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Ian Brown

Paris, Trabendo - 14 janvier 2010

Live-report par Anne-Line

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Deux ans après un Bataclan à moitié rempli, Ian Brown, pas rancunier, revient à Paris présenter son dernier album My Way. Sur le chemin du Trabendo, en pourfendant la foule se dirigeant vers le Zénith pour voir Jacques Dutronc, l'inquiétude pointe : et si le Trabendo se retrouvait lui aussi vide ce soir ? Une fois sur place, les doutes ne sont qu'à moitié balayés. Il y a certes du monde, mais l'écrasante majorité est constituée d’expatriés ou des touristes anglais. Il faut croire que le Godlike Genius a bien du mal à s'imposer dans l'Hexagone au-delà d'un statut ultra-culte pour un mini-noyau de fidèles.

Au moins, on peut être sûr que le public une fois présent est totalement acquis à sa cause. Il arrive sur scène, suzerain devant ses vassaux, et annonce d'emblée ses intentions: « Put yer dancin' shoes on ! ». Le beat de Love Like A Fountain retentit, et d'emblée il est évident que ce concert sera un cran au-dessus de celui du Bataclan. L'esprit est beaucoup plus festif, plus dansant. Dans les premiers rangs, les plus fervents aficionados sont en transe, lèvent le poing, hurlent les paroles, pour un peu on se croirait dans les tribunes d'Old Trafford quand les Red Devils mènent au score. Pour ce début de concert, le mancunien commence par passer en revue des morceaux de ses anciens albums, si bien que pendant un moment on aurait presque l'impression d'écouter son Best Of, The Greatest. Sur scène pour l'accompagner, en plus du noyau guitare-basse-batterie, juste un clavier et un percussionniste. Deux choix plus que judicieux. En effet, les morceaux sont punchy, et l'absence de morceaux des Stone Roses pour l'instant ne se fait pas du tout ressentir. Keep What You Got, son duo avec Noel Gallagher sorti en 2004, est particulièrement bien accueilli.

La deuxième moitié du concert est consacrée surtout aux nouveaux morceaux de l'album My Way. Le public, déjà conquis, continue de réagir comme pour les anciens classiques. Ian Brown, pour un peu qu'on puisse lire une expression sur son visage recouvert par une énorme paire de lunettes de soleil, semble heureux de sa prestation. Il n'a pas l'air de regretter d'avoir fait le crochet par le pays qui l'avait si royalement ignoré en avril 2008: il prononce quelques mots en français, et va même jusqu'à déclarer qu'il va désormais demander un passeport français ! Même s'il est évident que le gros de l'ambiance est assuré par les britanniques présents dans la foule. Un petit Dolphins Were Monkeys aurait été le bienvenu, mais ce ne sera pas pour cette fois. Ian choisit de terminer par une chanson « for the girls », Sister Rose, suivie de son morceau le plus emblématique, et sans aucun doute le plus réussi, F.E.A.R.. Il remet sa veste en cuir et son sac à dos, et il s'éclipse.

Arrêtée à ce stade, la prestation aurait très bien pu être acceptable. C'est donc avec surprise et délice qu'on voir revenir le King Monkey sur scène. Il entame d'un air espiègle un Fool's Gold d'anthologie, qui fait oublier que l'on était trop jeune pour avoir été à Manchester en 1989. Puis, en bonus de fin, il joue ses derniers singles extraits de My Way, Stellify et Just Like You. Une prestation de haute volée, qui démontre bien que l'ex-Roses n'a rien perdu de sa superbe, même si la France continue, obstinément, à lui faire de la résistance.
setlist
    Love Like A Fountain
    Golden Gaze
    Time Is My Everything
    All Ablaze
    Longsight M13
    Keep What Ya Got
    Save Us
    Crowning Of The Poor
    Corpses in Their Mouths
    Laugh Now
    Vanity Kills
    Own Brain
    Marathon Man
    Sister Rose
    F.E.A.R.
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    Fool's Gold
    Stellify
    Just Like You
photos du concert
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