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Drenge

Drenge

Drenge - Drenge
Chronique Album
Date de sortie : 19.08.2013
Label : Infectious Music
45
Rédigé par Xavier Turlot, le 18 août 2013
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Le premier album des frères Loveless ne décevra personne. Ni ceux qui avaient découvert leurs deux premiers singles – Bloodsports et Backwaters – ni ceux en quête de punk rock authentique et brut de décoffrage.

Drenge est un duo, guitare et batterie, et fera inévitablement penser à ce que les White Stripes et Black Keys ont fait outre-Atlantique, que ce soit pour leur minimalisme brouillon assumé ou pour leur mélange de blues et de rock garage surchauffé. Eoin et Rory Loveless viennent du côté de Sheffield, qui est conceptuellement aussi éloignée de Londres que l’est Nashville de New York, et cette authenticité, traduite par une distance affirmée face aux machineries médiatiques, est bel et bien la marque de fabrique de ces presque adolescents.
Une agression sonore sans fioritures, un déluge de distorsions hardcore, un riff, un thème qui jaillit et interpelle, se terminant bien avant que l’ennui puisse nous effleurer. Ils l’ont confié eux-mêmes : « Notre disque n’est pas le plus intelligent que vous entendrez cette année, mais il fonctionne ». Certes, si par intelligent on entend formaté, alors oui leur album éponyme ne l’est certainement pas. Leur nom signifie « garçon » en danois, et ils l’ont ouvertement choisi car ils le trouvaient disgracieux. Un peu comme leur conception d’un concert de rock, qu’ils veulent à des années-lumière d’une réunion trendy tirée à quatre épingles.

Leur musique est façonnée d’un bois brut : celui de la jeunesse éternellement désabusée qui ne sait comment transformer son énergie bridée. Les titres des morceaux traduisent assez bien leur énervement : People In Love Make Me Feel Yuck, I Wanna Break You In Half, Nothing ou encore Fuckabout. Le tempo n’est pas celui du punk mais la philosophie du disque n’en est pas très éloignée. Les tempêtes de cymbales encadrent un chant frénétique qui balance entre new wave et bluegrass, surplombant des lignes de guitare au son quasi inchangé. La plupart des morceaux sont largement à la hauteur de leurs deux singles, que ce soit la macabre Gun Crazy, l’entêtante Face Like A Skull (qui rappelle bizarrement Nirvana) ou l’ouverture de Let's Pretend qui annonce vite la couleur.
L’influence de Jack White plane très bas au-dessus de I Don’t Want To Make Love To You ou Nothing. L’enchaînement des riffs de guitare est exemplaire, comme leur adéquation totale avec le martellement de fûts. Le minimalisme des arrangements a forcé les deux frères à une communication et une symbiose parfaites, leurs deux instruments sont résolument interconnectés.
La pression du tempo se relâche sur la fin du disque, laissant ressentir une autre ambiance peut-être plus sombre encore. Let's Pretend est une très grande chanson, aux longues montées suffocantes, elle prend aux tripes et confirme que les Loveless ne nous mentent pas.

Quant à Fuckabout, c’est la plus belle signature que l'on pourrait désirer pour cet opus, seul épisode poétique et vraiment british de l’œuvre, qui nous laisse déjà attendre la suite avec impatience.
tracklisting
    01. People In Love Make Me Feel Yuck
  • 02. Dogmeat
  • 03. I Want To Break You In Half
  • 04. Bloodsports
  • 05. Backwaters
  • 06. Gun Crazy
  • 07. Face Like A Skull
  • 08. I Don't Want To Make Love To You
  • 09. Nothing
  • 10. Bye Bye Bao Bao
  • 11. Let's Pretend
  • 12. Fuckabout
titres conseillés
    Bloodsports, I Don't Want To Make Love To You, Let's Pretend
notes des lecteurs
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