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The Slow Show

Interview publiée par Pierre-Arnaud Jonard le 16 octobre 2019

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Après deux premiers albums particulièrement réussis, The Slow Show ont placé la barre encore plus haute avec Lust And Learn, disque splendide sorti à la fin de l'été. Le groupe étant en tournée actuellement, leur venue à Paris était une excellente occasion pour discuter avec leur charmant chanteur Rob Goodwin.

Vous avez sorti deux albums presque coup sur coup en 2015 et 2016. Celui-ci arrive trois ans après votre second disque. Pourquoi ce nouvel album a-t-il pris tant de temps ?

Nous avons bougé chacun à des endroits différents, moi à Düsseldorf, un autre membre du groupe a aussi déménagé. Cela a demandé une autre logistique. Nous avons écrit très vite les deux premiers albums. Là, nous avons voulu penser plus longuement à ce que nous voulions faire.

Il semblerait que vous avez passé beaucoup de temps sur la production ?

Oui, nous avions déjà bien travaillé cela sur les deux premiers disques mais là nous avons passé des heures à réfléchir à la façon dont telle ou telle chose devait sonner. Par exemple, par rapport à la première chanson du disque, Amend, nous avons réfléchi très longtemps à savoir si nous devions mettre un instrumental en ouverture de l'album. Après réflexion, nous avons pensé que oui car après tout, la voix n'est qu'un instrument comme un autre.

Ce disque est comme une journée...

Cela fait vraiment plaisir d'entendre cela car c'est exactement ce que nous avions en tête. Tant mieux si nous y avons réussi.

On vous a souvent comparé à Lambchop mais je trouve que vous sonnez davantage comme Nick Cave ou Leonard Cohen. Ils t'influencent ?

J'ai été très heureux lorsque j'ai lu que tu me comparais à eux. Ce sont des gens extrêmement importants pour moi, qui m'influencent énormément, effectivement. Lorsque nous composions l'album, nous écoutions l'album de Nick Cave. C'était tellement profond et complexe. Au début du groupe, nous avons auditionné des chanteurs mais cela n'allait jamais et je me suis lancé. Il y avait des chanteurs meilleurs que moi mais il manquait quelque chose au niveau de l'âme. L'imperfection peut être une bonne chose. Leonard Cohen en est le meilleur exemple : sa voix n'est pas parfaite mais elle porte tant d'émotions...

Il y a un côté presque religieux dans certains titres de l'album...

Nous avons toujours aimé jouer dans les églises. Nous n'avons pas voulu véhiculer quelque chose de religieux mais de spirituel, c'est sûr.

On a souvent dit de vous que vous êtes le groupe mancunien le moins mancunien qui soit...

Nous adorons Manchester et sommes fiers de venir de cette ville. Nous ne passons pas notre temps à écouter les groupes qui ont fait le son de Manchester. Nous aimons ce que la ville a produit musicalement mais nous ne sommes pas un groupe à guitares comme on put l'être les groupes de Manchester.

Vous sonnez d'ailleurs plus américain qu'anglais...

Oui, c'est vrai. Nous venons de différents backgrounds musicaux dans le groupe : jazz, classique, chanteurs américains, brass bands...

Qui est Keisha Jones qui chante sur plusieurs morceaux du disque ?

C'est une amie de Manchester. Elle est chanteuse mais ne veut pas le faire de façon professionnelle. C'est juste un hobby pour elle. Elle n'a pas grande confiance en sa voix alors qu'elle est superbe, tout en émotions. Ma voix est sombre, la sienne plus lumineuse. Cela se marie parfaitement.

Les morceaux sur lesquels elle chante sont plus pop...

Oui, je pense. Elle délivre une autre émotion. Elle donne un autre versant à notre musique et c'est très bien. Pour certains, le mot pop est péjoratif. C'est une erreur. Je n'aime pas que la musique soit snob. Il y a des choses magnifiques dans la pop.

La pochette de l'album semble très énigmatique...

C'est quelque part aux Etats-Unis. C'est un artiste américain qui l'a faite. Elle montre quelque chose de l'ordre de l'isolation. Elle peut être comme le début ou la fin d'un film. Elle représente bien le disque, je trouve.

Même si votre musique est très émotionnelle, elle n'est pas triste...

Cela fait plaisir d'entendre ça. Low, par exemple, est un morceau triste mais la fin ne l'est pas. Elle est, au contraire, optimiste.

Vous avez enregistré l'album à Manchester ?

En grande partie mais j'ai retravaillé des choses chez moi à Düsseldorf. Nous échangeons beaucoup par mail entre les membres du groupe pour voir ce que nous devons faire. Je pense que Düsseldorf influence mon travail. C'est une ville industrielle comme l'est Manchester. Et les voyages entre Manchester et Düsseldorf m'inspirent également.

St Louis parle de cette ville américaine ?

J'ai vécu pas loin de St Louis. J'ai toujours aimé la façon dont cela sonne. Mais ce pourrait être n'importe où en fait.

Vous avez eu d'excellentes critiques pour le disque. Celles-ci te touchent ?

J'aimerais dire que les critiques ne m'affectent pas mais ce n'est pas le cas. Nous avons mis tellement dans ce disque... Si quelqu'un n'aime pas ta musique, ça te touche forcément. Le pire, c'est lorsqu'un critique dit « c'est pas mal ». Je préfère que l'on adore ou déteste notre musique.

Vous êtes en tournée actuellement...

Oui. C'est la première fois que nous jouons dans de grosses salles. Ce n'est pas encore le cas en France mais nous sommes contents de jouer ici même si les salles sont petites. Quand tu joues dans de petites salles tu vois le public, c'est une belle sensation. Nous avons envie de jouer plus souvent en France.

Vous aimez jouer live ?

Nous aimons le travail de création d'un album mais il n'y a rien de plus fort au niveau émotionnel que le live.

Que ressens-tu en tant qu'anglais de la situation actuelle chez vous. Du Brexit ?

Cela brise nos cœurs. Nous travaillons avec des belges, des hollandais, des allemands. Nous nous sentons européens. C'est gênant d'être anglais en ce moment mais si cela permet au moins à des jeunes de s'intéresser à la politique, cela aura au moins eu cet effet positif. Mais pour le moment, je ne suis pas très optimiste.