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Gorillaz

Demon Days

Gorillaz - Demon Days
Chronique Album
Date de sortie : 23.05.2005
Label : Parlophone
4
Rédigé par Delphine, le 22 mai 2005
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Gorillaz est apparu en 2001 avec leur premier album éponyme. Plus qu’original, le concept du groupe était tout à fait nouveau: les membres sont en fait des personnages virtuels, de dessin animé répondant aux doux noms de 2D, le chanteur, Noodle, la petite guitariste, Murdoc, le bassiste qui fait un peu peur et Russell, le batteur qui en impose. Un groupe cartoon qui joue le jeu à fond puisque les membres répondent eux-mêmes au peu d’interviews qu’ils ont l’honneur de donner. Quant aux concerts, les « vrais » musiciens jouaient jusqu’alors cachés derrière des images des 4 personnages, ne laissant transparaître que leurs silhouettes (assez frustrant quand on sait qui se cache derrière…)

Nos gorilles préférés sont donc de retour 4 ans après leur fantastique premier album qui avait connu un succès mondial totalement inattendu et inédit pour un groupe virtuel. Pas si virtuel que ça, sachant que les protagonistes qui interprétaient ces cartoons dessinés par Jamie Hewlett (créateur de la BD Tank Girl) n’étaient que Damon Albarn, leader de Blur (accessoirement ex-coloc de M. Hewlett) et l’excellent producteur Dan The Automator. Quelques millions d’albums vendus plus tard, grâce notamment aux singles Clint Eastwood ou Rock Da House, Gorillaz remet donc le couvert, même si à l’origine, ce devait être l’expérience d’un unique album… Peu habitué à rencontrer un tel succès interplanétaire avec Blur, Damon Albarn a décidé de rameuter ses potes, de changer de producteur et de nous concocter un album plus que réjouissant.

Le beau Damon s’est donc entouré cette fois-ci de Danger Mouse, le fameux producteur derrière le Grey Album (le Black Album de Jay-Z + le White Album des Beatles) et de moult invités tels que Neneh Cherry, le rappeur en vogue outre-manche Roots Manuva, Shaun Ryder (jadis leader des Happy Mondays), l’acteur Dennis Hopper, Ike Turner (non, non, vous ne rêvez pas !) et De La Soul, pour ne citer qu’eux. Bref, que du beau monde.

Première surprise : il arrive souvent qu’à la première écoute d’un album (plus particulièrement quand c’est le deuxième d’un groupe), on soit quelque peu décontenancé et que donc, d’autres écoutes deviennent absolument indispensables. Ici, dans mon cas, la première impression fut déjà super positive. Album plus sombre que le précédent, certes, mais beaucoup plus avenant. Même si le premier avait ce côté très pop universel, la production de Dan the Automator était peut-être un peu trop présente… Bref, sur ce deuxième essai, la place est davantage laissée à la créativité de Damon Albarn et les morceaux sont plus légers. On reconnaît définitivement la griffe de l’anglais. Tout d’abord, sa voix est sur chaque morceau (et quand on apprécie tout particulièrement Blur, c’est absolument divin de pouvoir entendre son timbre si spécial). Plusieurs fois, on pense aussi à son album solo Democrazy (il utilise d’ailleurs un de ses morceaux, I Need A Gun sur Dirty Harry) ou même au côté très pop de Blur sur Oh Green World et son beat imparable et tous ces petits bruits qui sortent de partout : c’est ce qu’on aime chez Gorillaz, à chaque nouvelle écoute de l’album, on découvre d’autres sons, des bips-bips, des ouh-ouh qu’on avait pas remarqués auparavant ! Last Living Souls et son côté fait à la maison ou encore Don’t Get Lost in Heaven, (morceau dont la mélodie nous rappelle les Beatles ou encore ce tube des années 90’s de Fool’s Garden, Lemon Tree… en tous cas, moi, j’y ai pensé…) sont définitivement signés « Damon ».

Encore une fois, cet album fait la part belle à pas mal de styles différents pour notre plus grand bonheur : un petit peu d’électro-rock sur White Light, de la dance-rock sur D.A.R.E, titre absolument kiffant sur lequel chante Shaun Ryder en duo avec Albarn (ter-rible !), soul sur Every Planet We Reach Is Dead, classique-pop sur Last Living Souls avec sa guitare acoustique (presque omniprésente sur l’ensemble de l’album) et ses violons surprenants mais qui collent parfaitement au morceau ou encore hip-hop bien sûr avec l’excellent premier single Feel Good Inc. qui nous donne le plaisir de réécouter le duo De La Soul ou encore All Alone sur lequel intervient le britannique Roots Manuva. Reste du gospel sur les deux derniers titres où Damon s’est encore adjoint les services du London Community Gospel Choir. Le titre incontournable de l‘album est sûrement le featuring de l’acteur américain Dennis Hopper où celui-ci raconte une histoire de sa voix monocorde, le refrain toujours chanté par vous savez qui : cela donne une ambiance assez sombre et stressante, mais la guitare allège le tout…

Bref, il y en a pour tous les goûts sur ce Demon Days, mais l’ensemble sonne moins produit, moins lourd et en fait, plus agréable sur la durée que ne l’était le premier. Cette fois-ci, on a l’impression que c’est davantage l’album d’un homme plutôt que d’un collectif, mais d’un musicien qui sait très bien s’entourer et réussit toujours à surprendre. Il ne reste plus qu’à les revoir sur scène, ou plutôt les apercevoir sur scène sachant que, d’après Damon Albarn, une tournée est en préparation suivant toujours le même principe : les musiciens n’apparaîtront pas et le public pourra seulement reconnaître la silhouette du beau Damon ou de Dennis Hopper… C’est déjà çà…
tracklisting
    1. Intro
  • 2. Last Living Souls
  • 3. Kids with Guns
  • 4. Oh Green World
  • 5. Dirty Harry
  • 6. Feel Good Inc.
  • 7. El Manana
  • 8. Every Planet We Reach Is Dead
  • 9. November has Come
  • 10. All Alone
  • 11. White Light
  • 12. DARE
  • 13. Fire Coming Out Of The Monkey's Head
  • 14. Heaven
  • 15. Demon Days
titres conseillés
    Last Living Souls, Oh Green World, DARE, Feel Good Inc
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