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Starsailor
The Rolling Stones

Lyon, Stade Gerland - 18 juin 2007

Live-report par David

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Cette fois c’est la bonne. 25 ans après leur dernier passage à Lyon (quand même!), les indestructibles Rolling Stones reviennent faire parler la poudre dans l’immense enceinte du stade de Gerland qui n’affiche pourtant pas complet pour l’occasion (la faute au prix des places non?) mais qui s’avère quand même copieusement garni (environ 30000 personnes).

Alors que les nuages noirs commencent à inquiéter bon nombre de personnes et que quelques gouttes de pluie viennent faire leur apparition, c’est aux britanniques de Starsailor que reviennent la lourde tache d’ouvrir la soirée, au fur et à mesure que le stade se remplit. Si le son est plus que correct et si leurs tubes sont bien au rendez-vous (Alcoholic, Foor To The Floor ou Silence Is Easy), on ne peut pas vraiment dire que ce soit le genre de groupe franchement approprié pour faire la première partie des Stones tant le manque d’énergie apparaît flagrant sur une scène de cette envergure…

Une petite heure d’attente ensuite, le temps pour les roadies d’installer complètement le terrain de jeu des papys du rock et pour le public de découvrir en long et en large l’imposante scène qui se dresse devant lui avec des spots et jeux de lumières par centaines et un écran géant central d’environ .. 500 m2! Mais à 21h10, lorsque les premières explosions retentissent et que le groupe débarque comme souvent sur Start Me Up, le public oublie très vite cette longue attente et se fait joie d’accueillir à nouveau les Rolling Stones à Lyon.
Si Mick Jagger rayonne dans sa veste verte électrique ("Bonsoir Lyon ! Le dernier show ici c’était il y a quelques années hein!") et si le groupe apparaît fort concentré, il faudra quelques morceaux avant que le son ne laisse vraiment transparaître tout le potentiel des anciens. Ainsi, It’s Only Rock N’ Roll (But I Like It) (refrain repris en chœur par la foule) et la rescapée d’Emotional Rescue She’s So Cold ne sonnent pas aussi bien qu’on l’aurait voulu et c’est sur Bitch que les Rolling Stones commencent vraiment à se lâcher et sur laquelle on remarque l’extrême décontraction de Keith Richards et Ron Wood qui s’amusent comme des petits fous tandis que Charlie Watts apparaît comme toujours aussi impassible derrière ses fûts.

L’un des grands mérites des Rolling Stones (prenez-en de la graine les petits jeunes!) en concert est de proposer une set-list assez largement modifiée d’un soir à l’autre et puisant dans l’impressionnant répertoire du groupe. Ainsi, ce soir, pour le plus grand bonheur des nombreux fans de l’album de 1969, c’est dans l’immense Let It Bleed que la bande de Keith décide de piocher.. et là on grimpe encore forcément d’un cran au niveau de l’ambiance!
L’intro piano-basse (mention spéciale à Darryl Jones parfait de bout en bout du show à la basse) de Monkey Man fera sensation et la version proposée du titre sera impériale. Mieux encore, Mick Jagger vient ensuite sur le devant de la scène avec une guitare acoustique et attaque un Let It Bleed toujours aussi attachant qui sert de rampe de lancement à ce qui restera comme LE moment d’anthologie de la soirée: une version dantesque, bluesy à en crever (les notes d’harmonica de Mick!), d’une quinzaine de minutes de Midnight Rambler qui en laissera beaucoup sur les genoux. Lorsque les Stones se lâchent, prennent simplement leur pied à jouer le blues qui leur a donné naissance, difficile de les imaginer à la retraite tellement il est important pour les jeunes générations de fans de rock d’écouter des morceaux comme celui-là!

Il est alors temps pour Mick de dédier un morceau en hommage au regretté James Brown (I’ll Go Crazy ponctué d’une impressionnante démonstration vocale de la voluptueuse choriste!) et de présenter un à un ses musiciens à la fin de la toujours percutante Tumbling Dice avant de laisser le devant de la scène au pirate Keith Richards, très très en forme ce soir, pour deux chansons au chant (la très mignonne You Got The Silver (et oui encore du Let It Bleed!) avec Ron Wood à la guitare sèche suivie de l’explosive Wanna Hold You).
Comme la pluie s’est finalement ravisée au dernier moment, la soirée n’en est que plus parfaite, et lorsque les premières notes de Miss You résonnent, c’est le délire dans le public… qui découvre alors la fameuse petite "Scène B", un podium sur lequel se regroupe les six musiciens et qui se détache de la grande scène pour fendre la foule du stade Gerland sur quasiment toute sa longueur… Enorme.
Le dernier single en date (le punchy Rough Justice) et l’ancestrale Get Off Of My Cloud ("un morceau un peu ancien" dixit Jagger… et oui 1965 c’était pas hier quand même!) seront donc interprétées sur cette scène au beau milieu du public… et le retour sur la grande se fera aux sonorités d’Honky Tonk Women qui lancera alors la fin du concert en forme de défilé de singles plus connus les uns que les autres.
Si la fameuse bouche emblématique géante des Rolling Stones viendra agrémenter une version peu inspirée de la pourtant géniale Sympathy For The Devil, l’enchaînement Brown Sugar / Satisfaction comblera le public, même si l’on peut légitimement préférer la partie "on pioche au hasard dans notre fabuleux répertoire" précédente à ce traditionnel best-of de fin de concert…

Quelques (nouvelles) explosions plus tard et c’est au son de l’intense Jumpin’ Jack Flash que les Stones viendront une dernière fois, par ce (court) rappel, saluer Gerland et conclure en beauté un concert enthousiasmant, dans lequel ils auront encore prouvé, à l’instar d’un Mick Jagger en forme olympique et d’un Keith Richards détendu et rayonnant, que c’est toujours dans les vieilles marmites qu’on mitonne les meilleures recettes…
setlist
    1. Start Me Up
    2. It's Only Rock N' Roll (But I Like It)
    3. She’s So Cold
    4. Bitch
    5. Monkey Man
    6. Let It Bleed
    7. Midnight Rambler
    8. I’ll Go Crazy
    9. Tumbling Dice
    10. You Got The Silver (Keith)
    11. Wanna Hold You (Keith)
    12. Miss You (scène B)
    13. Rough Justice (scène B)
    14. Get Off Of My Cloud (scène B)
    15. Honky Tonk Woman (scène B)
    16. Sympathy for The Devil
    17. Brown Sugar
    18. (I Can’t Get No) Satisfaction
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    19. Jumping Jack Flash
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