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Ride

Weather Diaries

Ride - Weather Diaries
Chronique Album
Date de sortie : 16.06.2017
Label : Wichita Recordings
2
Rédigé par Emmanuel Stranadica, le 11 juin 2017
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Il y a des reformations plus ou moins heureuses. Un peu comme les couples, on se sépare et puis on finit par se remettre ensemble pour le meilleur et pour le pire. Souvent le pire se produit malheureusement, mais, fort heureusement, il arrive parfois que les choses repartent dans le bon sens. Qu'en est-il de Ride, vingt-et-un ans après leur dernier album ? Le groupe avait commencé par donner une très longue série de concerts en 2015 qui s'étaient avérés plutôt concluants avant de se lancer dans l'enregistrement d'un nouvel disque.

Weather Diaries est donc le cinquième album d'Andy Bell, Laurence Colber, Mark Gardener et Steve Queralt. Malgré ce come-back scénique réussi, fallait-t-il donner une suite au désastreux Tarentula ? Et surtout à quoi ressemble un disque de Ride en 2017 ? Lannoy Point, plage d'ouverture, nous donne un premier indice. Ceux qui attendent une forme de retour vers Going Blank Again ou qui rêvent d'un Nowhere bis peuvent d'ores et déjà passer leur chemin. Le quatuor d'Oxford a définitivement abandonné le shoegaze. Lannoy Point ressemble davantage à une pop song de bonne facture, où synthés et guitares un tant soit peu noisy et qui sonnent très début 90s cohabitent harmonieusement. La voix de Mark Gardener n'a pas changé d'un iota et donne à la chanson un charme certain.
Si l'entame de Weather Diaries a un côté presque rassurant, il ne faut pas s'emballer pour autant. Car dès le second morceau les quatre anglais retombent dans leurs travers. Charm Assault ressemble à une bouillie seventies et aurait très bien pu figurer sur le pauvre Tarentula. Et que dire de All I Want et son intro électronique ridicule, si ce n'est que ce n'est nullement un reprise de The Cure.

Tout n'est fort heureusement pas complétement raté sur cet album. La lente complainte éthérée Home Is A Feeling est relativement écoutable, Weather Diaries et son faux shoegaze aux accents new age ou Cali et sa basse métallique donnent à l'album quelques couleurs. Mais c'est un peu tout ce qu'on peut vraiment en retenir. Le reste est beaucoup plus dispensable voire littéralement raté. En effet que dire des deux minutes d'intro de Rocket Silver Symphony et de l'insipide Integration Tape où Mark Gardener vocalise à la limite de l'incantation ? Tout cela n'est guère passionnant. Le problème que rencontrent Ride avec ce changement de direction musicale, c'est qu'ils se sont transformés en un groupe tout simplement banal. Ce disque, à peu de choses près, aurait pu être composé par n'importe quel autre groupe anglais. On n'aurait pas vu la différence et c'est bien là que le bât blesse.

Un mois et demi après l'étincelant retour de Slowdive, Ride ne réussissent donc pas à nous emballer. On ne peut pas aller jusqu'à parler de catastrophe pour Weather Diaries, mais on ne peut que signifier notre déception après la découverte d'un tel album. A la différence du groupe de Reading, les anglais d'Oxford partaient avec un handicap sérieux : faire oublier leur très mauvais dernier disque en date. Pari perdu pour le quatuor qui n'a pas su reprendre les choses en main et tout emporter sur son passage au même titre que l'immense vague qui figure sur la pochette de leur premier disque. C'est bien dommage.
tracklisting
    01. Lannoy Point
  • 02. Charm Assault
  • 03. All I Want
  • 04. Home Is A Feeling
  • 05. Weather Diaries
  • 06. Rocket Silver Symphony
  • 07. Lateral Alice
  • 08. Cali
  • 09. Integration Tape
  • 10. Impermanence
  • 11. White Sands
titres conseillés
    Lannoy Point - Weather Diaries - Cali
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