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The Kooks
Vincent Vincent & The Villains

Paris, EMI Studios - 6 mai 2008

Live-report par Laurie

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Pop de chambre, Music Spaghetti et Rock from Brighton, lorsque le temple du disque EMI ouvre ses portes pour un concert, la programmation s'échappe dans la sphère du beau et de l'inattendu entre valeurs montantes et valeurs sûres. "Emiiii" vomissait Johnny Rotten; n'empêche que le bunker rouge, a eu ce soir l'art du bon goût sans jamais mettre un seul pied sur le trottoir.

Place à un groupe en provenance de Londres, qui nous fait demander, "Dis, t'as pas vu Eddie Cochran ce soir ?" Le quartet qui fait son entrée sur scène est le revival rockabilly de l'année. Avec un premier album Gospel Bombs, sorti en mars dernier, la bande de Vincent Vincent joue fort ses influences r&b, situées du côté des Drifters et des Coasters. Vincent Vincent & The Villains nous emmène sur le boulevard de la mort, guitares tenues en l'air, et petit boléro de rigueur. Mais le côté burlesque s'arrête là, car le groupe entend bien déverser son lot de titres rock. Une bande son idéale pour un Tarantino, pour une histoire racontée au 4ème degré, où la tragédie guette à chaque accord. Le décor est planté avec Cinema devant un public réceptif et sautillant, qui se laisse embarquer sur le technicolor, Blue Boy, qui aurait pu, lors du siècle dernier servir de face B au célèbre C'Mon Everybody. Vincent essaie de dire quelques mots en français, vivement encouragé par la foule. Le leader proclame que le public est "super" ce qui lui vaut quelques applaudissements avant de repartir sur Sins Of Love qui donne avec ses backing vocals bien calibrées quelques sursauts à la The Coral. Killing Time et ses airs très "cha la la la, cha la la la" mimés par des filles sur le côté, façon Supremes, nous emmène à la fin du gig, sublimé par End Of Night, tel le point cathartique culminant, d'une tragédie tournée par Sergio Leone. Vincent Vincent et ses Vilains ne ressemble à aucun autre groupe et devient en plus d'une bonne surprise, notre nouveau groupe préféré.

Quelques clopes plus tard, quelques Plastiscines après, la foule grossissante s'amasse dans l'auditorium pour acclamer les stars de la soirée : les Kooks. Un mois après son excellent concert à l'Elysée Montmartre la bande de Pritchard est attendue de pied ferme par une assemblée de privilégiés qui redemandent un peu de Konk, leur second album. La foule salue l'arrivée des quatre, qui commencent direct sur Always Where I Need To Be. Ambiance survoltée avec un chanteur à peine à un mètre des premiers rangs, qui tentent vainement d'effleurer un bout de t-shirt bleu ou de bouclette. Juste le temps de faire le fameux Eddie's Gun pour enchaîner sur le célèbre Ooh La reprit en choeur par tout le public. Quelques intrépides réclament Mr Maker, ne laissant pas indifférent le groupe qui se regarde d'un air complice, et Luke de murmurer "We'll see, we'll see". Le groupe embraye sur un Sway triomphal. Luke Pritchard se tient en équilibre sur les amplis, brandit sa guitare et se laisse porter par les acclamations de la foule. Les titres de Konk joués live deviennent vicieux et moins lisses ce soir, le groupe laisse la fraîcheur pop au studio et offre un gig hargneux. Puis, des briquets et des lumières de portables se hissent lorsque les Kooks font le poignant One Last Time avant d'enchaîner sur le sublime I Want You Back, issu du premier album, avec son refrain chaotique rythmé par les bras levés de la fosse. Les Kooks reprennent leur souffle tandis que Pritchard demande "Who wants Mr Maker?" Toute la salle jubile et acclame les premiers accords enjoués du titre star, de ce soir. Les morceaux emblématiques de Konk sont passés en revue avec See The Sun, Do You Wanna et Shine On. La fosse est au bord de l'apoplexie. Le leader essaie d'introduire un titre en français. Les premiers rangs complètent les mots par les syllabes manquantes et aident Pritchard à passer son grand oral de français. Mention très bien pour See The World qui s'échoue sur You Don't Love Me. Le groupe remercie la foule tandis que chacun applaudit attendant un petit rappel...en vain.

Qu'importe, les Kooks ce soir auront une nouvelle fois prouvé qu'ils méritaient leurs tickets pour le studio des Kinks et les honneurs pour leur Konk.
setlist
    VV&V
    01. Cinema
    02. Blue Boy
    03. Beast
    04. On My Own
    05. Sins Of Love (Wah Do)
    06. Pretty Girl
    07. Killing Time
    08. Telephone
    09. End Of The Night

    THE KOOKS
    01. Always Where I Need To Be
    02. Matchbox
    03. Eddie's Gun
    04. Ooh La
    05. Sway
    06. Time Awaits
    07. One Last Time
    08. I Want You Back
    09. She Moves In Her Own Way
    10. Mr Maker
    11. See The Sun
    12. Do You Wanna
    13. Naive
    14. Shine On
    15. See The World
    16. You Don't Love Me
photos du concert
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