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Ulrika Spacek

The Album Paranoia

Ulrika Spacek - The Album Paranoia
Chronique Album
Date de sortie : 05.02.2016
Label : Tough Love Records
45
Rédigé par Emmanuel Stranadica, le 1er février 2016
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Ulrika Spacek, ce nom ne vous dira probablement rien. C'est pourtant une des excellentes surprises musicales de ce début d'année 2016. A la tête de cette entreprise psychédélique se trouvent deux Londoniens auparavant exilés à Berlin et qui ont la particularité de porter le même prénom, et évidemment le goût pour la même musique, en l'occurrence un croisement entre le krautrock, Sonic Youth, Black rebel Motorcycle Club et autres Warlocks.

Leur premier disque, The Album Paranoia, débute avec l'excellent I Don't Know. L'envolée musicale de quatre minutes et trente secondes donne le ton, avec ses boucles métalliques et ce son crade mais parfaitement dosé. On pense pas mal aux Spacement 3 en découvrant ce morceau. Porcelain qui lui ensuit s'avère plus délicat, mais reste ténébreux avec ses voix lointaines et désespérées couvertes par un dédale de guitares éthérées. C'est d'ailleurs l'exploration sonore qui rend cet album passionnant.
L'excellent petit instrumental Circa 54 en est d'ailleurs une parfaite illustration. Deux notes tremblantes et improbables vont inlassablement se répéter pendant deux minutes et permettre à d'autres instruments de s'exprimer par-dessus, donnant à l'ensemble une expérimentation sonore subtile et classieuse. L'impeccablement désaccordé Strawberry Glue lui faisant suite nous montre combien les membres d'Ulrika Spacek ont dû écouter Sonic Youth.

Beta Male, située en milieu d'album, occupe une place de choix avec six minutes suintantes d'un rock sans concessions. L'intro frôle les trois minutes et s'avère ultra entêtante. La partie vocale de deux minutes vient provisoirement apaiser la chanson, avant un retour incisif des guitares psychédéliques jusqu'à la fin de cette puissante incantation. NK, (rien à voir avec notre NKM nationale) lourd à souhait en rajoute une couche supplémentaire pendant cette fois sept minutes où Ulrika Spacek semblent cette fois flirter avec l'enfer. Ultra Vivid nous permet de reprendre notre souffle avec son côté pop qui reprend le dessus et se montre plus légère et claire.
Mais ce n'était qu'un maigre répit. En effet, The Album Paranoia repasse une fois encore à la vitesse supérieure avec le dégoulinant She's A Cult et surtout le très tendu There's A Little Passing Cloud In You. L'album s'achève avec le détendu et légèrement raté Aiportism, seule fausse note (volontaire ?) du disque.

The Album Paranoia est donc un superbe premier essai. Pendant quarante-cinq minutes les deux Rhys nous entrainent dans une folle aventure. Au final, leur son lorgne plutôt de l'autre côté de l'Atlantique qu'en Grande-Bretagne. Pas forcément paranoïaque pour autant, ce disque est follement excitant et possède toutes les qualités requises pour figurer dans toute discothèque qui se respecte !
tracklisting
    01. I Don't Know
  • 02. Porcelain
  • 03. Circa 1954
  • 04. Strawberry Glue
  • 05. Beta Male
  • 06. NK
  • 07. Ultra Vivid
  • 08. She's A Cult
  • 09. There's A Little Passing Cloud In You
  • 10. Airportism
titres conseillés
    I Don't Know - Beta Male - There's A Little Passing Cloud In You
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