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Echo & The Bunnymen - Meteorites
Chronique Album
Date de sortie : 26.05.2014
Label : Caroline International
3
Rédigé par Mélissa Blanche, le 29 mai 2014
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Echo & The Bunnymen font partie de ces groupes britanniques que la modestie n'étouffe pas. Si leurs grands moments justifiaient bien un peu d'orgueil, leurs productions depuis une dizaine d'années n'invitaient cependant plus guère à la fanfaronnade. Qu'en est-il aujourd'hui de ce douzième album studio intitulé Meteorites ? Frontman à la langue bien pendue, Ian McCulloch n'hésite pas à déclarer qu'il s'agit de leur meilleur album depuis Ocean Rain en 1984, un gros succès commercial et critique qu'ils n'ont pas réussi à reproduire depuis.

Meteorites parvient en effet à redresser la barre en proposant quelque chose de plus personnel et d'intime que ses prédécesseurs. Originellement conçu comme un album solo, il se veut le récit d'une redécouverte de soi et d'une renaissance. L'album est une façon pour le chanteur d'exorciser ses démons intérieurs. Grapes Upon The Vine traite de ses problèmes d'alcool, Is This A Breakdown? de ses problèmes de drogue.
On retrouve ici la veine néo-romantique qui a toujours caractérisé les hommes lapins et qui se veut lyrique et emphatique avec de gros refrains, de gros build-ups et de grosses envolées – un style qui a inspiré des groupes comme The Verve, Coldplay ou encore Embrace.

Aussi retrouve-t-on les hymnes rock aux refrains entrainants auxquels ils nous avaient habitués (Holy Moses, Lovers On The Run, Burn It Down) mais ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus intéressant. A côté de cela, Constantinople fait la démonstration du talent de guitariste de Will Sergeant. D'inspiration orientale comme son nom l'indique, Constantinople est une des pierres angulaires de l'album. Market Town est également une belle réussite enjouée et entrainante qui met en valeur la guitare cristalline de Sergeant, même si le morceau traine un peu en longueur.
Sur cet album, le guitariste n'a fait qu'ajouter ses parties instrumentales sur les démos réalisées entièrement par le chanteur, mais sa contribution n'en reste pas moins fondamentale. Quant à lui, le titre éponyme est un excellent morceau d'ouverture, en crescendo, porté par la guitare hispanisante de Will Sergeant. « untouchable, celestial, beautiful and real » : c'est ainsi que Ian McCulloch résume la musique d'Echo & The Bunnymen et c'est ainsi également que l'on peut décrire ce premier morceau.

Difficile cependant après tant d'albums de créer sans cesse quelque chose de nouveau et de maintenir la flamme. C'est la tragédie d'un groupe qui a trente-cinq d'histoire. Le nouvel album des Anglais est de très bonne facture mais on ne peut s'empêcher de le comparer aux classiques. Aucun des morceaux de Meteorites n'a la force d'un Killing Moon, que Ian McCulloch qualifie modestement de meilleure chanson jamais écrite. Les hommes lapins ne parviennent pas non plus à se départir des recettes à base de refrains en grande pompe qu'ils semblent répéter d'une chanson à l'autre.

Meteorites a cela d'intéressant qu'il s'offre comme un voyage intime, une plongée dans le monde intérieur de son interprète ; mais il ne parvient pas à nous ôter le souvenir d'albums plus novateurs. Il n'empêche, un nouveau disque d'Echo & The Bunnymen n'est jamais une très mauvaise nouvelle.
tracklisting
    01. Lovers On the Run
  • 02. Is This a Breakdown?
  • 03. Holy Moses
  • 04. Meteorites
  • 05. Explosions
  • 06. Grapes Upon the Vine
  • 07. Burn It Down
  • 08. Constantinople
  • 09. Market Town
  • 10. New Horizons
titres conseillés
    Meteorites, Constantinople, Grapes Upon The Vine
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