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Drenge

Interview publiée par Xavier Turlot le 12 septembre 2013

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Avec un patronyme n'étant pas sans évoquer quelques souvenirs aux amateurs de guitares, Eoin et Rory Loveless, alias Drenge, ont livré il y a quelques semaines un premier album éponyme à l'énergie punk redoutable, soulevant de nombreuses comparaisons avec d'autres adeptes de la formule guitare/batterie, de The Black Keys aux White Stripes en passant par Blood Red Shoes. Rencontre avec deux frères dont la réputation scénique n'est déjà plus à faire.

Comment avez-vous trouvé le public français hier soir à l'Album de la Semaine ?

Eoin : Très cool, mais à mon avis on leur avait dit de ne pas s’arrêter d’applaudir. Dès qu’on avait fini une chanson, les applaudissements étaient tellement forts qu’ils sonnaient faux.

Avez-vous ressenti une différence avec le public anglais ?

Eoin : Les français passent moins de temps sur leur téléphone portable par rapport aux Anglais, et boivent moins également. Ils sont aussi plus concentrés sur ce qui se passe sur scène.

Avez-vous toujours voulu former un groupe à deux pour obtenir votre son si spécifique ?

Rory : Oui, en quelque sorte. En fait, quand nous avons monté notre groupe, nous n’avions pas vraiment d’amis qui voulaient ou pouvaient jouer avec nous. Nous écoutions les White Stripes et Nirvana, les Yeah Yeah Yeahs, ce genre de groupes uniquement basés sur un gros son de guitare et de batterie. Et on n’a jamais ressenti le besoin de recruter quelqu’un. Si tu sais vraiment ce que tu veux, tu peux facilement te contenter de ces deux instruments pour envoyer le bois, beaucoup plus facilement que ce que les gens pensent.

Quels sont les groupes qui vont ont principalement influencés ?

Rory : Des groupes comme The Eighties Matchbox B-line Disaster, ils viennent d’Angleterre. Ils ont un son très lourd et très agressif. Je les écoute sans arrêt.
Eoin : Il ya aussi Pulled Apart By Horses qui sont assez bluffants ; ils ont un côté vraiment heavy, presque violent, mais si tu changes ta manière de les écouter, il s’agit en fait juste de pop. Plus tu y réfléchis et plus tu trouves leur musique pop.

Avez-vous été beaucoup influencés par les White Stripes ?

Rory : On les a beaucoup écoutés et on a fait pas mal de reprises, mais je ne pense pas que ce soit une véritable influence pour nous dans notre façon de jouer de la guitare ou de la batterie. Par contre ça a été très utile de les écouter pour comprendre ce qu’on pouvait faire. Je dirais qu’ils nous ont plus aidés qu’influencés.
Eoin : Et ils sont également très artistiques, au-delà même de leur musique. Leurs vidéo clips, les couleurs qu’ils utilisent, tout est très stylisé. Ils ont vraiment révolutionné le garage rock.

Pensez vous que le fait d’être frères peut aider à ressentir les mêmes choses en musique ?

Eoin : Oui, mais nous avons des goûts différents. Rory écoute beaucoup plus de choses que moi, il a des goûts vraiment très éclectiques. On n’écoute pas vraiment les mêmes choses pour une bonne raison : si on le faisait, je pense que notre musique stagnerait.

J’ai appris que votre nom signifiait garçon en danois et que vous étiez passionnés par le cinéma de ce pays, pouvez-vous nous dire ce que vous aimez particulièrement ?

Rory : On a regardé pas mal de films réalisés par des Danois oui, souvent assez difficiles à comprendre, très intenses, sans éclairages ou effets spéciaux, très crus en fait.
Eoin : Leur grand talent, c’est qu’ils se posent beaucoup de contraintes pour faire leur film, et nous avons la même approche pour notre musique, nous avons conçu notre groupe avec cette même philosophie du minimalisme. On essaye nous-mêmes sans cesse de nous poser des restrictions pour rester sur l’aspect fondamental de la musique.

Vous considérez-vous comme des punks ?

Eoin : Je ne sais pas. J’aurais du mal à avoir un regard extérieur sur ce qu’on est ou sur la façon dont les gens nous voient, à l’analyser sur une perspective musicale historique. Je ne pense pas qu’on puisse dire qu’on soit des punks. Le punk est plutôt une réaction, contre ce que la société vous dit de faire et d’écouter. Si ça a fonctionné en Angleterre c’est parce qu’il y avait beaucoup de musique chiante à l’époque.
Rory : Au moment où nous avons monté notre groupe, c’était bien pire. Tout le monde voulait imiter les Vaccines ou des groupes du genre. On a d’emblée voulu faire quelque chose de complètement différent, de plus lourd, distordu, avec plus de saturation. Finalement on est aussi dans la réaction à un ordre établi mais pas d’un point de vue punk, enfin tout dépend de la définition qu’on en a.

Considérez-vous votre musique comme politique ? J’ai appris que Tom Watson (ndlr : député travailliste) vous avait cités dans sa lettre de démission. Avez-vous apprécié cette publicité ?

Eoin : On s’en fout assez. Toute cette affaire a été assez pénible. C’était juste une manière pour lui de faire croire qu’il était lié aux gens ordinaires, il a voulu se donner un côté populaire. Tout ça n’était que purement politique et n’avait rien à voir avec la musique.

Avez-vous une manière particulière d’écrire vos chansons ? Avez-vous essayé d’enregistrer vos morceaux de manière à coller au plus près au son que vous avez en concert ?

Eoin : Quand on a monté le groupe, on n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait et voulait faire, aucune ambition particulière. On n’a jamais pensé à un enregistrement studio à la base. Ça n’aurait pas collé à notre conception de la musique. Ce serait très chiant de composer dans cette seule optique. On compose, on joue et on enregistre, il n’y a pas de sophistication.

Êtes-vous plutôt du genre à enregistrer beaucoup de prises pour être satisfaits ou à privilégier la spontanéité ?

Rory : Plus spontanés, c’est sûr. La première prise est très souvent la plus intéressante. Quand on veut faire du garage, il ne faut surtout pas se prendre la tête sur ce genre de choses. Si tu composes une chanson en passant une semaine dessus, c’est que tu t’y es mal pris, en fait le garage rock ne se compose pas vraiment, il surgit plutôt. C’est quelque chose qui se produit, pas qui se réfléchit ou se prépare.

Est-ce que vous préférez jouer dans une cave de pub ou sur une scène de gros festival ?

Rory : La cave, sans hésitation. C’est plutôt sans ce genre de configuration qu’on est habitués à jouer en fait. Sur une grosse scène c’est très difficile de capter ce que ressent le public, de voir s’il vit vraiment le concert.
Eoin : Tu dois apprendre à gérer les deux de manière différente. La première est renfermée, très tendue, presque claustrophobique, alors que l’autre est beaucoup plus épique. On se sent finalement plus stressés sur les petites scènes car sur les festivals les gens sont bien plus loin. Mais le garage est définitivement taillé pour être joué dans les caves et les toutes petites scènes.

Diriez-vous, d’une manière générale, que le nord de l’Angleterre est plus authentique, moins dépendant des modes que le sud ?

Rory : (à Eoin) Je crois que tu as déjà dit quelque chose comme ça avant... Eoin : D’une certaine manière oui. Même si avec Internet et tous les réseaux sociaux, tout le monde sait beaucoup plus ce qu’il se passe partout ailleurs. Musicalement, les groupes essayent plus de coller à la réalité dans le nord, à traiter de la vie quotidienne, ils sont plus traditionnels. Dans le sud les musiciens ont plus l’air de chercher à se faire des relations pour devenir célèbres.
Rory : Dans les villes du nord, il y a des scènes assez importantes depuis une bonne vingtaine d’années, grâce à l’auto-promotion qui passe pas mal par l’Université. La même chose se passe à Manchester, qui a vu beaucoup de groupes de post-punk éclore depuis les années 1980, et il y a aussi toute la vague actuelle, avec des groupes comme Everything Everything ou Django Django. Ils ont réussi à créer un vrai courant musical à part, même d’un point de vue local. Ce qu’il se passe là-bas est très intéressant.

Est-ce qu’il est facile de se faire connaître quand on vit à Sheffield, qui est juste à côté de Manchester ?

La plupart des groupes de là-bas ne vivent pas de leur musique, ils jouent dans les bars du coin sans chercher plus. Si tu veux espérer vivre de ce que tu fais, mieux vaut aller à Manchester effectivement.

Quelles chansons incongrues sont cachées dans vos baladeurs ?

Rory : J’écoute vraiment des choses très variées, c’est assez dur à dire. En ce moment j’ai un album de John Coltrane sur mon téléphone, Interstellar Space, c’est du free jazz, des impros de dix minutes de saxophone et de batterie.
Eoin : Moi j’écoute du Joni Mitchell, une chanteuse des années 1970 avec une voix haut perchée très particulière.
Rory : Je pense aussi à ce producteur suédois, un mec appelé TCF, qui fait probablement les choses les plus bizarres que je connaisse, il est dans un genre de quatrième dimension, quelque chose d’impénétrable.
Eoin : Il y a aussi un jeu, Hotline Miami, inspiré du film Drive, et la BO se ce jeu est incroyable, une espèce de disco brutale vraiment cool.
Rory : Bizarrement, on aime aussi le dernier album de Kanye West, Yeezus.

Si vous n’étiez pas devenu musiciens, qu’est-ce que vous feriez en ce moment ?

Rory : Eoin a lâché l’Université pour le groupe, du coup je pense qu’il y serait encore, à faire des productions de cinéma et de télévision.
Eoin : Je travaillais aussi dans une usine de fabrication de boîtes à la chaîne, un boulot de rêve.
Rory : J’ai aussi fait du graphisme pendant un an, peut-être que j’aurais continué là-dedans, ou voyagé...