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Gravenhurst
Airship
Paul Smith

Paris, Flèche d'Or - 20 novembre 2010

Live-report par Amandine

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Planning chargé pour cette soirée à la Flèche d'Or puisque quatre formations sont à l'affiche; le timing est réglé comme un métronome : trente cinq minutes de set pour le premier artiste et quarante cinq minutes pour les trois autres.

 

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C'est donc à Gravenhurst qu'incombe la lourde tâche de débuter. Histoire de compliquer l'affaire, il jouera seul en formation acoustique, ce qui, comme cela nous le sera confirmé, n'est pas des plus aisés pour réussir à captiver l'attention d'un public distrait et plus badaud que curieux. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore Gravenhurst, un homme se cache derrière ce nom : Nick Talbot. Ce jeune Anglais de Bristol eut la révélation musicale de sa vie en découvrant The Smiths et son idole n'est autre que leur guitariste, Johnny Marr. Il saura tirer de ces influences un jeu de guitare époustouflant et un sens aigu de la mélodie et de la composition.
Il nous propose ce soir un medley de ses plus beaux titres (Bluebeard ou Black Holes In The Sand) agrémenté de nouveautés; sa voix, tout à la fois puissante et fragile, revêt toute sa beauté lorsqu'elle n'est accompagnée que d'une guitare électrique. Malheureusement, ce soir, le public ne semble pas apprécier la prestation à sa juste valeur et Talbot peine à tenir la barre devant des spectateurs extrêmement bruyants; il s'en agace mais rien n'y fait. Il tentera pourtant de tout donner, notamment sur le finale de Black Holes In The Sand et sa fin bruitiste, écorchée, mélancolique, à l'image des albums de Gravenhurst. On regrette de ne pas avoir pu profiter pleinement de cet intermède.

 

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Rapidement, Nick Talbot cède donc la place à Paul Smith venu présenter des titres de son premier album solo sans ses comparses de Maxïmo Park. On ne retirera pas au dandy son charisme : sans en faire trop, son aura captive rapidement l'assemblée. Malheureusement, c'est plus sa présence que sa musique qui est agréable ce soir : Paul Smith semble avoir choisi la voie de l'acoustique et de la pseudo originalité pour s'éloigner de ce qu'il a l'habitude de faire lorsqu'il officie au sein de Maxïmo Park.
Sans être déplaisantes, ses compositions restent très basiques et survolent plusieurs genres sans jamais choisir une direction franche, ce qui donne une impression d'hésitation déroutante. Il est rempli de bonne volonté mais ça ne suffit pas pour que la mayonnaise prenne. Certes, on apprécie son interprétation de Improvement/Denouement ou encore la reprise acoustique de By The Monument intelligemment mêlée à Apply Some Pressure mais on écarquille les yeux et on se retient de se boucher les oreilles sur les expérimentations ratées de I Wonder If et ses samples ridicules.
C'est donc sur une prestation en demi-teinte que nous laisse Paul Smith, et c'est finalement la deuxième partie de soirée qui va réussir véritablement à faire décoller l'ambiance d'une Flèche d'Or bondée.

 

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Le quartet mancunien Airship vient ensuite nous proposer la fraîcheur des titres de son premier EP, Algebra. Avec une moyenne d'âge de vingt ans à peine, ils font déjà preuve de beaucoup de professionnalisme. Leur musique oscille entre power pop pêchue et pop plus calme. Ils alternent entre les deux styles pour construire un set qui réussit enfin à attirer les faveurs du public.
Musicalement, on n'apprendra rien qui n'ait déjà été fait des dizaines de fois par des groupes comme Keane pour les titres doux ou Ash pour les plus rythmés, mais les spectateurs semblent réceptifs à cette musique facilement et directement abordable : pas besoin de réfléchir ou de se mettre en condition. La sincérité transpire de ce groupe et c'est probablement ce qui lui vaudra une acclamation massive.

 

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Ce que nous présentent les Américains de Violens est à l'opposé d'Airship. Leurs faits d'armes : un savant alliage de douceur et de violence, un univers romantique torturé, une noirceur presque salvatrice. Le leader, Jorge Elbrecht, nous emmène dans des circonvolutions sauvages, des contrées inexplorées. Des nappes de synthé vaporeuses, des guitares obsédantes, des mélodies qui restent suspendues et des harmonies dignes de Radiohead, il est inutile de préciser que les compositions de Violens ne sont pas forcément accessibles au premier abord mais lorsqu'on se laisse approcher par la musicalité à fleur de peau de Acid Reign, on côtoie les tréfonds d'une douce mélancolie. Quarante cinq minutes suffiront à nous submerger dans leur univers torturé.

Parfois, cela fait du bien de retourner à des sentiments primaires par le biais de mélodies finement ficelées.
setlist
    GRAVENHURST
    I Turn My Face To The Forest Floor
    Bluebeard
    Nicole
    Damage II
    Saint Paul
    The Prize
    Black Holes In The Sand

    PAUL SMITH
    While You're In The Bath
    North Atlantic Drift
    The Crush & The Shatter
    Improvement/Denouement
    Strange Friction
    I Wonder If
    This Heat
    A Little Lost
    I Drew You Sleeping
    The Tingles
    Dare Not Dive
    By The Monument/Apply Some Pressure

    AIRSHIP
    Kids
    Invertabrate
    The Test
    This Is Hell
    Summertime
    Gold Watches
    Algebra
    Mr Riddle

    VIOLENS
    Non disponible
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