Live report : MaMa Event - Paris - 15.10.2015 - Sound Of Violence
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MaMa Event

Paris, du 14 au 16 octobre 2015

Live-report rédigé par Déborah Galopin le 22 octobre 2015

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L’affiche de ce jeudi 15 octobre pour le MaMa festival était riche. Une trentaine d’artistes étaient répartis sur treize salles autour de Pigalle. Difficile de faire son choix face à une programmation si vaste. A défaut d’avoir le don de nous dédoubler – voire de nous démultiplier – nous nous sommes servis de nos petites jambes pour courir d’une salle à l’autre et voir le maximum de concerts en un laps de temps relativement réduit : quatre en trois heures. Petit joueur ? Rien d’impossible ? Certes car nous devons tout de même prendre le temps d’apprécier ce que nous voyons. C’est autour de la Cigale et de son voisin – non pas la fourmi – mais le Divan du Monde que nous nous sommes concentrés.

Nous commençons les festivités en nous invitant à la Cigale pour voir Broken Back, chanteur prometteur aux sonorités accrocheuses. Il est accompagné sur scène d’un batteur et de sa guitare électro-acoustique. Les titres électro pop sont empreints de légèreté, une insouciance semble flotter à travers les notes joyeuses. Il nous chante des balades romantiques et nous transmet sa bonne humeur à travers The Happiest Man On Earth.
Pour ceux qui se poseraient la question sur ce drôle de nom, il nous en a révélé l’origine : le chanteur s’est cassé le dos il y a trois ans. Immobilisé pendant plusieurs mois, il s’est mis à composer et s’est rendu compte à quel point il aimait ça. Cet accident est donc à l’origine de sa passion, de ses chansons colorées et pleines de saveurs. Le titre de son EP prend alors tout son sens : « Dear Misfortune, mother of Joy ».
Le timbre de voix de Jérôme alias Broken Back n’est pas sans nous rappeler celui si particulier et plaisant d’Asaf Avidan. Cependant, l’ensemble manque de relief et de peps. Peut-être est-ce à cause des arrangements qui ne sont pas aussi nombreux que sur l’album. La prolifération des chœurs enregistrés et retransmis donne un sentiment de redondance regrettable. On les aime ces chœurs, oui, mais pas à chaque morceau non plus. Lorsqu’il chante Riva uniquement à la guitare, l’authenticité est là et on en aurait bien aimé d’autres. Broken Back, aime son public et son public l’aime. En témoigne le dernier titre, quand il invite la fosse à faire les chœurs (encore eux !). Celui-ci se prend au jeu à chanter des « oh oh oh » et refuse de s’arrêter. Le chanteur rit face à tant d’enthousiasme et s’exclame : « On ne pourra jamais finir la chanson si vous continuez d’accélérer ». Tant mieux, car on aimerait bien qu’il reste encore un peu. Pour ne pas être nostalgique de l’agréable moment que nous avons vécu, Jérôme n’a pas oublié de nous prendre en photo avec son « cellulaire », les mains en l’air.

Le Chapelier Fou prend la relève et sera la bonne surprise de cette soirée. Ils sont quatre sur scène, chacun derrière sa machine que ce soit platine, synthétiseur ou pad. L'artillerie est lourde et impressionne. Il n'est que 20h20, sommes-nous déjà dans une ambiance festival-fatigué-dopé ? Que les gens ne se laissent pas avoir par les apparences, car le Chapelier Fou, c'est bien plus que de la musique électro de drogués. C'est de la bonne, comme on dirait, de la qualité, soignée et joliment arrangée. Chacun derrière son engin de guerre, a à ses côtés, un instrument dont il s’empare en alternant avec les platines ou un synthé. Il n'y a pas de temps mort, tout s'enchaine et est magnifiquement orchestré. Violon, violoncelle, guitare, clarinette viennent apposer leur mélodie sur les beats et les cliquetis mécaniques. Les sons se superposent pour créer un effet saisissant.
Les lumières viennent se joindre à la musique. Le public pousse un soupir contemplatif lorsque des lasers viennent strier la salle de leur faisceau vert. Les titres comme Cyclope & Othello, Tea Tea Tea sont progressifs. Ils montent lentement jusqu'à nous embarquer dans un tourbillon. Les variations y sont nombreuses, si bien qu'un morceau peut s'étirer sur près d'une dizaine de minutes sans que le spectateur ne s'ennuie. C'est beau à entendre et c'est beau à voir. La musique est créée dans son entièreté face à nos faces ébahies et c'est probablement cela qui fait que le groupe est si incroyable. Le chapelier sort de son chapeau sa maitrise des cordes et des boutons et on se dit que c'est complètement fou !

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On serait bien resté plus longtemps car, en une vingtaine de minutes, le Chapelier n'a probablement pas encore dévoilé toute sa magie, mais Rozi Plain nous attend au Divan du Monde. C'est dans un autre univers que nous avons pénétré, une salle tout à fait ravissante bien que plus petite avec une ambiance plus posée et intimiste. Rozi plain est accompagnée d'un batteur, bassiste et d'un claviériste. Elle ne paye pas vraiment de mine avec sa guitare bleu mat et son jean large, mais la poésie est belle est bien là. Chacun des membres joue avec une parcimonie mesurée, le but n'étant pas faire le plus de bruit. Rozi gratte les cordes de sa guitare électrique au doigt pour apporter un son moins dur. Que ce soit Best Team, Actually, Jogalong ou Friend City, chaque morceau évolue en petite touche et l'ensemble glisse de lui même. Elle a une voix qui pourrait rappeler celle d'une petite fille, mais loin d'être un défaut, elle nous ramène à la grâce de l'enfance. Elle attendrit le public lorsqu'elle parle en Français et le fait rire lorsqu'elle remercie le festival de l'avoir invitée: « Thank you MaMa, And Thank you Papa ». Mais avant tout, thank you Rozi !

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Rozi Plain se révèle être une bonne transition entre Chapelier Fou et Jay Jay Johanson. Triple J nous accueille d'un puissant "good evening", on s'attendrait presque à ce qu'il fasse trembler les planches de la Cigale, mais ce serait mal le connaître. « Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté » serait davantage à l'image du Crooner. Une lente et douce invitation au voyage d'où s'échappent des draps froissés l'effluve douloureux de l'amour. Le début du concert donne le ton avec I Love Him So, suivi par It Hurts Me So.
Jay Jay est vêtu de la chemise kaki qui habille la pochette d'Opium, un poil moins classe que son chapeau et col roulé de Cockroach. Il tient le pied de son micro à deux mains. Sa posture dégage quelque chose de fragile à l'image de ses chansons, comme si ce lourd sentiment avait laissé en lui ses stigmates. Les amoureux se laissent bercer au rythme langoureux des mélodies dans les bras de leur moitié, tandis que les coeurs fracassés murmurent seuls: « You believe in me, I believe in you, How come that you don't believe in us? ». Les titres du songwritter peuvent paraître monotones et répétitifs mais les histoires d'amour ne sont-elles pas une éternelle ritournelle ? Moonshine, plus électro rock, dénote par rapport au reste de la setlist, mais permet de nous redonner la pêche. On aurait presque préféré repartir sur ce titre, plutôt que sur le triste On The Other Side qui nous laisse une drôle d'impression.

«Can we take up from our last goodbye, Or back from start again ? » : Jay Jay Johanson, on le préfère tout de même quand il est moins morose.
artistes
    A-Wa
    Arman Méliès
    Bombay
    Brocken Back
    Caandides
    Captain Kid
    Chapelier Fou
    Chinah
    Chris Dogzout
    Christine
    Dad Rocks!
    Dizraeli & Downlow
    Hein Cooper
    Hypno5e
    In The Canopy
    Inna Modja
    Jay Jay Johanson
    Kuenta I Tambu
    LMK
    Lagbaja
    Laura Cahen
    Leron Thomas
    Lexxus
    Lydmor & Bonhomme
    Mim feat. Anna Kova
    Palace Winter
    Pavane
    Perturbator
    Pierre Kwenders
    Charles X
    Radio KVM
    Resonators
    Rootwords
    Rozi Plain
    Saul Williams
    Selim
    The Franklin Electric
    The K
    The Wanton Bishops
    Tom Fire
photos du festival