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Je Suis Charlie

Dossier réalisé par SOV le 9 janvier 2015

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C'est avec l'effroi le plus profond que, comme vous, l'ensemble de notre rédaction a accueilli la triste nouvelle de ce mercredi midi. Une sentence humaine des plus infâmes, prononcée par le seul pouvoir des armes et de la stupidité, a avant-hier scellé le destin de douze de nos concitoyens.

Et comme cette parole ne saurait être accaparée par quiconque, l'ensemble de la rédaction de Sound Of Violence vous propose aujourd'hui un pot pourri musical établi d'après la sensibilité de chaque rédacteur en ayant eu la possibilité ou émis le souhait. Car si nos opinions personnelles divergent parfois, nous sommes fiers de pouvoir arborer nos différences dans le style comme dans le goût, et revendiquons aujourd'hui plus que jamais notre éclectisme à la mémoire des martyrs. Nos pensées leur vont tout droit, notre soutien à leurs proches.


François Freundlich est Charlie



Suite à la barbarie qui nous a touchés au plus profond de nous-mêmes, la meilleure façon de réagir et de rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo est de continuer à écrire et dessiner pour lutter pour notre liberté d'esprit, d'écrit, face aux obscurantismes. J'ai choisi cette chanson de Johnny Flynn car elle fait en partie écho à certains dessinateurs comme Martin Vidberg, Boulet, Plantu ou Zep dont les dessins allaient dans le sens de la force de l'écrit. Espérons que Charlie renaisse, multiplié par mille et dans tous les pays. Cette chanson aborde également la religion, précisant que certains échangent leur sang contre du vin, d'autres leur sang contre de l'encre. Leurs traits sont désormais gravés dans nos veines.

« The weight of all those willing words
I carried all alone
You wouldn't put your pen to bed
When we hadn't found our own, our own

The last of which I'll tell you now
As it flies down the sink
I never knew a part of you
You didn't set in ink, in ink »


Jean-Christophe Gé est Charlie



Un classique d'un vieux groupe qui m'accompagne depuis longtemps. Trans-générationnel, trans-culturel, innovant, irrévérencieux mais pop, c'est mon son pour aujourd'hui. Je ne suis pas un artiste, je me nourris de leurs œuvres, je les en remercie. A mon tour, ma voix dit que je suis Charlie.

« I don't want to start
Any blasphemous rumors
But I think that God's
Got a sick sense of humor
And when I die
I expect to find Him laughing »


Xavier Ridel est Charlie



D'aucuns ont souhaité voir en WU LYF de simples arrivistes adeptes de la communication. C'est sans doute vrai. Mais il est des musiciens qui, à l'instar des Sex Pistols, correspondent parfaitement à leurs temps et ce, en dépit de leur condition de « groupe hype ». Notre époque se noie dans un océan de désillusions, hantée par le spectre effrayant des extrêmes de tous bords, d'une société à la dérive et d'uppercuts émotionnels tels que celui qu'a pu encaisser la France en ces heures sombres. Alors il faut hurler, hurler sa rage au bord du précipice, et s'accrocher à l'espoir comme à une bouée de sauvetage. Ne pas hésiter à scander en choeur, encore et encore :

« We bros you lost man
We bros so long
Put away your guns man
And sing this song »


Sarah Pitet est Charlie



Dans une époque où peuvent choir soudainement les plus précieux de nos idéaux, n'ayons pas peur de rester « libre d'être ce que nous voulons, libre de dire ce que nous voulons ».


Julien Soullière est Charlie



Avec ce titre limpide et d'une infinie délicatesse, le groupe anglais rend hommage à Jeremiah Duggan, un étudiant anglais de 22 ans mystérieusement décédé en 2003, alors qu'il était en Allemagne pour assister à la conférence annuelle de l'Institut Schiller, dont il ignorait visiblement tout des liens avec le leader américain proche de l'extrême droite, Lyndon Larouche. Une prise de conscience tardive (agrémentée d'une mauvaise rencontre) aurait-elle été fatale à ce jeune homme de confession juive? Un titre sans fioritures, idéal pour pleinement profiter de la voix si particulière de James Walsh, et qui nous parle avant tout d'incompréhension. Cette incompréhension face à la vie qui s'éteint, à ces questions qui ne semblent pas vouloir arrêter leur danse, aux conclusions faciles qu'on est tenté de tirer pour soulager nos cœurs et nos consciences. C'est cette même incompréhension qui nous a saisis à la gorge ce mercredi 07 janvier 2015. Les parents de Jeremiah Duggan n'ont jamais cessé, et ne cesseront jamais leur combat. Ils veulent la vérité, c'est leur droit, leur liberté. Nous n'arrêterons jamais le notre. Qu'un seul tienne et les autres suivront.


Amandine Hénon est Charlie



8 janvier 2015, les yeux à peine ouverts, nous réalisons qu'il ne s'agissait pas d'un cauchemar sordide mais que des extrémistes se sont bel et bien attaqués à la sacro-sainte liberté d'expression, meurtrie dans son sein.
On le sait, la musique, comme le dessin et la satire, ont toujours été l'occasion de dénoncer ou de pointer du doigt les dérives de notre société et quoi de mieux pour illustrer ces propos que ce No Love Lost de Joy Division, groupe emblématique s'il en est, dont le nom même trouve racine dans une période bien trouble de notre histoire. Écrire pour dénoncer, écrire pour pleurer, écrire pour respirer... because « I need it, I need it ».


Mélissa Blanche est Charlie



« Nothing to kill or die for
And no religion too »

Difficile de trouver des mots plus justes, et plus forts. Difficile de trouver les mots, tout simplement. J'ai choisi ce morceau car ce sont précisément les mots dont nous avons besoin aujourd'hui. Des mots d'espoir. Parce que, oui, au beau milieu de l'horreur, en plein cauchemar, il faut continuer d'imaginer. Continuer de rêver. Rêver qu'un jour, peut-être, on arrêtera de chercher des prétextes pour s'entretuer. Mieux, on commencera à s'aimer.



Face à la barbarie et à l'horreur, on est désemparés, on est sous le choc, on ne comprend pas. On ne sait pas quoi faire, on voudrait changer le monde, mais comment faire ? « I'd love to change the world, but I don't know what to do »


Jean Duffour est Charlie



Ce titre joué par les Who, notamment lors du festival Woodstock, décrit la rédemption de Tommy, personnage qui s'est affranchi de ses chaînes et qui, soucieux d'assumer ainsi que de proclamer cette délivrance, encourage la foule à le suivre pour atteindre un idéal : la liberté, celle-là même qui l'a rendu plus humain que jamais. « How can we follow ? », soyez libres, toujours, soyons Charlie, partout, tout le temps.


Mélodie est Charlie



Séchons nos larmes et relevons la tête car c'est maintenant que tout commence.


Sandra Stefanini est Charlie



Le terrible attentat survenu dans les locaux de Charlie Hebdo nous laisse meurtris et désemparés face à tant de violence et de haine. La rage et le désespoir dans nos coeurs et devant nos yeux ces images terribles qui tournent en boucle. Dans cette chanson, écrite suite aux attentats de Londres le 7 juillet 2005, et se référant également au 11 septembre 2001, Kele Okereke aborde le sujet du traitement mediatique de tels drames. Comment certains médias nourrissent notre peur et comment la haine engendre la haine.

Ne laissons pas gagner ceux qui nous ont frappé, ne nous divisons pas. Et surtout ne succombons pas à la peur. Soyons tous Charlie.


Sami Bouhara (Sam) est Charlie



Alors pourquoi cette chanson ? C'est vrai qu'après tout, elle ne s'insurge de rien (à première écoute seulement, sinon je n'en traiterais pas). Les paroles sont maigres et la mélodie sauvage, alors en quoi pourrait-elle bien nous servir de porte-étendard anti-haineux ? Tout simplement parce que Rouget de l'Isle et sa Marseillaise ne disposent du monopole indigné, encore moins par les temps qui courent. On peut aussi pousser de gros coups de gueules apolitiques vous savez ? Certains en ont fait les frais, pour la défense de leurs libertés, au plus grand dam des Saints... d'esprit ! Et ce que la compagnie Black Francis cherche à nous faire comprendre par cette minute cinquante, c'est qu'il faut vraiment être brut comme ce son et con comme ces paroles pour jouer du canon quand il existe d'autres moyens civilisés, artistiques ou non, pour faire entendre une opinion ou une boutade inoffensive à fort effet dédramatisant. Et là où le sang sèche plus vite, l'encre triomphe à la marque.



Un principe fondamental. Le support même d'une liberté pérenne. Cette chanson, nous n'y avons pas pensé de suite... Mais comment aurait-on pu oublier ne serait-ce qu'un seul instant tout le message que porte son titre ? Mercredi dernier, d'autres que nous qui, par leur plume, n'ont eu de cesse de réitérer encore et toujours le sens même d'une telle valeur en perpétuelle déperdition ont trouvé la mort face à la mesquinerie ambiante. Leur humour acerbe qui nous passait du baume au cœur du quotidien, nous a aidé à dédramatiser un brin nos situations les plus absurdes. Et ça nous ne l'oublierons jamais. Alors pour eux, on s'en est souvenu, avons réécouté le morceau. Ça nous a fait du bien. Cette mélodie chatoyante posée sur un thème grave, celui de la liberté bafouée, du non respect de la vie d'autrui, abordé avec toute la sensibilité que peut contenir une voix féminine, nous a légèrement rassurés. A défaut de pouvoir les ramener, nous communions. Avec eux, sur cette petite ballade.



Et maintenant ? Que faire ? Continuer. Continuer à écrire et à nous exprimer. Continuer à lutter contre l'ignorance. Continuer à nous manifester, affirmant notre présence. Continuer, dans notre différence, à nous aimer. Parce que c'est ce qu'ils voulaient, parce que c'est ainsi qu'ils convient d'agir. Keep On Rocking In The Free World.


En espérant que ces quelques lignes auront contribué à vous remonter le moral tout en vous poussant à la réflexion, veuillez croire chers lecteurs, à la sincère dévotion de toute notre équipe.