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Idlewild

Make Another World

Idlewild - Make Another World
Chronique Album
Date de sortie : 05.03.2007
Label : Sequel
4
Rédigé par Jimprofit, le 5 mars 2007
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Au-delà du plaisir jubilatoire qu'il nous procure, le cinquième album du groupe écossais le plus controversé de la planète a, sans conteste, valeur d'enseignement. En effet, il vérifie l'adage populaire selon lequel un phénix renaît toujours de ses cendres. Et quelles cendres, ou plutôt quels décombres et ruines, matérialisés par les deux précédents albums d'Idlewild, qui ont plongé l'auditeur averti dans les ténèbres d'une nuit sans espoir, longue de cinq ans. Car depuis 100 Broken Windows, album porte-drapeau d'une génération désenchantée à l'aube des années 2000, le groupe n'avait cessé de s'abîmer dans les abysses pathétiques de la pop ouatée, n'ayant de cesse de s'éloigner de ses racines punk, voire hardcore. Après avoir franchi, en l'espace de trois ans, brûlant littéralement les étapes, les années-lumières séparant le rock très violent de la guimauve sirupeuse, Idlewild revient à de meilleurs sentiments, enfin serein et équilibré.

Désormais, la pop poussive, semi-acoustique et mollassonne, est jetée aux orties pour laisser à nouveau la place à une atmosphère étouffante, urgente, comme dans If It Takes You Home, choisi comme premier single pour fixer le nouveau cap du groupe, le recadrage, en quelque sorte. Ainsi, après une période de doutes et de remise en question, suivie du premier album solo du chanteur de la formation, qui a sans doute permis de clarifier la situation et de démêler les genres et les gènes incompatibles (pop et rock), Idlewild a, une fois de plus, recours au fidèle producteur, Magic Dave (Eringa), pour revenir à ses premières amours, sans toutefois, à l'image des grands groupes qui innovent inlassablement, se répéter.

Comme le démontrent In Competition For The Worst Time ou encore A Ghost In The Arcade, la formation amazone a réenfourché ses chevaux de bataille tout en faisant évoluer sa musique. Depuis l'introduction de l'album jusqu'à la fin de celui-ci, en passant par Everything As It Moves et No Emotion, on assiste à un véritable déferlement de brûlots à l'agressivité sans commune mesure avec les réalisations récentes du groupe, jusqu'au travestissement de la voix caractéristique de Roddy Woomble, laquelle devient, par instants, aussi froide et inhumaine que celle de Brian Molko ou encore Andy Cairns. Même s'il subsiste quelques travers au sein de l'album, une ou deux tentatives, parfois réprimées comme dans You And I Are Both Away où la mélodie progressive évolue vers une explosion finale, de persister dans la veine pop, celles-ci, finalement, passent plutôt inaperçues et on ne retient que les huit chansons divines et subtiles de véritable rock.

Nous sommes donc loin de bouder notre plaisir à l'écoute du dernier album d'Idlewild et ne pouvons, après cinq bonnes années de déception et de frustration, que saluer son retour au premier plan. La formation, plus fraîche et inventive que jamais, nous offre, non seulement, un aperçu d'un nouvel univers musical époustouflant, mais encore, fait la démonstration qu'elle a suffisamment de ressort et de passion pour être capable de rebondir de la plus belle manière et créer, à défaut d'un autre monde, une des sensations musicales de ce début d'année.
tracklisting
    01. In competition For The Worst Time
  • 02. Everything (As It Moves)
  • 03. No Emotion
  • 04. Make Another World
  • 05. If It Takes You Home
  • 06. Future Works
  • 07. You And I Are Both Away
  • 08. A Ghost In The Arcade
  • 09. Once In Your Life
  • 10. Finished It Remains
titres conseillés
    If It takes You Home - In Competition For The Worst Time - No Emotion
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