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Johnny Borrell

Borrell 1

Johnny Borrell - Borrell 1
Chronique Album
Date de sortie : 22.07.2013
Label : Stiff Records/Virgin EMI
25
Rédigé par Clémentine Barraban, le 30 août 2013
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Lorsque qu’un frontman quitte son groupe, que ce soit pour un temps ou définitivement, en vue de se lancer dans un projet en solo, c’est toujours ou presque pour la même raison : produire un album estampillé par ses propres influences et jugements, autrement dit : pour se faire plaisir comme il l’entend et se révéler de façon plus intimiste qu’en se cachant derrière le nom d’un groupe. Certains prennent comme point de départ à leur projet une inspiration dans la continuité de la musique du groupe pour mettre en avant leur patte personnelle alors que d’autres, au contraire, cherchent à s’en démarquer. Ce qui est certain concernant le projet de Johnny Borrell, c’est qu’on n’y retrouvera de Razorlight que la voix. Le chanteur et guitariste anglais délaisse guitare et batterie pour se consacrer au piano classique, saxophone et orchestre de jazz, ne laissant rien apparaître qui pourrait rappeler son groupe d’origine.

La perspective de trouver gravé au laser du Borrell à la guitare sèche jouant des balades pop-rock aux faux airs de America se dissout en moins de temps qu’il n’en faut pour se mettre à remuer des hanches sur Power To The Woman. Le premier titre à l’énergie bossa-nova rétro impose sa place d’entrée en matière via une attaque de cuivres et de percutions avec la chaleureuse délicatesse d’un coup de soleil. Visiblement, l’anglais à la gueule d’ange a mis ses gros sabots pour être entendu.

S’il donne le pouvoir aux femmes, ce n’est pas la Gina de Pan-European Supermodel Song (Oh! Gina) qui dira le contraire. Qu’il fasse un clin d’œil à ses propres conquêtes ou non, la passion dévorante est encore ce qu’il exprime le mieux, même au travers, cette fois, de balades jazzy minimalistes telles que Dahlia Rondo ou Wild Today. Tandis qu’un air de western épique se glisse à mi-chemin de l’expérience, Cyrano Masochiste accorde un intermède piano-voix agrémenté de percussions tribales pour un savoureux brassage. Le sulfureux Erotic Letter met un terme au projet, laissant les doigts pleins de crampes à force d’avoir claqué le rythme, incité sans ménagement par le dynamisme et l’atmosphère jazz-club qui mérite que l’on sache l’apprécier.

Difficile de s’attendre à pouvoir ambiancer une soirée jazz-mojitos au bord de la piscine cet été avec un album de Johnny Borrell. Et pourtant, Trevor Horn (connu pour être l’un des fondateur de Art of Noise et avoir collaboré avec, notamment, Frankie Goes To Hollywood et les Pet Shop Boys) a produit à l’image de son auteur un album ensoleillé, brulant de nostalgie et nageant à contre-courant des attentes et des idées préconçues pour affirmer haut et fort ses influences. Les puristes pop-rock reviendront sans hésitation à Razorlight, les autres laisseront parler la curiosité, mais peu, c’est à supposer, se languiront d’un « Borrell 2 ».
tracklisting
    01. Power To The Woman
  • 02. Joshua Amrit
  • 03. Pan - European Supermodel Song (Oh! Gina)
  • 04. Ladder To Your Bed
  • 05. Dahlia Rondo
  • 06. Cyrano Masochiste
  • 07. We Cannot Overthrow
  • 08. Each And Every Road
  • 09. Wild Today
  • 10. Dahlia Allegro
  • 11. Erotic Letter
titres conseillés
    Cyrano Masochiste, Pan-European Supermodel, Dahlia
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