, sur disque comme en live. Avec du recul, je me dis d’ailleurs que les morceaux les moins convaincants étaient précisément ceux du dernier opus. Mais ça n’est que mon avis. Reign, lui, est visiblement écourté pour faire place plus rapidement au fameux Restless, auquel a participé le non moins fameux Josh Homme. La foule, conquise, encourage et se dandine. Certains d’entre nous ont d’ailleurs du contracter des crampes à force de lever les bras en l’air.
Pause douceur avec le titre Glow. Le public en avait sans doute besoin, Pablo Clements peut-être aussi, tant il se démène derrière sa console. Changement d’ambiance à l’heure de jouer Follow Me Down : l’écran qui n’a cessé d’émettre depuis le début du set diffuse pour l’occasion le somptueux clip qui accompagne ce morceau. Sonorités orientales et érotisme stylisé sont au programme.
La prestation suit son cours, sans que jamais la foule ne montre l’envie de quitter les lieux. La fin de la prestation approche, et des voix inquiétantes annonce un Eye For An Eye qui donne une nouvelle fois l’occasion aux parisiens de donner de leur personne. Le public applaudit, les artistes remercient et quittent la scène. Trop tôt au vu de la clameur ambiante.
Réclamés, les anglais reviennent et nous gratifient de trois nouveaux morceaux: le magnifique Heaven, qui se voit accompagné du clip réalisé à l’époque par Spike Jonze, mais aussi Lonely Soul et In A State. Le groupe laisse ensuite son public, définitivement. Mince, on aurait bien continué encore un peu. C’est bien connu, quand c’est bon, ce n’est jamais assez long.

La foule se disperse. Je sors de la salle et m’allume une cigarette. Je souris. La nuit a été bonne.
setlist
    Intro
    The Answer
    Burn My Shadow
    Chemistry
    Natural Selection
    Reign
    Restless
    Glow
    Follow Me Down
    The Runaway
    Keys To The Kingdom
    Ablivion
    Eye For An Eye
    ----
    Heaven
    Lonely Soul
    In A State
photos du concert
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