Chronique album : Field Music - Open Here - Sound Of Violence
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Field Music

Open Here

Field Music - Open Here
Chronique Album
Date de sortie : 02.02.2018
Label : Memphis Industries
4
Rédigé par Yann Guillo, le 28 janvier 2018
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Discrètement mais sûrement, Field Music creusent depuis plus de quinze ans un sillon iconoclaste assez unique sur la scène indie rock.

Les frères Brewis ont horreur de la ligne droite. Pas question de se contenter d'un riff ou d'un groove pour en faire une chanson. Chaque morceau emprunte des détours alambiqués, des mélodies aux méandres délicieux, des changements rythmiques en copier/coller vertigineux, des arrangements aux arabesques idiosyncratiques intégrant tout ce que la musique pop a produit depuis 50 ans. C'est peu dire que leur musique est dense.

Pour Open Here, Field Music poursuivent leur exploration d'une pop cubiste sous influence 1980s. Comme toujours avec Field Music, on pense fortement à XTC tout le long de ces douze titres. Une certaine virtuosité musicale en plus. L'évidence mélodique en moins. D'autres noms de la New Wave viennent rapidement à l'esprit : Talking Heads, le Prince de Paisley Park, Les Buggles ou Squeeze.

Open Here ajoute son lot de joyaux au répertoire du groupe. Le single Count It Up est une perle synth-pop réjouissante. Un riff de synthétiseur entêtant porte le morceau avant que la batterie massive ne vienne lui donner un sérieux coup de fouet et que les cuivres ne raflent définitivement la mise. Dans une veine similaire, Checking On A Message, réinvente à sa façon le canon de la chanson pop du Royaume de sa Majesté. Time In Joy, quant à elle, forme une longue suite aux sections disparates, enchaînant les tourneries funk saupoudrées de sucreries pop.

Mais c'est lorsque le groupe s'apaise qu'il est le plus enthousiasmant. En sortant le clavecin et les cordes le temps d'un Daylight Saving par exemple, Field Music donnent un sacré coup de jeune à la pop baroque. Open Here, qui donne son nom à l'album, est aussi un morceau de bravoure. Comment ne pas penser aux heures les plus glorieuses de Paul McCartney sur ce titre enlevé, qui fait tournoyer violons et flûtes sautillantes autour d'une mélodie limpide.
Find A Way To, qui clôt l'album, est également une belle réussite. Démarrant par une mélodie hantée sur un sobre accompagnement de guitare acoustique et piano, le morceau se transforme ensuite en un véritable feu d'artifice instrumental. Les envolées tourbillonnent en cinémascope pour un final en apothéose.

A côté de ces sommets, on regrette que des chansons plus anecdotiques, comme Goodbye To The Country ou No King No Princess, viennent un peu gâcher la fête.
Si certains se fatigueront d'un art du contrepied musical parfois trop systématique et regretteront un parti-pris un rien cérébral, d'autres se réjouiront au contraire de retrouver l'originalité, les idées foisonnantes et l'audace artistique qui font la marque de fabrique des frères Brewis depuis de nombreuses années.

Choisis ton camp, camarade.
tracklisting
    01. Time In Joy
  • 02. Count It Up
  • 03. Front Of House
  • 04. Share A Pillow
  • 05. Open Here
  • 06. Goodbye To The Country
  • 07. Checking On A Message
  • 08. No King No Princess
  • 09. Cameraman
  • 10. Daylight Saving
  • 11. Find A Way To Keep Me
titres conseillés
    Daylight Saving - Count It Up - Open Here
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