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Ulrika Spacek

Modern English Decoration

Ulrika Spacek - Modern English Decoration
Chronique Album
Date de sortie : 02.06.2017
Label : Tough Love Records
45
Rédigé par Emmanuel Stranadica, le 30 mai 2017
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Un an après la sortie, un peu passée inaperçue en France, de The Album Paranoia, Ulrika Spacek nous reviennent avec leur second essai : Modern English Decoration. Leur première tentative s'était avérée une excellente surprise qui voyait pop psyché et krautrock se mélanger. Les anglais reprennent ici leurs aventures psychédéliques là où ils les avaient laissées.

En effet, la formule ne change pas sur la forme. Dix titres figurent sur chacun des deux disques. La différence, et c'est bien là l'essentiel, apparait au niveau des compositions et du son. Mimi Pretend qui ouvre l'album, affiche d'emblée la tendance avec ce minimalisme hypnotique. Après une minute d'une ligne synthétique sur laquelle une batterie et une voix éthérée viennent se conjuguer, les guitares créent une mélodie résolument psychédélique. Si le tempo reste assez lent, la chanson s'avère subtilement addictive. Celle-ci rappelle l'univers de TOY, en plus inspiré. Ces derniers n'ont jamais réussi à retrouver la ferveur de leur premier disque sur les deux efforts qui ont suivi (les parties vocales de Tom Dougall ayant probablement également desservi le groupe). Ulrika Spacek ne possèdent pas forcément un grand chanteur, mais sur ce disque la voix est juste et sans artifice.

Il existe ici une constance dans les compositions. L'ensemble se montre musicalement très cohérent et est probablement plus abouti que sur The Album Paranoia qu'on peut apparenter à un essai, une tentative. Si le son reste sale, il est indéniablement nettoyé sur ce nouveau disque. Les riffs de guitares de Ziggy accouplés à la complainte vocale de Rhys Edwards sont du meilleur effet. Everything, All The Time lorgne vers l'univers de Black Rebel Motorcycle Club première période. Ce qui n'est pas pour nous déplaire. On trouve même un peu de Radiohead dans le titre qui donne son nom à l'album. Modern English Decoration a en effet des accents vocaux à la Thom Yorke, et le fait que la mélodie soit lente et vaporeuse renforce ce sentiment d'entendre un je ne sais quoi du groupe d'Oxford.

Sonic Youth ne sont pas non plus délaissés, surtout dans la dernière partie de Saw A Habit Forming où le son de guitare se fait strident. Ce son glaçant revient au tout début de Victorian Acid, emblème pesant et répétitif du disque. Les cinq minutes de la chanson chatouillent nos oreilles dans un tourbillon électrique de toute beauté. L'album s'achève avec une énième progression musicale, avec toutefois un son plus clair que dans la plupart des compositions figurant sur ce disque.

Ulrika Spacek gagnent en épaisseur et apportent une sacrée corde à leur arc avec Modern English Decoration. Ce deuxième album, jamais ennuyeux, constitue un voyage long de quarante-six minutes qu'il ne faut surtout pas interrompre si on désire comprendre et surtout pénétrer idéalement dans l'univers des Londoniens. Assurément un des outsiders pour 2017, il faudra probablement compter sur Ulrika Spacek pour les années à venir.
tracklisting
    01. Mimi Pretend
  • 02. Silvertonic
  • 03. Dead Museum
  • 04. Ziggy
  • 05. Everything, All The Time
  • 06. Modern English Decoration
  • 07. Full Of Men
  • 08. Saw A Habit Forming
  • 09. Victorian Acid
  • 10. Protestant Work Slump
titres conseillés
    Mimi Pretend - Modern English Decoration - Victorian Acid
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