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Sleaford Mods

Chubbed Up +

Sleaford Mods - Chubbed Up +
Chronique Album
Date de sortie : 24.11.2014
Label : Ipecac Recordings
4
Rédigé par Sam, le 21 janvier 2015
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Le fac-similé n'a jamais eu pour moi grand intérêt. Une ribambelle de titres coupés au montage, juxtaposés façon speed à grands coups de salive, ça vous fait envie à vous ? En général, je passe le disque et je cris beurk. Mais bon, à tout son exception n'est-ce pas ?

Il est vrai que lorsque s'en mêlent les pires branleurs des East Midlands, Fynch et Williamson, la donne change aisément. Après tout, quand on a que trois touches à sa box et une corde à sa basse, difficile de percer le cycle. Je force un peu le trait car c'est là tout leur art : celui de vous prendre pour un con. Et comment vous dire que c'est plutôt bien fait : des boucles sales puant les relents de bière coulés au magnéto, une voix hachée comme trucidée au ventilo... c'est tout !
On ne dira pas que c'est brut de décoffrage, puisque ce serait massivement faux, mais plutôt d'enfouissement, tant le rendu est tassé compact, bruitiste et électronique. Musicalement difficilement plus qualifiables, les zozos se démarquent encore davantage de leur temps sur le plan idéologique : des paroles ordurières renforcées par un fort accent pécore à faire tiquer pléiade d'orthophonistes ajoutent à leur cambouis prolo, prenant tour à tour pour cible les résidus thatchériens de l'industrialisation, le chômage, et les Gallagher (rien que pour ça, je les respecte).

Ils avouent eux-mêmes ne pas chercher la complexité mélodique ou le plagiat Smithien si cher à beaucoup d'idiots, alors pourquoi les attaquer de façon si puérile ? Je lisais encore récemment des critiques visant leur manque de manières, leur impertinence et leur côté brouillon... D'accord, mais si c'est revendiqué ? Il serait peut-être temps de s'émanciper des cadres pop, de s'ouvrir à la recherche bien que flemmarde, ne trouvez-vous pas ? Qu'ils plaisent ou non, c'est une question de goût, mais tout de même, on ne soufflette pas l'homme avec son propre gant.
C'est fait dans le caniveau, pour le caniveau, avec un maximum de misanthropie, de provocation ivrogne et de désinvolture, mais ça a sa forme : le schéma reste le même, tourne en rond, et se révèle plus qu'intéressant aux premières écoutes. Ça ne prétend à rien de plus qu'à la dénonciation, à l'humour crade, mais ça soulage !

Dommage qu'à force de tourner tout le temps sur la même structure de crachin urbain sur trash talking, le disque grise à en devenir lassant. C'est sûrement là le reproche principal qu'on puisse leur adresser... et ils sont tellement barges qu'ils seraient capables d'en faire un son !
tracklisting
    01. The Comittee
  • 02. Jobseeker
  • 03. 14 Day Court
  • 04. Black Monday
  • 05. Jolly Fucker
  • 06. Tweet Tweet Tweet
  • 07. Bambi
  • 08. Routine Dean
  • 09. Scenery
  • 10. Pubic Hair Ltd
  • 11. Bring Out The Canons
  • 12. Fear Of Anarchy
titres conseillés
    Jobseeker, Tweet Tweet Tweet, Public Hair Ltd
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