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Shock Machine

Interview publiée par Pierre-Arnaud Jonard le 26 août 2017

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James Righton, désormais âgé de 34 ans, est un artiste talentueux et un jeune homme on ne peut plus sympathique. Après la séparation de Klaxons, on a plaisir à le retrouver avec son projet solo Shock Machine qui s'avère être une superbe réussite. Rencontre.

Tu n'as pas mis tant de temps que ça à sortir ton album après la fin de Klaxons. Je pensais que la fin du groupe t'avait déprimé...

Je n'étais pas déprimé mais Klaxons a représenté dix années de ma vie. Donc au moment du split du groupe, il a été nécessaire de faire le point. J'ai ressenti le besoin de redevenir amoureux de la musique. A la fin de Klaxons, je n'éprouvais plus ce sentiment qui m'animait lorsque j'avais seize ans...

Tu parles encore aux autres membres du groupe ?

Oui, pas tous les jours, mais on se parle. On reste en contact les uns avec les autres même si chacun habite dans des villes différentes.

J'ai lu que tu avais hésité à changer de vie, à ne plus faire de musique. C'est vrai ?

Oui, ce n'était pas une blague. Je suis amoureux du vin et j'ai pensé à devenir viticulteur...

C'est cet amour du vin qui t'a fait enregistrer l'album dans le Sud de la France ?

Non. Cela aurait pu, c'est vrai, mais ce n'est pas la raison. J'ai enregistré là-bas car je n'avais pas d'argent. J'ai enregistré le disque dans une cabine dans les bois avec James (ndlr : Ford). On a passé quatre semaines à travailler sur le disque. Je l'ai aussi enregistré en France parce que j'ai toujours aimé ce pays. C'est celui où je me suis marié, un de ceux qui ont le mieux accueilli Klaxons. Depuis le Brexit, mon amour de la France est même encore plus fort.

Je trouve ton album rétro-futuriste. Tu l'as écrit dans cet esprit ?

Tout à fait. J'ai grandi avec T-Rex, Pink Floyd, Steely Dan ou les Beatles que j'adore et j'ai voulu faire un album avec toute cette musique qui m'a marqué lorsque j'étais petit. J'ai voulu sortir un disque comme je le sentais sans me préoccuper d'écrire des morceaux de trois minutes comme tu te dois de le faire dans le format pop indie.

Il y a des influences 60's et 70's mais avec une touche de modernité...

Je suis un grand fan de musique, surtout des 70's. J'écoute des tas de trucs. Cela m'étonnerait cependant qu'un jour je me mette à écouter de la drum'n'bass. Je n'ai pas envie de proposer un truc fashionable mais pas non plus une redite des 70's, d'où ce son moderne.

J'ai des frissons rien qu'à penser à une époque où on me disait d'écrire un titre comme ci, comme ça.

Le disque a été enregistré avant même que tu ne signes sur un label ?

Oui, j'ai préparé le disque, puis une fois qu'il a été terminé, j'ai été voir les labels en le leur présentant. J'ai des frissons rien qu'à penser à une époque où on me disait d'écrire un titre comme ci, comme ça. Je ne veux plus de cela.

Open Up The Sky qui ouvre l'album sonne très psyché. Tu écoutais ce genre de musique au moment de composer ton disque ?

Entre autres. J'ai voulu faire un truc fun. Un truc 60's mais avec une touche d'indie pop.

Lost In The Mystery sonne lui très Beach Boys...

C'est la chanson la plus facile que j'ai jamais écrite. Cela m'a pris une heure. Brian Wilson est un maitre. Je suis fan absolu des Beach Boys.

Something More qui conclue le disque sonne très Lennon...

Lennon et Damon Albarn. Deux de mes idoles. Avec ce titre, j'ai voulu écrire une chanson pop classique.

Cet album respire la joie de vivre...

Ce n'est pas intentionnel mais ma vie à ce moment là était particulièrement heureuse. Je venais de me marier, j'allais devenir père. L'album a été produit dans le sud de la France en buvant du rosé. Cela ne donne pas le même feeling que de composer un disque sous la pluie de Manchester en plein divorce (rires).

D'où vient le nom Shock Machine ?

D'un livre que j'ai lu qui date des années 60s et parle entre autres d'électro-chocs. Il correspondait parfaitement à la musique que j'avais en tête.

Il y a deux ou trois personnes en qui j'ai une totale confiance, dont James.

Tu as choisi James Ford, producteur des Foals et Artic Monkeys, pour ce disque. Pourquoi ?

C'est un excellent producteur et un excellent batteur. Il joue toutes les parties de batterie du disque. Il a produit le premier album des Klaxons, nous sommes devenus amis et le sommes restés depuis. Après les démos que j'avais écrites, j'étais nerveux de les faire écouter à qui que ce soit. Il y a deux ou trois personnes en qui j'ai une totale confiance, dont James. Je lui ai fait écouter les bandes et sa réaction a été positive.

Ton prochain album sera dans le même style que celui-ci ?

Il sera dans le même style avec une grosse influence Roxy Music. Je l'ai presque déjà terminé.

Je sais que tu vas composer la BO d'un film. Où en es-tu de ce travail ?

Tout n'est pas encore terminé. C'est la première fois que j'écris une BO. C'est totalement différent que de composer un album. Tu penses au réalisateur, pas à toi. Je suis très fier de ce travail.