Chronique album : Lisa Hannigan - Passenger - Sound Of Violence
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Lisa Hannigan

Passenger

Lisa Hannigan - Passenger
Chronique Album
Date de sortie : 24.10.2011
Label : ATO
3
Rédigé par François Freundlich, le 19 octobre 2011
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Après un premier album chaleureusement accueilli par la critique et le public, l’ancienne vocaliste de Damien Rice propose une suite à la fois plus pop mais également marquée par ses racines irlandaises.

Lorsque Lisa Hannigan est arrivée avec son premier album Sea Sew, l’attente était grande pour écouter ce que pouvait enregistrer la bouleversante voix du 9 Crimes de Damien Rice. Elle a surpris en imposant son style particulier, une certaine fraicheur dans la production alliée à une vulnérabilité folk. Comme si sa bouche se trouvait constamment à deux centimètres de l’oreille de l’auditeur. Passenger s’éloigne quelque peu de cet état pour faire de l’œil aux groupes de britpop des années 2000 aux répliques de piano faciles. La majorité des chansons restent tout de même de qualité et le songwriting de Lisa est toujours au rendez-vous, même si l'on perd néanmoins en intimité pour aborder une façade mainstream pas si dégradante.
Le piano mélancolique est mis en avant dès l’introduction, donnant le ton à un album ou des violons s’entremêlent pour participer à la cohérence presque parfaite des compositions. Le refrain fredonné de Home s’évapore dans des envolées lyriques tandis que les arrangements apparaissent comme un travail d’orfèvre. The Irish Touch ressort également sur ce morceau avec une orchestration folk non dissimulée. Ce titre d’ouverture plein d’espoir donne envie d’en savoir plus sur cette direction bien différente dans la production.

Le minimalisme est néanmoins également présent sur plusieurs titres comme A Sail ou What I'll Do, avec son simple refrain taillé pour être repris par un foule en concert. Le rythme est bien souvent mis en avant avec gaieté et légèreté, incitant à l’accompagner. Cette sensation se poursuit lorsqu’un banjo ou un ukulélé sont introduit sur Knots. Un accord entêtant de l’instrument hawaïen se répète sans fin sur ce premier single. Irrésistible dans son clip, Lisa se fait asperger de peinture dans sa robe blanche tandis que la chanson s’emballe dans un tourbillon de violons.
On retrouve une écriture plus mélancolique pour un duo tout en langueur avec Ray Lamontagne sur O Sleep. Ces deux voix étaient faites pour se rencontrer, se relevant délicatement l’une vers l’autre dans une berceuse pour insomniaque. La seconde partie de l’album s’en trouve du fait beaucoup plus calme, ornée de balades parfois marquantes parfois trop creuse. Little Bird figure dans cette première catégorie, faisant ressortir toute la fragilité de la voix tremblotante de Lisa, entre des graves sucrés pouvant basculer à tout moment vers des aiguës habités. Parmi des mélodies que l'on qualifiera de mignonnettes, des fulgurances de beauté prennent le dessus à l’exemple de Safe Travels (Don't Die). Ode aux voyages et à ses dangers, on retrouve la volupté acoustique du premier album sur ce titre dont on se lasse difficilement. Une reprise de la ballade traditionnelle Blow The Wind termine l’album en a capella avant qu’un léger violon ne vienne prolonger la voix grave. Il s’agit d’une chanson folk classique de Jocelyn Pook sur laquelle Lisa apporte toute sa fraicheur et sa modernité, pour une composition qui n’était interprétée que par des cantatrices.

Après des débuts répondant à des appels radiophoniques, Passenger se mue en un disque de chevet, plutôt nocturne. On l’écoutera autant pour sa joie de vivre que dans des moments de recherche de calme et de paix. Il ne surpassera néanmoins pas son prédécesseur, lequel reste un sommet de composition folk moderne.
tracklisting
    1. Home
  • 2. A Sail
  • 3. Knots
  • 4. What'll I Do
  • 5. O Sleep
  • 6. Paper House
  • 7. Little Bird
  • 8. Passenger
  • 9. Safe Travels (Don’t Die)
  • 10. Nowhere to Go
  • 11. Flowers
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    Knots, Home
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