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Depeche Mode

Paris, Stade de France - 27 juin 2009

Live-report par Jean-Christophe Gé

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Après avoir été le premier groupe de rock à jouer à Bercy, Depeche Mode fait sa première infidélité au Palais Omnisport en 25 ans. Ceux qui regrettaient de devoir aller dans cette usine polyvalente pour voir ce groupe culte en ont eu pour leur argent en les voyant dans un cadre encore plus gigantesque et au final pas si effrayant, au moins en pelouse or.

La soirée commence par M83. Les petits français signés par Mute ont la lourde tache de réchauffer les stades avant les stars de l’electro pop, et au passage le privilège de chauffer la sono pour leurs idoles. C’est la quatrième fois que je vois nos sudistes en concert, et la quatrième configuration du groupe que je découvre. Ce soir, il y a une guitare, une batterie, deux synthés, deux portables et deux voix (un garçon et une fille). Au total, juste trois personnes, mais ils occupent bien cette scène XXL. Leur set est plus électrique que leurs précédents concerts avec plus de place pour la guitare et un son plus variété lié à la voix féminine. Leur set est tout en progressions et l'ambiance se fait petit à petit plus électronique et en mode depeche. En une demi-heure le groupe a donner un bon aperçu de ce qu'il sait faire et a invité le Stade de France à venir les revoir en ouverture de... Mylène Farmer.

Un petit tour et puis s'en vont. Pause sandwich, un large choix, c'est ça les concerts dans une grande infrastructure. Entre deux mastications je reconnais U2, Blondie, FGTH, la musique sied bien aux tshirts et aux cheveux grisonnants, même si le public est assez large en terme d'âge. A quinze minutes du début, changement d'ambiance et les hauts parleurs balancent une techno un peu binaire avec beaucoup de basses. Pas impossible que ce soit à nouveau Motor qui était déjà la bande son d'interlude lors de la précédente tournée. Le public est là pour faire la fête et entretient des belles holas, nous sommes tout de même dans un stade.

Il fait encore jour quand le groupe arrive sans crier gare. Tous ensemble et d'un coup, Depeche Mode ont abandonné les mises en scène grandiloquente pour la jouer plus direct. Le groupe attaque par In chains, le morceau qui démarre également Sound Of The Universe. Les guitares de Martin Gore, la batterie de Christian Eigner et la puissance de la voix de Dave Gahan électrisent suffisamment les chansons pour que les synthés d'Andy Fletcher et Peter Gordeno ne cantonnent plus le groupe à de l'electro pop.
Suivent deux autres nouveaux titres, Wrong le single rentre-dedans, et Hole To feed. Le nouvel album passe très bien sur scène, surtout dans ce jeu très direct. Depeche Mode prend le Stade de France à contre-pied, au lieu d'y faire une grande kermesse pyrotechnique, ils y font un concert live. La moitié des vidéos sont filmées en direct, l'autre étant des mini clips d'accompagnements. Le light show est rythmé et efficace.

La tension monte d'un cran avec Walking In My Shoes, premier ancien titre de la setlist. Pour It's No Good, Martin, qui a changé de guitare à chaque morceau, en prend une en forme d'étoile, la régie vidéo s'excite et les écrans projettent une version du concert digne d'un thriller de Hong Kong. Et ça tombe bien car le morceau qui démarre est un de leurs plus efficaces sur scène : A Question Of Time.
Retour au dernier album avec une version très adaptée au live de Precious avec des breaks de guitares qui manquent à la version studio. A peine le temps de s'en réjouir que l'intro meurtrière de Fly On The Windscreen retentit. Death is everywhere...
C'est déjà le moment de la séquence calme de mi-set. Le groupe s'efface pour Peter au synthé et Martin qui fait encore grincer sa guitare en fin de couplet de Little soul. Pour Home, le retour aux sources, il l'abandonne pour la première fois depuis le début du set. Dans mon carré de pelouse doré, la magie a du mal a opérer car c'est le moment qu'ont choisi mes voisins pour échanger clopes et anecdotes, les épuisés du premier rang pour prendre du recul et les potes du fond pour ravitailler les premières lignes en Heineken.

Le reste du groupe revient et le set démarre en douceur avec deux titres extraits du dernier album, Come Back la bien-nommée et Peace dans une interprétation moins shamallow. Et puisque l'heure n'est plus aux douceurs, Depeche Mode fait un enchaînement parfait de hits jusqu'aux rappels : In Your Room, I Feel You, Policy Of Truth, Enjoy The Silence, Never Let Me Down Again.
Attention, spoiler : le premier rappel est un rêve de fan devenu réalité, l'ouverture d'une brèche temporelle ou la BO d'un film bondage jouée live devant 30000 personnes : Stripped, Master And Servant, Strangelove. Trois titres qui sentent le cuir, déchirent sur disque et retourne un stade.
Heureusement que le groupe n'a choisi de jouer Personnal Jesus et sa vidéo sulfureuse et sexy qu'après un rappel, on ne sait ce qui ce serait passé sinon. Pour calmer les esprits et nousn laisser partir en paix le groupe finit par un très léger Waiting For The Night chanté par Martin et Dave en duo sur l'avancéede la scène alors que Christian a abandonné ses fûts pour un synthé.

Ce soir Depeche Mode a fait un concert sans faute. Il manquait l'étincelle qui en aurait fait un concert mythique, mais c'était déjà très fort d'avoir réussi à humaniser ce lieu géant.
setlist
    In Chains
    Wrong
    Hole To Feed
    Walking In My Shoes
    It's No Good
    A Question Of Time
    Precious
    Fly On The Windscreen
    Little Soul
    Home
    Come Back
    Peace
    In Your Room
    I Feel You
    Policy Of Truth
    Enjoy The Silence
    Never Let Me Down Again
    ------------
    Stripped
    Master And Servant
    Strangelove
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    Personal Jesus
    Waiting For The Night (Bare Version)
photos du concert
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