Chronique album : Gaz Coombes - World's Strongest Man - Sound Of Violence
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Gaz Coombes

World's Strongest Man

Gaz Coombes - World's Strongest Man
Chronique Album
Date de sortie : 04.05.2018
Label : Caroline International
45
Rédigé par Yann Guillo, le 17 mai 2018
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Que peut faire un musicien lorsqu'il a déjà livré la quintessence de son art ? Deux voies principales s'ouvrent à lui. Se répéter est une option. Explorer et expérimenter en est une autre. Depuis son départ de Supergrass, Gaz Coombes a résolument choisi la seconde. Il suit les tribulations de sa prolixe muse sur le chemin de la perpétuelle réinvention, arpenté avant lui par Paul Weller ou David Bowie. Celui du voyage musical personnel qui ne se soucie pas de perdre en route certains fans.

Depuis que Alright a cassé les ondes en 1995, Gaz Coombes s'est imposé comme un des songwriters les plus doués de sa génération. Et de celle d'après aussi sans doute. Auteur avec Supergrass d'albums géniaux qui comptent parmi ce que la musique britannique a produit le mieux au cours des années 1990 et 2000, chanteur et guitariste fantastique, aussi à l'aise dans le rock'n'roll que sur des ballades cosmiques, Gaz Coombes est un musicien complet et inspiré comme on en fait (presque) plus.
World's Strongest Man marque une nouvelle étape dans sa discographie. L'album suit le cap fixé par Matador : celui d'une pop ambitieuse et expérimentale explorant le clair-obscur. Mais ici, Gaz Coombes raccourcit ses morceaux et ajoute des couleurs à sa palette sonore. Résultat : un son plus chaleureux et direct, combinant guitares acoustiques, chœur d'enfants (Wounded Ego), claviers analogiques, piano cinématique, envolées de cordes... Le tout perturbé par des boucles et crépitements électroniques incessants et impénétrables. Gaz Coombes renoue même le temps de quelques morceaux, sur Deep Pocket ou Walk The Walk, avec une forme de rock plus solaire et glam pratiqué au temps de Supergrass.

Ailleurs il brille sur des mid tempos qui préfèrent les chemins de traverse aux lignes droites. Shit I've Done It Again sonne comme le Radiohead de Kid A jammant avec le Air de Virgin Suicide. Les boucles électroniques entêtantes de The Oaks donnent l'impression d'être perdu au milieu d'un nuage de super herbe. Oxygen Mask et ses cordes orientales envoûtent.
Poétiquement, Gaz Coombes explore les thèmes de la montée de l'extrémisme, de la maladie mentale ou de la conception moderne de la virilité, une thématique inspirée du livre The Descent Of Man de Grayson Perry. Musicalement, World's Strongest Man est l'œuvre d'un artisan au sommet de son art, affichant une maîtrise virtuose des textures et climats sonores. Vocalement, l'anglais est, comme toujours, au zénith. Notamment sur deux des pièces maîtresses de l'album : le rock angulaire de In Waves et la pop de Wounded Egos dont le riff de synthétiseur rappelle les sonorités du Oracular Spectacular de MGMT.

Une très belle réussite de plus, donc, pour l'homme aux éternelles rouflaquettes qui continue à tracer avec brio sa route dans la légende du rock britannique.
tracklisting
    01. World's Strongest Man
  • 02. Deep Pockets
  • 03. Walk The Walk
  • 04. Shit (I've Done It Again)
  • 05. Slow Motion Life
  • 06. Wounded Egos
  • 07. Oxygen Mask
  • 08. In Waves
  • 09. The Oaks
  • 10. Vanishing Act
  • 11. Weird Dreams
titres conseillés
    Walk The Walk - Shit I've Done It Again - Wounded Egos
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