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China Rats
The Struts

Paris, Point Éphémère - 22 novembre 2013

Live-report par Mélissa Blanche

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Il y en a un peu pour tous les goûts ce soir, au Point Ephémère. Du rock glam, du rock garage, du rock sixties. Trois groupes, trois découvertes.

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Pour commencer, une plongée dans l'Amérique des années 60-70. Le groupe qui inaugure la soirée, Velvet Veins, est un quatuor anglo-canadien-américain formé dans la banlieue parisienne ; mais on les croirait tout droit sortis de l'Alabama. Du bon vieux rock sudiste, du rhythm and blues, un peu de soul, une pincée de funk : on se croirait dans « That 70's Show », sans le disco. Nos quatre musiciens sont jeunes, ils débutent, ils n'ont même pas encore sortis leur premier EP ; mais il y a du potentiel. Et de bonnes raisons de se réjouir pour les amateurs de musique rétro.

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La soirée devient britannique avec l'entrée en scène de China Rats. Le groupe de Leeds incarne la jeunesse anglaise rock, punk, rebelle, furieuse et fougueuse. Leur musique et leur attitude évoquent celles d'un autre groupe anglais du moment, Palma Violets. On pense aussi aux Vaccines. Tout chez eux est terriblement anglais : l'attitude, la désinvolture, l'accent et la chevelure. Ils joueront une petite dizaine de morceaux, dont le single N.O.M.O.N.E.Y. Le public est attentif, mais peu réactif. Cependant, les musiciens n'en démordent pas. Ils se balancent sur leurs jambes, ils envoient leur sauce sans se poser de question. Le bassiste n'arrête pas de bouger et le chanteur remercie le public après chaque chanson. Ils ont l'attitude, l'énergie, l'envie. Un groupe à suivre, donc.

Vient enfin le clou de la soirée : The Struts, qui nous offrent un show totalement déjanté et irrésistible. Dès leur arrivée, il parait évident que le public est venu pour eux. Beaucoup connaissent d'ailleurs déjà les paroles. Le groupe étonne tout de suite par son apparence. Quelque part entre T-Rex, David Bowie, les Strokes, Kiss... « A glamorous indie rock'n'roll band » comme ils se décrivent eux-mêmes.
Le chanteur, Luke Spiller, est un phénomène. On croirait voir un Julian Casablancas version androgyne glam rock. Il possède tout l'attirail du genre : du maquillage pailleté sous les yeux, un haut moulant doré, des chaussures argentées... Il danse comme Mick Jagger et se déhanche comme Michael Jackson. C'est un frontman de génie. A la moitié du concert, le voilà déjà trempé. Mais c'est pour la bonne cause : « The sweat is not in vain I tell you » !

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Musicalement, les Struts semblent très inspirés par un groupe comme AC/DC. C'est direct et efficace, mais pas toujours très sophistiqué. Ils reprendront Rebel Rebel de David Bowie et finiront sur Twist And Shout. Le groupe a également enregistré une très bonne reprise du tube de Daft Punk, Get Lucky, qu'ils ne joueront pas ce soir.

La formation reprend les codes du glam rock : la théâtralité, la mise en spectacle mais aussi certains motifs musicaux, comme le fait de faire chanter en chœur tous les membres du groupe. Pas question cette fois-ci de rester passif. Le public n'est pas là pour écouter mais pour participer. Le groupe va accomplir une prouesse : parvenir à faire bouger et danser les garçons tout autant que les filles. Luke Spiller et ses acolytes ont le sens du show : « Is everybody ready for some entertainment ? », nous lâche celui-ci. C'est à se demander si le spectacle n'a pas pris le pas sur la musique. Le but est affiché : on veut nous faire danser, on veut nous faire sauter, on veut nous faire chanter.

Il n'y aucun doute, les Struts sont les stars de la soirée. On repart de là on ne peut plus satisfait.