logo SOV

Top de la rédaction 2016

Dossier réalisé par SOV le 2 janvier 2017

Bookmark and Share
Établi en fonction des votes et avis de l'ensemble des personnes impliquées de près ou de loin dans la vie du site, ce classement ne concerne que les albums d'artistes britanniques publiés au cours de l'année 2016 au Royaume-Uni. Les EPs, rééditions, albums live ou compilations n'ont pas été retenus lors de son établissement.

David Bowie
1. David Bowie - Blackstar

Le 10 janvier 2016, David Bowie tirait sa révérence. Sorti deux jours plus tôt dans les bacs, Blackstar constitue son épitaphe musicale. Si l'anglais a su tout au long de sa carrière muer tel un caméléon, son dernier disque restera comme un de ses plus grands albums. Enregistré avec des musiciens de jazz, cette œuvre en sept actes démontre la capacité qu'avait Bowie à savoir surprendre jusqu'à ses fans les plus fervents. Les quarante-et-une minutes du disque figureront certainement parmi les plus émouvantes de sa carrière. I Can't Give Everything Away concluant très symboliquement ce qui restera comme l'ultime album du Thin White Duke.


Radiohead
2. Radiohead - A Moon Shaped Pool

Une disparition d'Internet puis des indices semés sur les réseaux sociaux : il n'en fallait pas plus pour affoler la toile sur le retour de Radiohead, dont le dernier album, qui avait beaucoup divisé, datait de plus de cinq ans. Sur A Moon Shaped Pool, c'est la grâce qui a ici touché Thom Yorke et ses comparses ; aucune fausse note, aucun temps mort, Yorke semble s'être inspiré des tracas de sa vie personnelle (sa séparation avec son amour depuis plus de vingt ans, notamment) pour pondre un album magistral, poignant et authentique.


Minor Victories
3. Minor Victories - Minor Victories

S'ils suscitent le plus souvent l'intérêt et la curiosité du plus grand nombre de par leur ossature, les « supergroupes » ne se montrent que rarement à la hauteur des réputations des membres les constituant. Centrés autour de Rachel Goswell (Slowdive), Stuart Braithwaite (Mogwai), Justin Lockey (Editors) et James Lockey (Hand Held Cine Club), Minor Victories ont livré l'un des disques les plus aboutis, denses et ambitieux de l'année 2016, poussant leur insolente réussite jusque sur les scènes aux quatre coins du globe. Un coup de maître.


Teleman
4. Teleman - Brilliant Sanity

Lorsque Teleman ont lancé leur tube Dusseldorf dans les premiers mois de 2016, nous étions certains de tenir l'un des tubes de l'année, ne pouvant échapper à aucune playlist indie pop. L'album qui a suivi fût largement à sa hauteur avec ces synthés saccadés et cette voix aux aigues irrésistiblement dansant, comme si Hot Chip invoquait New Order. Les frères Sanders multiplient les orgues cosmiques et autres basses volcaniques avec ce petit coté grandiloquent hérité de l'époque où ils évoluaient au sein de Pete And The Pirates. Avec leurs dégaines d'intellos, Teleman sont bien l'une des brillantes révélations de l'année passée.


YAK
5. YAK - Alas Salvation

YAK ou comment allier dans un premier album douceur juvénile et fougue impétueuse ! Des chansons à couper au couteau, une fureur de chaque instant et un leader d'une beauté fascinante. Alas Salvation ou comment un jeune trio anglais réinvente le rock'n roll tout en insouciance et braises ardentes !


The Kills
6. The Kills - Ash & Ice

Ash & Ice est le cinquième album des Kills, sorti après cinq ans de pause. Très attendue, la réponse émincée à Blood Pressures connaît une maturité nouvelle : une production plus soignée pour des chansons plus travaillées. Le plus sexy des groupes de rock actuels fait toujours mouche, en réécrivant de nouveaux standards tels que Doing It To Death. Les compositions montrent le talent dépouillé mais inventif du guitariste, agrémenté de la voix de la charismatique Alison Mosshart. Ainsi le duo n'a pas perdu de son énergie animalesque combinée à la saleté du rock garage vintage ainsi qu'aux boîtes à rythmes qui les accompagnent depuis leurs débuts.


Let's Eat Grandma
7. Let's Eat Grandma - I, Gemini

Difficile d'être entièrement objectif lorsque l'on parle de Let's Eat Grandma tant les deux jeunes anglaises jouent sur I, Gemini la carte de l'intime. Épars mais pourtant si cohérent, ce debut album est un petit condensé d'émotions à l'état brut, riche et généreux, qui demande à l'auditeur son absolue attention. La récompense n'en est alors que plus grande, chaque composition révélant écoute après écoute un nouvel instrument, une nouvelle mélodie, un nouveau son, un nouveau silence. La preuve d'une œuvre imperméable à l'épreuve du temps.


Daughter
8. Daughter - Not To Disappear

Le souci des albums de début d'année est qu'ils tombent parfois dans l'oubli avant l'échéance fatidique des bilans. Ceux qui parviennent, envers et contre tout, à conserver une emprise particulière sont sûrement déjà des meilleurs. Not To Disappear, habité par le caractère éphémère des âmes qui nous entourent, n'a effectivement rien perdu de sa superbe. Chantée par la voix subliment hantée d'Elena Tonra, la puissance glaciale de l'effort reste aussi saisissante qu'à la première écoute, se hissant ainsi au rang des plus belles réussites de ces douze derniers mois.


Spring King
9. Spring King - Tell Me If You Like To

C'est après trois ans d'existence et la sortie de deux EPs que Tarek Musa et sa bande décident de donner vie à leur premier album, Tell Me If You Like To. Oscillant entre post-punk, garage et une surf pop digne des Beach Boys, l'opus des quatre mancuniens nous emporte dans une spirale fiévreuse sans fin. Sur les trente-six minutes que composent les dix titres de l'album, on peine à reprendre son souffle. En résumé, Tell Me If You Like To est à consommer sans modération.


Glass Animals
10. Glass Animals - How To Be A Human Being

A dire vrai, How To Be A Human Being tient autant du 6ème que du 9ème art. D'une fraîcheur insolente, ce second opus grouille de sons et d'onomatopées, et les onze portraits croqués par le quatuor d'Oxford sont suffisamment hauts en couleur pour nous flanquer des images plein la tête. Tous les goûts sont dans la nature, certes, mais seule la mauvaise foi renierait ici l'évidence : Glass Animals ont tracé leur propre voie, et s'ils ne revendiquent absolument rien, ils sont désormais les hérauts d'une musique fédératrice, aussi hédoniste que singulière.