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The Vaccines

English Graffiti

The Vaccines - English Graffiti
Chronique Album
Date de sortie : 25.05.2015
Label : Columbia Records
25
Rédigé par Olivier Kalousdian, le 28 mai 2015
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Justin Young, Freddie Cowan, Árni Hjörvar et Pete Robertson étaient sur la scène parisienne de la Flèche d'Or, le 25 mars dernier pour défendre leur nouvel opus, English Graffiti : depuis 2011, The Vaccines se sont imposé dans l'héritage des Strokes et proposent une interprétation radieuse d'un rock souvent vintage qui force le sourire et les déhanchements, à chacun de leur concert. Anti-héros aux postures accessibles par le plus grand nombre, notamment dans chez la gente féminine The Vaccines nous reviennent avec onze nouveaux titres. Beaucoup moins brut de décoffrage et peut-être plus subtils que ne l'étaient les chansons des albums précédents, What Did You Expect from The Vaccines? et Come Of Age, ce troisième opus marque un changement de cap, à moins que ce ne soit l'album de la maturité, c'est selon.

Titres rêveurs et sentimentaux (All Afternoon In Love), The Vaccines ralentissent la cadence (Want You So Bad, Maybe I Could Hold You) et surprennent avec un album plus consensuel et moins rock & roll. Si les riffs vengeurs sont toujours présents (Denial, Radio Bikini), force est de constater que, soit les Vaccines entreprennent un virage anguleux risqué, soit ils souffrent d'un cruel manque d'inspiration ! Le pire constat de ce dernier postulat se retrouve dans le titre Give Me A Sign. Une sorte de ballade sentimentalo-pop au chant criard, épaulé par des claviers aux sonorités douteuses, empruntées à des groupes comme Yes ou Duran Duran. À l'écoute de ce titre s'exfiltre un fort sentiment de malaise. Et, que dire du dernier titre de l'album, Undercover ? Une chanson d'une minute et vingt secondes en forme d'instrumental de fin totalement inutile, pour clore un disque qui dépasse difficilement les trente minutes.

Heureusement, il reste des titres enjôleurs comme le sauvage Radio Bikini ou le presque furieux Handsome qui ouvre l'album. Mention spéciale pour le catchy 20/20, même si ce titre renvoie inévitablement aux premières compositions du groupe. Sans faire de prosélytisme pour l'immobilisme, The Vaccines ne s'expriment jamais mieux, jusqu'alors, que dans les formats courts, le tir en rafale et la respiration haletante. L'autre ballade romantico-synthétique sans intérêt de l'album, Dream Lover, est un des premiers vidéo clips proposés par le groupe et s'égare, visuellement, dans un improbable univers mixé des ambiances de 2001 l'Odyssée de l'Espace et de Star Trek. Metronomy nous avaient déjà immiscé dans un univers très parallèle avec I'm Aquarius...

Co-produit par le groupe, Dave Fridmann (The Flaming Lips, Tame Impala, MGMT) et Cole MGN (Ariel Pink, Beck, Nite Jewel), English Graffiti bénéficie d'un artwork alléchant, mais qui est loin de refléter le contenu musical du disque. Coup de chaud, esprit en mal d'imagination ou disque raté, English Graffiti n'a pas grand chose à voir avec son pendant US, American Graffiti. À moins que tout cela ne soit qu'une vaste blague d'anti-héros du rock, une farce cynique, comme The Vaccines aiment à les faire, ce n'est sûrement pas là le niveau auquel nous attendions la bande à Justin Young. Espérons que ceci ne sacrifiera en rien le plaisir de les retrouver sur scène à l'affiche au festival Solidays au mois de juin à Paris.
tracklisting
    01. Handsome
  • 02. Dream Lover
  • 03. Minimal Affection
  • 04. 20/20
  • 05. (All Afternoon) In Love
  • 06. Denial
  • 07. Want You So Bad
  • 08. Radio Bikini
  • 09. Maybe I Could Hold You
  • 10. Give Me A Sign
  • 11. Undercover
titres conseillés
    Handsome - Radio Bikini - 20/20
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