Chronique album : OMD - English Electric - Sound Of Violence
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OMD

English Electric

OMD - English Electric
Chronique Album
Date de sortie : 15.04.2013
Label : 100percent
4
Rédigé par Olivier Kalousdian, le 3 avril 2013
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À une époque où les nouveaux romantiques comme Daniel Darc (RIP) et Taxi Girl cherchaient le garçon et où Robert Smith leur conseillait de ne pas pleurer, Orchestral Manœuvre In The Dark commettaient un des hymnes immortels du mouvement new wave, Enola Gay. L’héritage d’Andy McCluskey et Paul Humphreys qui ont donné ses lettres d’or à ce mouvement mis en exergue par de nouveaux instruments électroniques initiés par Kaftwerk, notamment, est énorme. Passés par le label Factory Records, Orchestral Manœuvre In The Dark, dont le nom même est intimement lié à la nouvelle vague, ont contribué à populariser la musique électronique expérimentale pour la transformer en titres de discothèques sans jamais tomber dans le complaisant.

Revenus en 2010 avec un album nommé History Of Modern, OMD ont connu une nouvelle heure de gloire dans les émissions radio et TV du monde entier, trop heureuses de refaire danser les quadras sur des airs increvables. Ce deuxième album après reformation, English Electric, constitue presque un précédent. Rares sont les groupes des années 80s à avoir pu revenir sur scène et produire deux nouveaux albums dans la foulée.

English Electric, dont le nom sonne en hommage à la période qui les a vus grandir – dans les années 60, English Electric était aux appareils électriques ménagers Anglais ce que Thompson était aux marques blanches pour la France – est un pur album estampillé OMD. Revival, soit, mais aux compositions et à l’écriture aussi soignées que les tubesques Electricity ou Tesla Girl qui ont bercé les années 80s. Très produits et très identitaires comme à leur habitude, mais ne commettant pas l’erreur du réchauffé.
L’introduction Please Remain Seated, très courte et multi-langues, semblant tout droit sortie d’un 2001 l’Odyssée de l’Espace, n’est pas sans rappeler celles des concerts en Chine de Jean Michel Jarre et situe l’atmosphère du disque : Bienvenue pour un voyage vers le futur antérieur ! Après l’écoute du second titre, Metroland, premier single de l’album rendant hommage à l’industrie des transports Anglaise, on ne peut que se prendre d’impatience pour la suite de cette galette, décidemment tournée vers une vision du futur que n’aurait pas reniée Fritz Lang à son époque. Ce qui suit rassure et le plaisir est quasi total : sonorités recherchées et maîtrisées qui ne font jamais l’erreur de donner dans la surenchère ; absence de construction basique et nappes synthétiques toujours mélodiques ; présence émotionnelle dans les chœurs qui n’en font pas des tonnes (Our System) épaulés à mi-chemin par des percussions dignes d’un space opera… la voix d’Andy et les claviers de Paul n’ont pas pris une ride, à bientôt cinquante-quatre et cinquante-cinq ans.
En présence notamment de Claudia Brücken (ex-Propaganda) – la compagne de Paul Humphreys à la ville – sur le très germanophile Kissing The Machine, reprise d’un titre coécrit par Andy et Karl Bartos de Kraftwerk en 1993, English Electric laisse augurer une série de concerts (dont celui du 18 mai au Trianon à Paris) d’OMD dans son line-up originel qui ne pourront qu’enchanter les nostalgiques et toutes les nouvelles générations qui savent parfaitement que dans l’univers musical, tout sillon tracé, si frais soit-il, l’est sur une terre déjà foulée par nombre d’illustres aînés.

Croisement intelligent d’une musique géométrique ayant fait ses preuves et de nouveaux ingrédients issus de l’esprit fertile et binaire du groupe, English Electric est un album simple – un tantinet simpliste peut-être car dépourvu de vraies rengaines entêtantes telles qu’ils nous en ont offertes par le passé – à écouter et à apprécier et ce jusque dans son artwork, toujours aussi léché et travaillé par ce groupe pour qui les lignes symétriques et les aplats de couleur reflètent, autant que les titres qu’il héberge, l’identité d’OMD. Celles et ceux qui ont toujours rendu grâce à la fraîcheur de la vision musicale mathématique d’Orchestral Manœuvre In The Dark vont l’adorer !
tracklisting
    01. Please Remain Seated
  • 02. Metroland
  • 03. Night Café
  • 04. The Future Will Be Silent
  • 05. Helen of Troy
  • 06. Our System
  • 07. Kissing the Machine
  • 08. Decimal
  • 09. Stay With Me
  • 10. Dresden
  • 11. Atomic Ranch
  • 12. Final Song
titres conseillés
    Metroland, Helen Of Troy, Our System
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