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Massive Attack

Heligoland

Massive Attack - Heligoland
Chronique Album
Date de sortie : 08.02.2010
Label : Virgin/EMI
5
Rédigé par Jean-Christophe Gé, le 11 janvier 2010
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Heligoland est à l'origine un archipel de petites îles pour lesquelles se sont affrontés danois, allemands et britanniques. Des îles à peine peuplées mais qui forment une base stratégique dans la Mer du Nord en temps de guerre et un paradis fiscal sans TVA le reste du temps. Ce long caillou a donné son nom à un album dur et sombre.

Un disque commençant tranquillement par une ballade qui prie pour la pluie. La basse et des percussions sont omniprésentes et l'ambiance possède un certain groove qui accroche. Sans trop croire au pouvoir de l'incantation, avec une atmosphère aussi chargée, il ne fait aucun doute que la pluie tombera. Préparez-vous, cet album est une tempête.
Nous avions reçu un premier avertissement en fin d'année dernière lorsque le groupe de Bristol avait enfin extrait quelque titres du studio dans lequel il était enfermé depuis cinq ans. Cet EP brillant contenait quatre vraies compositions et autant d'invités. Mais pourquoi diable sortir autant de morceaux inédits d'un seul coup, et ce avant un album complet ? Tout simplement parce que Massive Attack en avaient beaucoup d'autres dans les poches.

Sur ce nouvel album, chacun des titres est un chef d'oeuvre. Quant aux invités, ils en avaient plus que nécessaire. Parmi la douzaine de recalés des sessions on trouve notamment Elizabeth Fraser (chanteuse de Cocteau Twins qui avait collaboré à Mezzanine), Dot Allison, Mike Patton, Beth Orton ou Terry Callier. Comble du luxe, le groupe avait sollicité d'autres artistes qui ont décliné l'invitation et n'ont donc pas participé aux sessions de cet album gigantesque : David Bowie, Tom Waits, Patty Smith et Tricky. Ce dernier, vieux complice du groupe, aurait déjà commencé à retravailler avec eux. Il y a fort à parier, et espérer, que nous aurons encore de belles choses à entendre sans avoir à attendre sept ans.

Ce disque de rencontres fait la synthèse de toutes les musiques sombres depuis le blues. Une musique simple qui parle à l’âme, des ambiances qui mélangent cold wave et trip-hop. Sur Babel, la basse porte la mélodie comme le faisait celle de The Cure ou de New Order en 1981. Quand la voix légère de Martina Topley-Bird se pose sur cette mélodie, on ne peut que chavirer. On retrouve aussi des cuivres sur Girl I Love You qui, loin d’être une rengaine de crooner, laisse filer une inspiration orientale, et sur Flat Of The Blade, morceau dérangé et dérangeant, le plus angoissant de l’album. A l’inverse, d'autres chansons se veulent séduisantes comme Saturday Comes Slow chantée par un Damon Albarn fébrile, ou d’autres plus puissantes à l'image de Splitting The Atom, bombe à écouter d’urgence.

Tout comme cet album.
tracklisting
    1. Pray For Rain
  • 2. Babel
  • 3. Splitting The Atom
  • 4. Girl I Love You
  • 5. Psyche
  • 6. Flat Of The Blade
  • 7. Paradise Circus
  • 8. Rush Minute
  • 9. Saturday Come Slow
  • 10. Atlas Air
titres conseillés
    Babel - Splitting The Atom - Rush Minute - Saturday Come Slow
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