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Arthur Beatrice

Carter EP

Arthur Beatrice - Carter EP
Chronique Single/EP
Date de sortie : 22.07.2013
Label :Open Assembly Records
4
Rédigé par Fantin, le 20 juillet 2013
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Entre sonorités profondes, production perfectionniste et écriture touchante par sa mélancolie, les deux premières livraisons discographiques d'Arthur Beatrice sont parvenues de la meilleure des façons à introduire au public (certes toujours restreint à ce jour) une formation talentueuse et remarquable par sa capacité à innover. Livrer un mélange pop et moderne parfois sombre et souvent entraînant est certes aussi l'affaire de groupes comme Wild Beasts, The XX ou les prometteurs Outfit. Cependant, par sa maturité, ses jeux sur ses deux voix sexuellement opposées et rendues complémentaires, le quatuor londonien est parvenu en seulement trois titres à se construire une véritable identité musicale.

Stakhanoviste, le groupe prévoyait la sortie d'un premier album début 2013, ayant réussi à dégoter de quoi construire son propre studio afin d'y passer autant de temps qu'il le désirait. Ce n'est finalement qu'un EP qui nous parvient en ce milieu d'année. Intitulé Carter, celui-ci vient, dans la lignée des parutions plus courtes l'ayant précédé, confirmer les qualités que l'on avait prêtées au groupe au cours de l'année dernière.

Ecriture mélancolique, production pointilleuse aux arrangements riches et subtils, on retrouve dès l'ouverture de ce Carter EP l'identité musicale que s'est construite le jeune quatuor. Si le phrasé employé par Ella Girardot est moins délicat sur Butcher's Hook qu'on l'eut connu précédemment, ce titre pop et rythmé prend de l'envergure au fil des écoutes, sans jamais évoquer les clichés brit-pop maintes fois explorés dans la perfide Albion.
On lui préfèrera tout de même son successeur Carter (cut) où l'on retrouve la délicatesse du timbre féminin, venant nous conter une romance désabusée et remise en question. "I see the way we coincide / And it's nothing more than chance." chante, non sans poésie, la mélancolique Ella.

Ce n'est que sur Vandals que s'ouvre la partie masculine du diptyque Arthur Beatrice. Planant et plus minimaliste, on y trouve pour la première fois du disque la voix d'Orlando Sheppard au premier plan, venant lui aussi rendre compte de sentiments profonds, d'un questionnement intime et romantique. Simple et touchant.
Pour conclure, vient un remix de Carter signé Maths Time Joy, jeune producteur anglais originaire de Kent et ayant d'ores et déjà sorti deux EPs. Ce dernier sample les chants d'Ella Girardot au sein d'un dubstep (ou UK Bass, pour ceux qui craignent la confusion) rappelant notamment les premiers efforts de James Blake. Une belle découverte, au passage.

Ainsi, sans surprendre, Arthur Beatrice livrent un EP confirmant l'identité et le talent qu'on leur avait prêtés, usant d'une production mélodieuse et sans faille pour mettre en forme une écriture poétique et touchante à souhait.
C'est un très beau futur qui les attend. En tout cas, on le leur souhaite.
tracklisting
    01. Butcher's Hook
  • 02. Carter (cut)
  • 03. Vandals
  • 04. Carter (Maths Time Joy Remix)
titres conseillés
    Carter (cut)
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