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Bear's Den

Islands

Bear's Den - Islands
Chronique Album
Date de sortie : 20.10.2014
Label : Caroline International
4
Rédigé par François Freundlich, le 15 octobre 2014
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De Grizzly Bear à Seabear en passant par Panda Bear, les ursidés sont monnaie courante dans la jungle du rock indépendant. Sorti de sa tanière avec quelques EPs, le trio londonien Bear's Den nous avait séduit, s'imposant comme bien plus qu'un simple groupe de barbus à banjo. Ils prouvent avec ce premier album qu'ils font partie des nouveaux venus les plus prometteurs sur cette scène folk britannique.

Avec pour influence les grands espaces du Bear's Den original, ce parc naturel du Massachusetts, les racines americana se font sentir dès les premières notes du disque. Mais le réduire à cela serait une erreur puisque les influences indie pop ou folk rock ressortent dans des arrangements semblant se perdre dans une grotte profonde. Les compositions ne sont pas d'une grande complexité mais misent avant tout sur l'intensité de textes profonds et poignants. Chacune raconte une histoire et les couplets narrés par Andrew Davie sont mis en avant par sa voix profonde et emplie d'espoir ou de mélancolie. La comparaison avec Mumford And Sons nous titille sur ces chœurs ivres d'émotions, parfois a capella, ou ces reprises de guitares teintées de soupirs mélancoliques. Mais la musique de Bear's Den est bien plus introspective, évitant le larmoyant pour se rapprocher de la falaise écorchée que peuvent gravir Midlake ou The National. Elle navigue sans cesse entre des titres bruts et acoustiques et des égarements électriques.

Les refrains accrocheurs et glissant sont légions, et ce dès l'introduction sur Agape. Les textes personnels nous maintiennent en haleine comme ce « I was too young to understand » répété sur Above The Clouds Of Pompeii, s'achevant sur des superpositions de banjo et des cuivres un brin épiques. Les ballades folk acoustiques trouvent souvent des aspirations spirituelles comme sur Isaac ou l'intimiste Elysium et ses interrogations sur l'au-delà. L'éclatante Magdalene dénonce l'esclavagisme sur les femmes à travers l'histoire des Couvents de la Madeleine, ces institutions où des « femmes perdues » étaient « rééduquées » en Irlande. La reverb des guitares électriques prend de plus en plus de place pour atteindre son paroxysme sur l'intense et sombre When You Break et ses échos lointains. Les synthés se dévoilent, accrochant des éléments électroniques aux parois de la grotte. Ce titre marquant se termine dans une explosion finale marquée par les répétitions persistantes de « I want to fuck away all my fear »... Ces excitations et ce travail d'arrangements font décoller le groupe dans une autre dimension, bien plus que les ballades les raccrochant au sol.

Derrière leurs looks de bucherons, les Bear's Den surprennent en allant bien plus loin qu'un simple disque de folk americana à la mode pour s'échapper dans des géométries variables ornées de compositions de haut vol. On y reviendra comme Ernest l'ours dévorant ses bonbons.
tracklisting
    01. Agape
  • 02. The Love We Stole
  • 03. Above The Clouds Of Pompeii
  • 04. Isaac
  • 05. Think of England
  • 06. Magdalene
  • 07. When You Break
  • 08. Stubborn Beast
  • 09. Elysium
  • 10. Bad Blood
titres conseillés
    When You Break, Agape, Elysium
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