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The Charlatans
Four Dead In Ohio

Paris, Trabendo - 4 novembre 2010

Live-report par Anne-Line

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Il y a deux mois, Jon Brookes, batteur des Charlatans, s'effondrait sur scène en plein milieu d'un concert et se voyait diagnostiquer une tumeur au cerveau. Loin de se laisser abattre, le groupe a continué sa tournée avec un remplaçant, Peter Salisbury, pendant que Brookes entame une chimiothérapie. Il faut dire que les Charlatans en ont vu d'autres. Ce n'est pas un petit cancer qui va les intimider.

Ce soir la tournée fait donc halte au Trabendo, salle que le groupe connait déjà, suite à leur tournée de 2008. Déjà à l'époque, la salle n'avait pas été remplie au maximum, alors qu'en sera-t-il cette fois-ci, en ce début novembre face au Festival des Inrockuptibles et autres programmations rock alléchantes ? Les petits jeunes de Four Dead In Ohio font résonner leurs volutes psyché-shoegaze devant un parterre d'une cinquantaine de personnes, au plus. Il faut bien quelqu'un pour essuyer les plâtres.

La chance des Charlatans, c'est que si leur noyau de fans en France est assez réduit en nombre, il compense largement en dévotion. Composé majoritairement de trentenaires à brioches de bière pour qui le summum de la rocknroll-attitude est de porter du Pretty Green (la marque de vêtements créée par Liam Gallagher), leur public est plutôt du genre démonstratif. La setlist démarre sur de très anciens titres (Then, Weirdo, Can't Get Out Of Bed) et instantanément la fosse plus que clairsemée se transforme en mini-dancefloor. Le batteur remplaçant est très bien choisi et cogne les fûts avec une énergie de bûcheron, qui accentue encore plus le côté dansant et festif.

Les morceaux du nouvel album, Who We Touch, bien que venant des racines plus acoustiques du groupe, s'intègrent étonnamment bien aux côtés des autres, dans une fluidité continue, et le public qui a la place pour danser ne relâche pas la pression. Tout du long également, Tim Burgess gigote, esquisse des pas de danse un peu incongrus, mélange entre la danse du singe de Ian Brown et Bez au Pays des Teletubbies. On pourrait donner des noms à ses pas favoris, par exemple « Le chevalier Jedi » ou « Panoramix touille la potion magique », le tout exécuté dans l'uniforme réglementaire des indie kids 80s : jean noir, Dr. Martens et tshirt Throbbing Gristle. Il met par ailleurs un point d'honneur à taper dans chacune des mains se tendant vers lui, et il est si facile de circuler vers les premiers rangs qu'à la fin du concert, toutes les personnes présentes ce soir ont sans doute eu droit à un ''high five''.

L'enchaînement final Misbegotten / Only One I Know / North Country Boy est judicieusement bien choisi, les trois périodes de la carrière du groupe se télescopant dans la joie et l'allégresse, et quand arrive This Is The End, la déception est grande. De plus, le rappel, qui sur la setlist inclut Jesus Hairdo, est écourté pour cause de dépassement du couvre-feu. Pourtant on aurait aimé prolonger le plaisir. Les Charlatans méritent plus que jamais leur statut de groupe culte, car s'ils ont du mal à rameuter les foules, ceux dont le cœur est conquis leur seront toujours fidèles et dévoués. Quoiqu'il advienne.
setlist
    Then
    Weirdo
    Can't Get Out Of Bed
    Blackened Blue Eyes
    Smash The System
    You're So Pretty, We're So Pretty
    One To Another
    Your Pure Soul
    Tellin' Stories
    My Beautiful Friend
    Oh Vanity
    My Foolish Pride
    Intimacy
    The Misbegotten
    The Only One I Know
    North Country Boy
    This Is The End
    ----
    Love Is Ending
    Sproston Green
photos du concert
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