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Muse
Editors
I Am Arrows
The Big Pink

Paris, Stade de France - 11 juin 2010

Live-report par Roseline

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Moins d'un mois après un passage au Casino de Paris, Muse, récidivait au Stade de France pour deux concerts affichant complets. Accompagnés de ses compatriotes de I Am Arrows, The Big Pink et Editors, le trio le plus connu du Devonshire a fait les choses en grand ce vendredi soir, nous livrant un show surprenant.

Après I Am Arrows, à 19 heures tapantes, c'est le groupe londonien The Big Pink qui se présente devant un stade à moitié plein. Akiko, batteuse non officielle du groupe, toute de rose vêtue, s'installe derrière les percussions, donnant le rythme, notamment sur Velvet. La force de la batterie couvre malheureusement la voix de la jeune femme, ce qui semble passer relativement inaperçu auprès des spectateurs en pelouse qui s'en donnent à cœur joie en accueillant le groupe. Tous frappent des mains et dansent alors que les premières personnes se font évacuer par la sécurité. Les titres se suivent, entre new-wave, électronique ou sonorités planantes dans un style très Sigur Ros, chauffant progressivement un public enthousiaste. C'est le célèbre Dominos qui clôture le court concert de The Big Pink, avec un Robbie Furze, chanteur-guitariste, suant et apparemment heureux que le public ait été réceptif.

Une pause de trente minutes nous attend, alors que le stade se remplit progressivement, avant que le quatuor Editors n'envahisse la scène. Après un concert complet à l'Olympia en avril, le groupe de Birmingham a la dure tâche de satisfaire un nouveau public, sur une scène immense et sans artifices. Le début, laborieux, laisse la majorité des spectateurs impassibles, alors que les premiers rangs de la pelouse or se déchaînent. Ca commence pourtant fort, entre Bricks & Mortar ou encore le hit An End Has A Start.
Mais le groupe, peut être intimidé ou tout simplement blasé par le peu d'enthousiasme de la foule, n'a pas la présence hypnotisante d'avril dernier. Tom Smith, chanteur-guitariste-pianiste, reste de marbre, navigant du clavier au micro sans sa douce folie habituelle. Il faut un peu de temps avant que le show made in Editors ne démarre réellement, avec un public, heureusement, de plus en plus enthousiaste. Sur le très électronique Eat Raw Meat = Blood Drool, on retrouve enfin le Tom habituel, avec force mimiques, courbé en deux et le dos tourné au public.
La suite est à l'image de ce que le groupe sait faire de mieux. C'est fort, ça bouge et ça prend aux tripes. Bullets et Munich se suivent, pour un instant rock énergique enflammant les premiers rangs. C'est sur un autre grand succès, Papillon, que le groupe quitte la scène, applaudi par un public plus impatient de voir Muse que par les premières parties. Même si cette réaction été prévisible, il est dommage de voir un groupe comme Editors faire chou blanc. La prochaine fois, on en est sûr, ça ne se passera pas comme ça.

Il est près de 21h30 et la tension monte d'un cran dans un stade aux trois quarts complet. Après un petit nombre de olas lancées par la pelouse or, les spectateurs commencent à s'impatienter. Une sirène retenti subitement et quelques dizaines de fans masqués et portant des banderoles aux paroles « musienne » envahissent la scène et les crash-barrières. Ils sont accueillis par des hurlements de joie de la foule, tandis que, très discrètement, le trio anglais se présente aux fans.
Les flashs crépitent sur les premières notes d'Uprising alors que sur les pelouses, le poing levé, les fans chantent le refrain à pleins poumons. Les gradins ne sont pas en reste et se lèvent pour applaudir le groupe, qui enchaîne avec un Supermassive Black Hole très énergique. C'est un début de concert très puissant que présente Muse, épuisant les fans en pelouse dès les premières minutes. Il est difficile de tenir un rythme aussi soutenu, en témoigne les dizaines de personnes évacuées en un temps record.
A peine le temps de souffler que New Born fait son apparition, désormais avec Morgan Nicholls pour la partie clavier, alors qu'un petit problème de son sur le début de MK Ultra ne vient heureusement pas entacher l'ardeur des fans qui se déchaînent toujours autant dans les premiers rangs. Les spectateurs situés en gradins, la fièvre des premiers morceaux retombée, se rassoient et ne se relèveront pas de si tôt, la valse des titres lents de Muse étant lancée.

Neutron Star Collision se fait attendre, la piano de Matthew Bellamy n'étant pas encore installé sur scène. Ce petit temps mort ne sera pas le seul de la soirée, cassant le rythme du concert et déstabilisant le public. Un coup d'œil en haut de la scène pyramidale pour patienter, où nous attend une planète en acier, entourée d'anneaux, diffusant de multiples jeux de lumières digne de 1984, roman de George Orwell. Les « hullaballons », situés sur les tribunes en arrière-scène, sont également illuminés, rappelant l'ambiance du Parc des Princes en 2007.
Guiding Light, toute en douceur, surprend tout le monde lorsqu'une explosion de confettis jaillit lors du solo de guitare. Émerveillé, le public saute pour attraper les rubans rouges et blancs qui volent, alors qu'une pluie légère rafraichie la foule.
Après l'éternel Interlude, la guitare puissante de Hysteria se fait entendre, faisant sauter la foule en tous sens. Les catégories or des gradins, de part et d'autre du stade, ne sont pas en reste et s'en donnent à cœur joie, tandis que le reste du stade reste paisiblement assis. C'est à se demander si c'est bien un concert de rock qui a lieu au Stade de France.
Heureusement que le groupe se donne à fond, Christopher Wolstenholme, le bassiste, nous offrant un headbanging des plus énergique, alors que le batteur, Dominic Howard, sourit de toutes ses dents, apparemment ravi d'un tel enthousiasme de la part du public.
Ce dernier va ainsi demander au public d'aider Matt sur le prochain titre, car les talents en français de ce dernier ne sont pas des plus évidents. C'est donc comme il se doit I Belong To You (Mon Coeur S'Ouvre A Ta Voix) qui suit, la partie au piano parfaitement réussie et point trop rapide, contrairement au concert du Casino de Paris en mai dernier, alors que la première surprise de la soirée réside en Feeling Good, de retour après une longue absence. Même si ce titre n'était pas plébiscité par les fans, ceux-ci apprécient de retrouver un titre d'Origin Of Symmetry, notamment le fameux break chanté au mégaphone.

Alors que Matthew Bellamy sort de scène pour un changement de tenue, ses deux camarades s'installent sur une plateforme pareille à un petit vaisseau spatial, pour un jam énergique et bien rythmé. La plateforme s'illumine et s'élève jusqu'au centre de la pelouse or, faisait crépiter les appareils photos du stade.
S'en suivent d'autres titres phares de The Resistance avant que le groupe ne demande aux fans de frapper dans leurs mains pour l'accompagner sur Starlight. La folie s'empare des lieux jusqu'en gradins, tant et si bien que le frontman laisse le public chanter sur le refrain, un grand sourire aux lèvres. La première partie du concert se termine avec force, entre Time Is Running Out qui fera sauter les spectateurs, et Unnatural Selection, poing levé sur le refrain.

Peu avant 23 heures, le trio remonte sur scène sous les hurlements des fans. Dominic Howard demande au public de brandir téléphones, briquets et autres petites lumières pour accompagner le prochain titre. Celui-ci devrait ravir les plus anciens fans puisqu'il s'agit enfin d'un titre extrait de Showbiz. C'est avec désappointement que l'on entend les premières notes d'Unintended alors que beaucoup espéraient une chanson plus surprenante à l'image de Uno ou Muscle Museum, disparues des setlists françaises depuis 7 ans.
La suite est bien plus réjouissante. En effet, alors que le groupe débute Exogenesis (Part 1: Overture), un OVNI fait son apparition au-dessus de la pelouse or, faisant crépiter une nouvelle fois les flashs de toutes parts. Une trapéziste digne d'un livre de sciences-fiction en jaillit soudain, dans une pluie de confettis, et entame une danse envoutante et aérienne. A peine l'atterrissage effectué que le riff puissant de Stockholm Syndrome retentit, pour une fin de rappel énergique.

Ce n'est pas une grande surprise d'apprendre que le groupe ne quittera la scène qu'après un second rappel, puisque Knights Of Cydonia manque enecore à l'appel, mais pourtant un certain nombre de spectateurs quittent déjà le stade. C'est un Matthew Bellamy en costume noir qui fait son apparition et monte sur la plateforme pivotante pour nous offrir une autre surprise avec le retour de Take A Bow. Des lumières rouges et bleues sortent de son costume, éblouissant les premiers rangs, tandis que ses lunettes clignotent.
S'en suit le très attendu Plug In Baby, qui fera une dernière fois sauter la foule, avant que Christopher Wolstenholme ne se saisisse de son harmonica pour le désormais célèbre Man With The Harmonica précèdant Knights Of Cydonia. La fin du concert est proche, et les fans donnent de la voix à n'en plus pouvoir. Dominic Howard l'aura remarqué et ne manque pas de déclarer son amour pour le public français, toujours aussi énergique. Le batteur semble rechigner à quitter la scène, saluant encore les premiers rangs, un immense sourire aux lèvres. Même si l'intégralité du public n'était pas au plus grand de sa forme, le groupe s'est donné sans retenue, donnant la très nette impression de prendre un grand plaisir ce soir.

Après deux heures de show, la foule quitte le stade satisfaite. Certes, la setlist n'aura été que peu surprenante, et Citizen Erased ou Showbiz manquaient à l'appel, mais le spectacle visuel en valait la peine et nous aura émerveillé le temps d'une soirée. Ne reste plus qu'à espérer un peu plus de prise de risques pour les prochaines tournées pour pimenter des shows de plus en plus massifs !
setlist
    I AM ARROWS
    Non disponible

    THE BIG PINK
    Non disponible

    EDITORS
    Bricks & Mortar
    Bones
    An End Has A Start
    Smokers Outside The Hospital Doors
    Eat Raw Meat = Blood Drool
    Bullets
    Munich
    The Racing Rats
    Papillon

    MUSE
    Uprising
    Supermassive Black Hole
    New Born
    MK Ultra
    Neutron Star Collision
    Guiding Light
    Hysteria
    Nishe
    United States Of Eurasia
    I Belong To You (Mon Coeur S’Ouvre A Ta Voix)
    Feeling Good
    MK Jam
    Undisclosed Desires
    Resistance
    Starlight
    Time Is Running Out
    Unnatural Selection
    ----
    Unintended
    Exogenesis (Part 1: Overture)
    Stockholm Syndrome
    ----
    Take A Bow
    Plug In Baby
    Knights Of Cydonia
photos du concert
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