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Nick Mulvey
Henry Green

Paris, Trianon - 31 mars 2015

Live-report par Olivier Kalousdian

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À l'âge de dix neuf ans, Nick Mulvey déménage à la Havane pour y étudier la musicologie et les arts locaux. Avec le Portorico Quartet, collectif post-jazz latino dans lequel Nick Mulvey joue du Hang (deux woks réunis qui officient dans le domaine des percussions), il est nominé au Mercury Prize. Ouvrant, pendant quelques années pour les concerts de Lianne La Havas ou Rodrigo y Gabriela, Nick Mulvey se partage entre son Angleterre natale et les plages du Brésil ou du Maghreb. Un prologue qui définit la direction sonore que prendra, par la suite l'anglais et son groupe dans une ambiance « folk hybride », pour ne pas dire Rocka Nova.

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Pas surprenant, donc, que le Trianon reçoive ce soir dans une configuration assise ; les trois quarts des rangées de fauteuils de velours rouges, symboles des salles de spectacle, ont été installés et sont occupés par un public qui s'étend jusqu'au deuxième balcon du théâtre.
Henry Green, accompagné d'Emlyn Bainbridge et Matt Taylor, va d'abord prendre les commandes du vaisseau-amiral des salles de spectacles du boulevard de Rochechouart depuis que l'Elysée Montmartre a péri. Avec des mélodies d'une mélancolie à déconseiller un soir de rupture amoureuse et des textes poétiques d'une maturité inversement proportionnelle à son âge, Henry Green flotte, du haut de ses vingt ans à peine entamés, sur un folk dominé par l'électronica, aérien et cotonneux. Originaire de Malmesbury, une petite ville du Wiltshire, dans le sud-ouest de l'Angleterre, Henry Green est surtout connu, jusqu'ici, pour ses reprises anémiques de MGMT (Electric Feel) ou Foals (My Number) et son single sorti en 2012, Shipwreck. Des titres portés par une belle voix à la forte reverb, des sonorités entendues chez Frànçois And The Atlas Mountains ou des reprises que personne ne reconnaîtra, et pour cause, mais qui vont plonger le public dans une douce léthargie.

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Réveillée par les acclamations à l'entrée sur scène de Nick Mulvey, la jeune fille trop confortablement assise se redresse d'un seul coup pour se saisir rapidement de son smartphone ; en configuration assise, l'occasion est trop belle pour des vidéos sans un seul spectateur s'immisçant dans le cadre. Accueilli comme des bien plus grands, le quintet de Nick Mulvey – qui accompagnait Baxter Dury et Asgeir au festival les inRocKs Philips à la Cigale voisine en fin d'année dernière – cite souvent Philip Glass, Ali Farka Touré ou Boubacar Traoré dans ses influences. Un sacré melting pot d'inspirations.
First Mind, son premier album sorti chez Fiction Records en 2014, a retenu l'attention par ses mélanges caribéens portés par des folk songs recherchées, mais parfois assez inégales. Pas une seule personne de ce nombreux public ne lui en tiendra rigueur, ce soir. Acquis et séduits par sa personnalité (une figure d'ange aux traits méditerranéens) et la sincérité que dégagent ses compositions, le violoncelle électriques, charango et violão joués par ses partenaires rajoutent, si besoin en était, au charme de cette musique éclectique apprise au gré des voyages sud américains de Nick Mulvey.

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Jouant de titres aux forts accents pop (Meet Me There), narcoleptiques (First Mind), classiques dans la veine d'un Leonard Cohen (April) ou axés sur des rythmiques africaines et bien plus entraînants (Juramidam), Nick Mulvey jouit d'une présence scénique déjà experte et entraîne son public là où il le désire. Des conversations de boudoir s'amorcent entre le public et lui et la gent féminine n'en finit plus de rêver au prince charmant venu saupoudrer de sérénades, parfois hispanisantes, un soir d'été et de pleine lune. Oui, mais Fink, Drake ou Bon Iver sont déjà passés par là...
Pas de quoi refroidir les ardeurs du public qui se masse maintenant debout et goûte avec plaisir l'éloquence d'un Nitrous (taillé pour la FM) joué en fin de set ou l'aura de Hold On We're Going Home, reprise de Drake.

Ils sont alors à bonne température pour reprendre, en chœur et en dansant, le dernier titre et sûrement le plus attendu ce soir : le très latino bossa nova, Cucurucu.
setlist
    HENRY GREEN
    Non disponible
    NICK MULVEY
    Meet Me There
    Juramidam
    First Mind
    April
    Ailsa Craig
    I Don't Want To Go Home
    The Trellis
    Look At Miss Ohio (Gillian Welch cover)
    Venus
    Fever To The Form
    Nitrous
    ---
    Hold On, We're Going Home (Drake cover)
    Cucurucu
photos du concert
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