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Top de la rédaction 2020

Dossier réalisé par SOV le 4 janvier 2021

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Établi en fonction des votes et avis de l'ensemble des personnes impliquées de près ou de loin dans la vie du site, ce classement ne concerne que les albums d'artistes britanniques publiés au cours de l'année 2020 au Royaume-Uni. Les EPs, rééditions, albums live ou compilations n'ont pas été retenus lors de son établissement.

Fontaines D.C.
1. Fontaines D.C. - A Hero's Death

A Hero's Death était un des albums les plus attendus de cette année 2020, et il a su mettre tout le monde d'accord. On retrouve sur ce disque l'essence de ce qui fait Fontaines D.C., avec des titres bien rock teintés de punk. Mais également de sublimes ballades où la voix de Grian Chatten se fait plus douce et mélodieuse. Le quintette a mûri et ses compositions sont plus dépouillées avec des guitares tantôt puissantes, tantôt touchantes. Ce deuxième disque ne parle plus de Dublin mais nous invite à l'introspection. C'est un album à la fois sombre et lumineux, qui s'écoute sans modération.


Lanterns On The Lake
2. Lanterns On The Lake - Spook The Herd

C'est déjà le quatrième album des anglais de Newcastle. Magnifique de bout en bout, Spook The Herd consacre un groupe qui reste pourtant trop confidentiel en France. Ce disque permettra peut-être, on l'espère, d'y remédier. Car Hazel Wilde et sa magnifique voix accompagnée des guitares shoegaze de Paul Gregory ont souvent été présents sur notre platine ou dans nos écouteurs tout au long de cette année. Lanterns On The lake se hissent à la seconde place de notre classement. C'est une magnifique surprise. Enjoy !


IDLES
3. IDLES - Ultra Mono

Avec leur troisième album, IDLES confirment définitivement qu'ils sont l'un des plus grands groupes en activité actuellement outre-Manche. Toujours aussi vindicatifs, rebelles et anti-capitalistes, les britanniques montrent avec ce nouvel opus que leur post-punk se marie à merveille avec ce monde en crise. Et cerise sur le gâteau, Joe Talbot et sa bande ont l'intelligence de s'ouvrir ici à de nouveaux styles musicaux ne se contenant pas de reproduire à l'infini une recette qui a pourtant su faire ses preuves. Un grand disque tout simplement.


Porridge Radio
4. Porridge Radio - Every Bad

Du pain béni pour ceux qui regardaient blasés leur porridge du matin en se disant que tout va mal, l'album Every Bad a fait irruption le 13 mars comme un flocon dans l'avoine. « Thank you for making me happy » répète sur l'ouverture Dana Margolin tel un pangolin retrouvant sa joie de vivre, on pourrait lui retourner l'expression. Une voix abrasive et écorchée, des riffs totalement addictifs, le groupe de Brighton fût l'un des sommets dans la courbe de notre année. Réussissant à allier douceur et rage, ce disque possède un supplément d'âme indéniable avec des titres comme Sad ou la chaotique Don't Ask Me Twice, un morceau sur l'ennui... Intensité variable dans nos cœurs pour ce grand disque qui pioche dans des influences si vastes qu'il en devient unique.


bdrmm
5. bdrmm - Bedroom

Cette année 2020 aura vu plusieurs groupes confirmer les espoirs placés en eux, et d'autres émerger avec un premier LP. Dans cette seconde catégorie, bdrmm font partie des formations les plus marquantes. Difficile de ne pas s'enthousiasmer pour ce Bedroom à la fois éthéré et dense, pourtant loin des sonorités post-punk en vogue depuis plusieurs années maintenant. Les cinq du Yorkshire ont pourtant réussi à sortir du lot et se faire une place grâce à leur shoegaze qui rappelera immanquablement Slowdive. Sans être follement novateurs, les énigmatiques bdrmm développent des ambiances profondes, parfois sombres, parfois lumineuses, souvent mélancoliques. Grâce à ce premier essai plein de promesses, le groupe s'empare donc assez naturellement de la cinquième place de notre classement.


I Like Trains
6. I Like Trains - KOMPROMAT

Après huit ans de silence, I Like Trains sortent leur meilleur album. Inspiré des dérives des pouvoirs soutenus par les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle, Kompromat est un bijou sombre et nerveux. En écho au thème de l'album voici un résumé non édité de la chronique par une IA : « Inespéré parce que le groupe avait complètement disparu des radars après une série de superbes albums qui semblaient finir un cycle. Le groupe de Leeds a suivi sa propre voie (ferrée), évoluant au fil des albums d'une atmosphère plutôt romantique vers une ambiance politique et punk. C'est en fait le chemin inverse des groupes de la scène punk et post-punk originale qui eux se sont éloignés du mouvement album après album (Joy Division, The Cure ou même The Clash) ».


Tiña
7. Tiña - Positive Mental Health Music

Le groupe américain de souche Tiña a sorti en cette fin d'année un premier album, Positive Mental Health Music, produit par le prolifique Dan Carey (Yeasayer, Chairlift), immanquable pour les aficionados de jangle pop à la Allah-Las et de psych rock à la Mystic Braves. Ah ! Après moult vérifications, dont la plus notable est la présence de Tiña sur l'inestimable site Sound of Violence, on nous apprend que la formation emmenée par le chanteur et compositeur Joshua Loftin nous arrive en fait tout droit du sud de Londres. C'était à s'y méprendre ! Positive Mental Health Music est le dernier coup d'éclat de Dan Carey (Fontaines D.C., Black Midi) qui produit un des disques – anglais, mais pas que ! – de 2020, sur lequel on peut retrouver des fragments de jangle pop à la The Coral et de psych rock à la Gengahr. Immanquable disait-on donc !


JARV IS...
8. JARV IS... - Beyond The Pale

Après avoir bercé notre adolescence et gagné haut la main la bataille brit-pop, on n'attendait plus grande chose de notre dandy arrogant préféré, Jarvis Cocker. C'est justement quand on ne s'y attend pas que la claque fait le plus mal. Car Beyond The Pale n'aurait pas fait tache dans la discographie de Pulp, calé entre Separations et His 'n' Hers. Du spleen cohenien de Save The Whale à l'hymne dance-floor House Music House All Night Long, rien n'est à jeter dans ces sept titres où la plume acerbe de Cocker fait toujours mouche. Jarvis Cocker, quarante ans de carrière, et toujours plus beau.


Laura Marling
9. Laura Marling - Song For Our Daughter

Après plusieurs explorations stylistiques, Laura Marling revient à une folk aux accents pop, plus direct, mais aux arrangements subtils, à mi-chemin entre Joni Mitchell et PJ Harvey. Pour son septième album, à seulement trente ans, elle nous livre un disque d'une beauté époustouflante à travers des récits sinueux riches d'humour et de désespoir. Pour elle, avoir un enfant est un acte d'optimisme dans la perspective où l'humanité ne détruira pas la planète avant qu'une génération de plus ne vieillisse. Song For Our Daughter est présenté comme une série de leçons pour sa progéniture imaginée dans un avenir encore inconnu où elle pourrait se frayer un chemin. Les yeux brillants et audacieux, c'est peut-être son meilleur travail à ce jour.


Ghostpoet
10. Ghostpoet - I Grow Tired But Dare Not Fall Asleep

Obaro Ejimiwe, alias Ghostpoet, est à la musique anglaise ce que David Lynch est au cinéma US : un architecte de spectres et de tourments. Aussi agile avec la poésie ectoplasmique qu'avec la déconstruction harmonique, Ghostpoet et ses expériences sonores ont laissé, depuis dix ans, une trace indélébile dans les synapses de son auditoire. Celui qui réfute toute étiquette a livré en 2020 un album éthérétique bâti sur les cendres d'un trip-hop des origines hanté par des expérimentations indus allemandes des années 80. Plongeant dans une parasomnie irrépressible, I Grow Tired But Dare Not Fall Asleep dont l'artwork copie le tableau de John Henry Fuseli, The Nightmare, est une œuvre chimérique et marquante de l'année 2020. Année cauchemardesque où la planète entière fut mise en sommeil forcé. Consciente à l'intérieur, mais paralysée de l'extérieur.