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Alt-J

Paris, Chapelle des Beaux-Arts - 29 janvier 2015

Live-report par Mélodie

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La Blogothèque fait rêver bon nombre de personnes avec ses Concerts de Poche. Ce jeudi 29 janvier, leur équipe organisait, en partenariat avec ARTE Concert, un show privé de Alt-J, dans un endroit insolite de Paris, tenu secret jusqu'au jour J. L'idée est très séduisante, et presque excitante. Comme s'il s'agissait d'un jeu de piste, chacun essaie de deviner quel sera le point de rendez-vous. Le matin même, l'information nous est envoyée par mail. Le rendez-vous est donné au 14 rue de Bonaparte. Notre ami Google est plus bavard et nous apprend qu'il s'agit de l'adresse de l'École des Beaux Arts de Paris. Beau programme !



C'est là un beau clin d'oeil à Alt-J, dont la plupart des membres ont eux-mêmes étudié aux Beaux Arts. Le secret ayant été dévoilé, il nous est quand même demandé de ne pas révéler le lieu où se tiendra la soirée. On prend alors la mesure du privilège qu'il nous est donné de pouvoir assister à ce concert privé qui fait beaucoup d'envieux. Il est 19h30 lorsque la petite grille de l'entrée de l'Ecole des Beaux Arts s'ouvre pour nous laisser rentrer, un par un, après avoir bien soigneusement donné son nom puis tendu sa main pour le coup de tampon qui nous ouvrira toutes les portes. L'école est déserte, et c'est timidement qu'on se suit les uns les autres pour arriver face à une petite porte vitrée devant laquelle se trouve un vigile chargé de vérifier l'intérieur de nos sacs. Et c'est là que le voile est enfin levé. Après avoir imaginé divers scénarios, on découvre finalement le lieu qui servira de salle de concert. Et quel lieu ! Il s'agit de la Chapelle des Petits-Augustins des Beaux-Arts. Les meilleures copies des grandes œuvres de la Renaissance italienne et française sont exposées dans cette Chapelle. La scène a d'ailleurs été montée devant une représentation du Jugement Dernier de Michel-Ange. L'endroit est absolument magnifique, à tel point que les gens osent à peine parler, comme si le silence était de rigueur. Les têtes se lèvent, il y a tant à regarder. Il est surprenant de voir tout le matériel logistique nécessaire au concert se confondre si naturellement dans le décor classique et artistique de la Chapelle.

La Chapelle se remplit peu à peu. Vers 20h30, les premières notes de Hunger Of The Pine résonnent religieusement, et Alt-J font leur entrée sur scène. Le tableau est grandiose et tellement atypique. Le groupe parait tout petit, surplombé par la majestueuse statue du Colleone, elle-même surplombée par la copie du Jugement Dernier de Michel-Ange. Alt-J enchainent avec Fitzpleasure, Matilda, Something Good, Left Hand Free et d'autres titres de son répertoire.
D'entrée de jeu, le groupe fait très fort et nous sert le meilleur de ses deux albums, An Awsome Wave et This Is All Yours. Les mauvaises langues disaient, pour la plupart, que Alt-J n'étaient pas particulièrement bons sur scène. Ce début de concert vient contredire cette légende urbaine. Et pourtant, la deuxième moitié du concert est moins convaincante. Il faut dire que le choix de la setlist est très surprenant. Choisir de commencer par tous les titres les plus emblématiques promet une belle ouverture mais représente surtout un risque, le risque que la soirée ne s'essouffle à un moment donné. Et c'est exactement ce qui se passe. Il faut avouer que le groupe n'est pas particulièrement bavard ni très dynamique. Exception faite de Gus Hunger-Hamilton qui tente, parfois, de brèves accroches avec le public, le reste du groupe semble être complètement hermétique. Certes, les voix sont cristallines (on regrette parfois de ne pas assez les entendre d'ailleurs), les envolées électro sont magnifiées par le lieu, en revanche, l'ennui aura failli, une fois ou deux, montrer le bout de son nez. Fort heureusement, la température monte a nouveau lors du final avec Breezeblocks. La soirée se termine donc sur une note très positive.

La Blogothèque ne déçoit jamais avec ses Concerts de Poche. Le décor de ce soir, assez extraordinaire, a magnifié le concert d'Alt-J, malgré une setlist beaucoup trop inégale. On pourra dire qu'on a assisté à un concert dans la (presque) Chapelle Sixtine. Le mariage entre la pop électro et l'art de la Renaissance italienne n'a jamais été aussi harmonieux.