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Anna Calvi
Woman's Hour

Paris, Trianon - 15 février 2014

Live-report par Emmanuel Stranadica

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Après un premier concert vendredi jour de la Saint Valentin, Anna Calvi se produisait de nouveau samedi soir dernier pour une seconde date consécutive dans la salle du Trianon. A 19h30 très précises, les anglais de Woman's hour prenaient place sur scène, en guise de départ de cette soirée.

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Auteurs d’une poignée de singles, les quatre Londoniens entament leur set dans un joli bleu qui se coordonne parfaitement avec leur pop synthétique. Le démarrage est tout bonnement mélancolique. La voix de Fiona Jane parfume doucement nos oreilles. La chanteuse s'avère très axée sur la gestuelle. Elle utilise beaucoup ses mains pour accentuer sa douceur vocale. Celles-ci se retrouvent jointes la plupart du temps entre chaque morceau, apportant ainsi une dose supplémentaire de délicatesse à leurs productions.
Il arrive parfois que le groupe se perde un peu musicalement dans des mélodies langoureuses échappées des années 80. Washed Out le fait déjà très bien, il semble vain de leur emboiter le pas. Pourtant leur dream pop, qui peut aussi évoquer CHVRCHES, est loin d’être déplaisante. En effet, dès lors que le quatuor plonge dans ses compositions vaporeuses et cotonneuses, celui-ci gagne en intensité et surtout en intérêt. Tout repose pendant ce concert sur la voix de la leader du groupe, et fort heureusement celle-ci est bien en place. Il reste que les compositions doivent probablement murir, leur premier album étant en gestation. Si les trente minutes passées en leur compagnie n’ont pas soulevé les foules, il y a fort à parier que lors d’une prochaine venue parisienne Woman's Hour auront su gommer certaines erreurs de jeunesse face auxquelles il serait vraiment injuste de leur tenir rigueur.

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C’est tout de noir vêtue qu’Anna Calvi entre à son tour sur scène. Haute sur ses chaussures à talons, la belle débute son show avec Suzanne & I, désormais classique de son répertoire. L’entame est brute, puissante. Le groupe accompagnant Anna est maintenant parfaitement en place. On peut même parler de fossé entre la performance à la Gaité Lyrique en octobre dernier et celle d’hier soir. Le début du set reste axé sur One Breath son second album, avec notamment une version un peu remaniée et beaucoup plus convaincante de Suddenly et de la toujours très cinématographique Sing To Me. La voix est parfaite et le sourire est de mise entre les chansons. Pourtant Anna Calvi reste comme d’accoutumée très discrète. Le contraste entre la tornade musicale incontrôlable et cette timidité affichée est saisissant.

Toujours accompagnée de ce ciel bleu moucheté de nuages blancs en guise de fond de scène, l’anglaise va démontrer avec force et dextérité son amour de la guitare. A l’image de ses cheveux détachés, Anna va se lâcher sur scène et replonger dans plusieurs titres de son premier album éponyme. Telle une tempête celle-ci dévaste tout sur son passage en enchainant I'll Be Your Man à Love Of My Life, perle métallique tirée de One Breath. C’est vraiment dans les moments où elle retourne vers ses ténèbres et devient vénéneuse qu’elle puise toute sa force.

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L’apaisement finit toutefois par arriver le temps de Bleed Into Me, ode à l'amour à une rivière. Le public se voit même gratifié du Fire de Bruce Springsteen, face b de Suddenly, dernier single en date, qui voit l'artiste prendre une voix un tant soit peu rocailleuse en guise de clin d’œil au Boss. La salle apprécie. Deux plages du premier album viennent ensuite conclure une heure dix de concert très intense.

Les quatre musiciens reviennent rapidement sur scène pour un rappel incluant l'inattendu A Kiss To Your Twin, face-b de Eliza. Le concert s'achève avec l’inévitable Jezebel, premier single de la diva. Le spectacle n’est pourtant pas encore terminé. Anna Calvi va en effet revenir en solo une demi-heure plus tard dans le patio du Trianon pour interpréter une poignée de reprises et d’originaux devant une foule de spectateurs ravis de voir l'anglaise jouer les prolongations. Cinq morceaux dont Foxy Lady de Jimi Hendrix, dernier titre interprété ce soir là dans la salle parisienne. Toutefois, pour quelques patients chanceux, l’anglaise jouera encore les prolongations au Carmen une heure plus tard, pour une interprétation de quelques morceaux de nouveau en solo. Aucun doute possible, Anna Calvi était bien devenue ce week-end la reine de Paris.
setlist
    WOMAN'S HOUR
    Non disponible

    ANNA CALVI
    Suzanne & I
    Eliza
    Sing To Me
    Suddenly
    Cry
    Rider To The Sea
    First We Kiss
    I'll Be Your Man
    Love Of My Life
    Carry Me Over
    Bleed Into Me
    Fire (Bruce Springsteen cover)
    Desire
    Love Won't Be Leaving
    ---
    A Kiss To Your Twin
    Blackout
    Jezebel (Frankie Laine cover)
    ---Patio solo set---
    Joan Of Arc (Leonard Cohen cover)
    Baby It's You (The Shirelles cover)
    Tristan
    No More Words
    Foxy Lady (Jimi Hendrix cover)
photos du concert
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