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Breton
Clock Opera

Paris, La Gaîté Lyrique - 8 avril 2011

Live-report par Amandine

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Le rendez-vous est pris à 19h30 ce vendredi, dans une Gaîté Lyrique flambant neuve, alliant à merveille sa façade du XIXème et, à l'intérieur, son architecture épurée et un brin futuriste. Une belle affiche pour cette soirée du festival Super Mon Amour!, même si on ne peut s'empêcher de pester contre un manque évident de cohérence entre les groupes.

 

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Si les assidus des concerts sont habitués à ce que les sets ne commencent jamais à l'heure, ils ont dû être surpris ce soir puisqu'à 19h30 tapantes, les lumières de la grande salle s'éteignent pour l'entrée de Breton. Pour une fois, on regrettera la ponctualité du lieu car l'heure précoce associée à la météo ensoleillée n'ont pas joué en faveur des Anglais.
C'est donc dans une salle clairsemée que Roman Rappak et ses comparses nous délivrent leur électro teinté de rock avec un chant orienté hip-hop. Les jeunes Londoniens, fraîchement signés chez FatCat, n'ont pas à rougir de leur performance de début de soirée. Même si la voix aurait gagné à être plus mise en avant, ils réussissent, en une petite demi-heure, à nous montrer une infime partie de leur palette musicale extrêmement variée, notamment en nous donnant la chance d'entendre de nouvelles compositions. Ce collectif d'artistes, également metteurs en scène et réalisateurs de courts-métrages, pioche ses influences au gré de l'histoire de la musique : du hip-hop old school à David Bowie, des Talking Heads à Björk. Il les digèrent pour créer une ambiance sonore unique, entrainante. Malheureusement, les spectateurs, encore en terrasse en train de siroter une bière sous les derniers rayons du soleil, auront pour la plupart manqué un set énergique et prometteur.

 

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La suite s'avère moins réjouissante avec les Français de La Femme. On ne vous apprend rien en disant que ces derniers mois ont vu l'arrivée d'un revival 80's post-cliché dans toute sa splendeur. Parfois, c'est réussi, et d'autres fois, c'est juste une mauvaise redite de ce que l'on a vécu lorsqu'on était enfant et dont les cauchemars (notamment vestimentaires) nous hantent encore la nuit.
Les membres de La Femme, de part leur jeune âge, n'ont pas eu la malchance de vivre ces années là et c'est peut-être pour cela qu'ils arborent l’attirail de la période sus-citée. Si Mirwais et Daniel Darc avaient réussi, avec Taxi Girl, à élever le niveau abyssal de la musique française de cette époque, La Femme reprend la recette en la massacrant. Un conglomérat de paroles insipides et ridicules... Si musicalement, l'intérêt est réel, comprendre l'engouement pour ce groupe reste un véritable mystère. Pourtant, le public, quinze ans trop jeune pour avoir connus les 80's, semble apprécier. Les effets de mode sont impénétrables...

 

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Clock Opera prend la relève et vient nous asséner sa synth-pop psychédélique. Si Guy Connelly et sa bande nous avaient conquis en novembre dernier lors du festival des Inrockuptibles, ils réitèrent ce soir et confirment leur savoir-faire. Le son est plus étoffé que lors de leur premier passage parisien. Ils semblent avoir pris l'assurance dont ils manquaient encore et laissent désormais s'envoler leurs compositions presque spectrales. La voix est toujours aussi captivante, percutante, empreinte de souffrance. Quand vient le moment de A Piece Of String, le public (différent du set précédent) ne s'y trompe pas : les percussions home made constituées de pots à lait et de cendrier se confondent avec un rythme de batterie obsédant. Malheureusement, une fois encore, nous n'aurons droit qu'à une trentaine de minutes de réjouissance. A quand un véritable concert de Clock Opera à Paris ?

 

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Pour clore ce troisième chapitre du festival, la Gaîté Lyrique accueille Architecture In Helsinki, lesquels vont nous ravir du début à la fin grâce à leur bonne humeur. Contrairement à beaucoup de groupes, blasés par les tournées, les Australiens semblent heureux de jouer ce soir à Paris. Un sourire accroché aux lèvres, ils nous proposent un mélange de vieux titres et d'autres issus de leur nouvel album, Moment Bends. Ils jonglent avec les instruments, passant aisément du clavier à la guitare ou à la basse. Le claviériste est un bonheur pour les yeux : tout de blanc vêtu avec une fine cravate bleue, façon Forbans, il se désarticule dans des danses ahurissantes. Cameron Bird et Kellie Sutherland, totalement décomplexée, nous bluffent par leur justesse vocale.

Ceux-là ne sont pas dans le paraître, dans le too much. Ils se font plaisir et par là même nous ravissent. Leur pop délurée sera ce soir parfaite jusqu'à la dernière note.
setlist
    BRETON
    15X
    Hours Away
    Episodes
    The Well
    Governing Correctly
    December
    Jostle

    CLOCK OPERA
    White Noise
    Man Made
    A Piece Of String
    Once And For All
    Belongings
    Lesson N° 07
photos du concert
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